"La première fois que je suis venue à Alep, il y a un peu moins d'un an, je ne portais même pas de voile sous mon casque. Plus tard, après le voile, on m'a demandé de porter un pull long. Puis quelque chose qui me couvrait jusqu'aux chevilles. Aujourd'hui il faut aussi qu'à mon annulaire, j'exhibe une bague de mariée (...) Mais une femme m'a immédiatement identifiée comme une étrangère à ma peau, à mes doigts. 'Ce n'est pas le voile, dit elle. Pour ressembler à une Syrienne en ce moment, tu dois être sale, émaciée et sans espoir'"

Ils sont devenus très rares, les reportages sur la guerre en Syrie. Celui que publie L'Humanité ce matin a été réalisé par la journaliste italienne Francesca Borri au mois d'octobre, avant la dernière offensive de l'armée.

Elle décrit une ville où les fondamentalistes ont pris le pouvoir dans les rangs des rebelles. Au moment de l'Aïd, un côté de la rue pour les garçons, un côté pour les filles.

Une ville qui n'est rien d'autre que la faim. Dans la rue, les gens vendent tout ou plutôt des fragments de tout. Quelqu'un, une poussette, quelqu'un d'autre, les roues.

Comment se procurer, comment transporter de la nourriture au milieu des tirs ? Les gens scotchent des côtelettes de viande sur leurs corps ou remplissent les téléviseurs d'œufs durs.

Une ville où des gamins de six ans discutent en experts lorsqu'ils entendent des rafales de tirs

  • C'est une Doshka

  • Non, c'est une Kalachnikov à canon court.

Alep, quartier de Salaheddine, une maison détruite. Dans un coin, pelotonné sur une chaise, un chat semble endormi. Le sommeil est beaucoup plus profond que cela.

Une photo floue à la Une du Parisien

Le parisien
Le parisien © Radio France
Peau blanche, 35-40 ans, casquette, lunette, doudoune sans manche noire sur un vêtement vert, une arme à la main, des gants. Voici l'ennemi public numéro 1, le tireur fou. Pas de révélation qui ferait avancer l'enquête ce matin dans la presse. _Libération_ , l'une des trois cibles du tireur, met juste un témoignage entre guillemets en première page. "Il a sorti un fusil et a tiré deux fois". Récit de cette journée très particulière. Pendant quelques minutes, on ne savait pas si le tireur était sorti ou s'il était monté dans les étages. Portrait du jeune homme assistant photographe, très grièvement blessé. Juste l'initiale de son prénom. C, 23 ans. Le gérant d'un studio photo studio où il travaille régulièrement : "On l'a d'abord pris en stage 3 mois puis on l'a trouvé tellement talentueux, bosseur, gentil qu'on l'a gardé". C'est le hasard total s'il était à _Libé_ . _Libération_ , mais aussi BFMTV vendredi matin. 2 médias parmi les cibles. Il est très délicat ce matin encore de donner une cohérence à "La cavale du tireur fou", pour reprendre le titre du _Parisien_ . Dans le journal, le spécialiste des médias Francis Ball s'en tient à un discours sur le contexte. "En période crise, les médias ont toujours été une cible privilégiée des contestations. La presse est accusée de ne pas relayer la parole de la majorité silencieuse. Ce climat de défiance s'est accru depuis la dernière présidentielle. Mais les attaques physiques contre les journalistes sont rarissimes" **Comment en sortir ? Francis Collomp a trouvé**
francis collomp de retour en france
francis collomp de retour en france © reuters
L'ex otage au Nigéria est rentré hier en France. Son frère notamment a donné a livré à l'Agence France Presse des détails sur sa captivité et son évasion. Récit relégué au second plan par la cavale du tireur. On le retrouve ce matin dans _Le Parisien_ et _Le Figaro_ . La ténacité de cet homme de 63 ans qui a subi un triple pontage est assez sidérante. Il a toujours pensé à son évasion : - préparation physique : 10 à 15 km de marche chaque jour dans sa cellule. - entretenir le cerveau : l'ingénieur remplissait des cahiers de réflexion sur les éoliennes. - observation minutieuse des habitudes de ses geôliers. Il écoutait la radio pour apprendre progressivement leur langue et comprendre ce qu'ils se disaient entre eux. - régulièrement, il abimait le fil de fer qui fermait la porte de son cachot. Le jour J, il était dans la salle d'eau avec l'un de ses ravisseurs. L'homme faisait ses ablutions avant la prière. L'otage s'éclipse, fait céder le fil de fer, parvient à enfermer son gardien, échappe aux autres membres du groupe, marche 4 à 5 kilomètres à pied et finit par attraper une moto taxi. Libre. **Quoi d'autre dans la presse ? La question du jour...** Combien y-a-t-il de souris dans Paris ? 6 millions. C'est une estimation qu'un spécialiste des souris juge crédible dans _Le Parisien_ . Et que fait une souris à l'approche de Noël ? Ses cadeaux de Noël ! Et donc, elle va aux galeries Lafayette. [Les souris s'invitent aux Galeries Lafayette](http://www.leparisien.fr/espace-premium/paris-75/les-souris-s-invitent-aux-galeries-lafayette-19-11-2013-3327567.php). Elles gambadent entre les jambes des vendeuses, au rayon lingerie ou parfum, dans les vitrines de Noël, entre les peluches et les poupées, dans la cuisine du Lafayette Café. Une tannée. Et on ne vous parle pas des crottes. Méfiance en faisant vos courses. Il y a des pièges à souris partout. Ce fut une église chrétienne puis une mosquée, aujourd'hui c'est un musée et l'un des lieux les plus visités d'Istanbul, magnifique synthèse de l'histoire. C'est Sainte Sophie. A en croire _Le Figaro_ , le gouvernement turc envisage d'en refaire une mosquée. Les mesures en faveur d'une présence plus visible de l'Islam se multiplient dans ce pays laïc qu'est la Turquie. **A la Une de _L'Equipe_ : les yeux dans les bleus** Les regards des joueurs en très gros blancs couvrent la première page et ce titre : « Faites-le ». Retournez la situation et qualifiez-vous pour la coupe du monde de foot au Brésil ! Bien que Michel Platini le dise dans les colonnes de _L'Equipe_ , ce ne serait pas la fin du monde si la France est éliminée. Voici le briefing au tableau noir. Il faut marquer au moins deux buts, donc, attaquer ! Mais il ne faut surtout pas en prendre, donc défendre ! Alors comment s'en sortir ce soir ? Dans Libération, Grégory Schneider sort la théorie du pare-brise. Ce soir, il faudra fissurer la défense ukrainienne, attaquer patiemment, ne pas se précipiter au risque de trop se découvrir. Inévitablement, le pare-brise finira par s'effondrer. **Et quelques larmes de joie pour finir ?** C'est [un très joli texte de Sorj Chalandon sur le _HuffingtonPost_ ](http://www.huffingtonpost.fr/sorj-chalandon/goncourt-des-lyceens-2013_b_4294152.html), alors que la saison des prix littéraires vient de s’achever. Recevoir un prix littéraire, qu'est ce que ça représente vraiment pour un écrivain ; Chalandon a reçu cette année le Goncourt des lycéens et il raconte les jours avant le prix pendant lesquels les auteurs sélectionnés ont rencontré leurs jeunes lecteurs dans des amphis, des cinémas, des salles de congrès. La qualité de silence, les regards, les questions déstabilisantes, l'envie de convaincre, d'expliquer, de réveiller ces deux là qui dorment au fond… Le jour du prix, pour tromper l'attente Sorj Chalandon est allé dans les jardins des Tuileries à Paris. « Je me suis assis sur une chaise fer, glacée et humide. Tout était désert. Sur mon téléphone, j'ai fait jouer le Pie Jesu de Maurice Duruflé, qui tient une place à part dans mon roman. A 12h43, une sonnerie a coupé la musique. Je n'ai pas décroché, j'ai écouté la fin du morceau. C'est alors qu'un numéro ami a cogné la musique, puis une troisième, un quatrième, comme un nuée d'enfants qui dévalaient des escaliers. Je n'ai pas décroché, j'ai pleuré. »
L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.