(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : batailles en cours...

(Bruno Duvic) « C'était la nuit des longs stylos à l'UMP. Les stylos qui remplissent des procurations en blanc pas très claires. »

« Nuit des longs stylos », expression lue sous la plume de Jean-Michel Helvig, dans La République des Pyrénées .

Si l'UMP a des airs de Floride ce matin, ou de congrès de Reims au parti socialiste, la presse tire tout de même les premières conclusions de ce que Rue89 appelle un "gag géant".

D'abord, c'est à peu près la seule bonne nouvelle, il y avait beaucoup de monde dans les bureaux de vote, plus que prévu. Mais du coup, un reportage du Parisien-Aujourd’hui en France montre le bazar : jusqu'à 3 heures d'attente à Nice.

« La culture des primaires n'est pas simple à acquérir, commente Francis Laffont dans L'Alsace . Issu du gaullisme, où le chef est plus volontiers choisi par acclamation que par consultation, le principal parti de droite en a fait l'amère expérience. »

Bruno Dive enchaine dans Sud Ouest : « Rarement parti gouvernemental aura donné spectacle aussi pitoyable que l'UMP ».

« Quel cirque ! » s'exclame Var Matin . Le Figar o, dans sa dernière édition le reconnait à la Une : il y a une « Crise ouverte à l'UMP ». Une crise ouverte et "deux perdants" pour le HuffingtonPost , les deux candidats, Copé et Fillon.

Deux perdants, mais peut-être l'un plus que l'autre.

Bruno Dive reprend dans Sud Ouest : « Le scrutin, quel que soit le résultat final, marque une nouvelle contre-performance de l'ancien Premier Ministre. (François Fillon) partait archi-favori, il n'a pas convaincu. Copé en revanche aura réussi à déjouer tous les pronostics. »

Il y aussi un gagnant, en coulisses. Celui « qui incarne un peu plus le recours pour Didier Rose dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace et qui s'appelle Nicolas Sarkozy. »

Rémi Godeau, L'Est Républicain : « Les militants n'ont pas donné de légitimité réelle à l'un des deux candidats. Le duel ne nous apprend rien sur la refondation idéologique du principal parti d'opposition »

Parti qu'on connait mal relève slate.fr dans un article publié avant la vote. On manque cruellement d'études fiables et exhaustives sur les adhérents de l’UMP. A leur sujet, la chercheuse Florence Haegel a une formule digne de Socrate et qui résume bien le climat au sein du parti ce matin :

« Ce qu'on sait, c'est qu'on ne sait pas grand-chose ».

Au Proche Orient, la presse est postée sur la ligne qui sépare Israël de la bande de Gaza...

Côté Gaza, Adrien Jaulmes, pour Le Figaro .

Il décrit le climat jusqu'au-boutiste dans le territoire.

« A chaque coin de rue et presque sur chaque maison sont affichés les portraits plus ou moins anciens des "martyrs" tombés dans la lutte contre Israël.Les murs sont décorés de fresques de roquettes décollant vers Israël.

Le directeur d'un centre d'analyse politique donne un peu de profondeur à ce tableau : "On ne peut pas comprendre la mentalité de Gaza si on oublie que les deux tiers des habitants sont des descendants des réfugiés de 1948. Et que 60% d'entre eux vivent encore dans des camps misérables."

Côté sud d'Israël, Serge Dumont pour Libération à Yad Mordechai.

Shahar est acteur de théâtre. La pièce dans laquelle il joue a été annulée ce week-end. Plusieurs comédiens, ont été rappelés par l'armée.

« Les réservistes se retrouvent au café Jo. Nombre d'entre eux sont originaires des villes régulièrement frappées par les roquettes palestiniennes.

Propos de soudard : alors commandant, cette fois, on va les enculer, les arabes ?

Paroles de doutes : on va rentrer dans la bande de Gaza, et après ? On l'a déjà fait et la dernière fois ça a tourné au massacre. »

Dans la presse israélienne, d'un côté, sur son site Internet, le Jerusalem Post montre l'image d'une maison d'Ashkelon vue de l'intérieur, plafond transpercé par une roquette.

Sur le Net aussi, le Ha’Aretz insiste sur ce bombardement qui a tué une famille entière à Gaza : le genre d'événements qui peut retourner l'opinion internationale selon le journal.

Pour L'Humanité en France, « L'armée israélienne tue les enfants de Gaza. »

Comment arrêter les roquettes ?

Obama, l'homme qui a tué Ben Laden mais n'a rien fait pour le Proche Orient va-t-il justifier les espoirs maintes fois placés en lui ? C'est le moment où jamais pour Dominique Moïsi dans Les Echos .

« Le Président des Etats-Unis, fraichement réélu peut parler haut et fort aux parties : au Premier Ministre israélien, qui avait eu l'imprudence de parier haut et fort sur la victoire de son adversaire. Et au nouveau régime en place, en Egypte, l'un des médiateurs. Le Caire dépend de Washington pour sa survie économique. »

Quoi d'autre dans la presse ?

Devenir propriétaire de sa maison ou son appartement, c'est un rêve de plus en plus fou. Le Parisien reprend l'étude d'un courtier en ligne. Ceux qui achètent pour la première fois ont presque disparu du marché. En moyenne, ceux qui ont poussé la porte des agences immobilières ces derniers mois ont 36 ans, un peu moins de 4500 Euros de revenus mensuels et un apport personnel de 50.000 Euros.

« Mariage pour tous, le débat s'impose », c'est la Une de La Croix après les manifestations de ce week-end

Manifestation aussi près de Nantes contre le projet d'aéroport à Notre Dame des Landes cher au Premier Ministre. « Avis de turbulence pour Ayrault », titre Libération .

Voici , 25 ans d'existence. Un hors série du magazine people est en vente

Midi Olympique sur un petit nuage après les deux victoires des bleus du rugby face à l'Australie et l'Argentine. « Comme on rêve... Ils nous réconcilient avec une certaine idée du rugby à la française »

Et pour finir, un pays qui sort de la nuit.

La Birmanie. Obama, qui décidément regarde vers l'Asie, y est aujourd'hui.

Aung San Suu Kyi ce matin dit se méfier du mirage du succès des réformes birmanes.

Mais tout de même, Géo ce mois-ci propose un "Voyage dans un pays qui sort de la nuit". Et, avec toutes les prudences nécessaires, les photos du magazine attestent de cela. C'est une galerie d'art qui affiche des portraits de la prix Nobel justement, inimaginable il y a un an. C'est la pagode Schwedagon où l'on peut se recueillir et discuter en paix sans peur des moines espions.

Ce sont des images évidentes pour nous, par pour les Birmans. Un bureau de change où l'on travail au grand jour. Un kiosque à journaux fournis et divers. C'est la photo d'un moine en sandale qui se passe dans la rue devant l'affiche d'un groupe de rock.

La magnifique Birmanie s'ouvre et d'autres images apparaissent, évidentes pour nous, pas pour les Birmans. Les embouteillages dans la capitale. Les immeubles historiques détruits par la spéculation immobilière. Reportage dans la cité sacrée de Pagan. Elle a survécu aux invasions, aux séismes, aux rénovations sauvages. Si l'ouverture se confirme, elle va devoir affronter le tourisme de masse.

A demain

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