L'égalité hante Ouest-France, qui raconte l'Inde où des enfants meurent, faute de toilettes. L'égalité hante l'Humanité, par le fils d'une femme handicapée ou une gilet jaune à Paris. Mais les media complaisants aux gilets jaunes attisent un populisme violent en entendant , dit Eric Le Boucher, libéral chez l'Opinion.

On parle d'égalité ce matin...  

L'égalité qui hante les journaux et la planète, et Ouest France sort de nos seuls malheurs, et titre sa Une sur l'Inde et sur les toilettes. Les toilettes qui sont chez nous une banalité mais qui manquent en Inde et 200.000 enfants de moins de 5 ans en meurent chaque année, d'infections et de diarrhées, dans ces villes et villages où les plus pauvres, pas le choix, font leurs besoins à l'air libre, et la terre et l'eau en sont empoisonnées. C'est la journée mondiale des toilettes, le saviez-vous, elles sont un enjeu sanitaire mondial dit Ouest France, 4 milliards et demi d'êtres humains en sont privés.   

Je lis alors dans Libération un article faussement enjoué pour notre public qui va bien, où l'on me parle de mon urine, chargée d'azote, et qui serait une solution pour nourrir nos champs, à la place des engrais chimiques, est-ce étrange, cette collision, quand en Inde, on meurt d'excréments...  L'Inde qui fait la Une New York Times avec cette photo de Sardar Singh Jatav sur son lit d'hôpital, qui a été scalpé, par une bande d'indiens des castes supérieures, Monsieur Jatav est Dalit, un intouchable, et dans l'Inde des nouvelles technologie et du développement, la loi des castes règne et tue encore... Egalité.

Au Burkina Faso, cela semble une bonne nouvelle dans Libération, on va lâcher 10.000 moustiques génétiquement modifiés qui pourront, à terme, enrayer la pandémie de paludisme, oui mais, des citoyens s'inquiètent de ces nouveaux moustiques financés par la fondation de Bill et Melinda Gates, s'ils allaient porter d'autres virus, et si les pauvres du Burkina n'étaient(t que le prétexte d'une expérimentation hasardeuse des chimistes américains... Complot, ou égalité? 

L'égalité qui nous manque, à nous aussi français d'un climat tempéré mais qui avons fait de ce mot un morceau de notre devise et une invocation et un remords, quand Explicite me montre les cloaques que sont des écoles à Marseille,  l'égalité et la fraternité qui sont scandées dans l'Humanité. "Mais elle est où l'égalité et surtout la fraternité", demande Arnaud  qui a 17 ans et dont la maman, Laurence Durand, autrefois monitrice d'auto-école, est tombée un jour en changeant une ampoule et vit depuis en fauteuil roulant, qui veut l'employer, et Arnaud ne veut plus accompagner sa mère parce qu'il ne supporte pas qu'on la traite mal...  Deux pages plus loin, les mêmes mots:  "Où sont donc la fraternité et l'égalité dans ce pays", dans la bouche de Murielle, 54 ans, que l'Humanité a trouvé dans la foule des gilets jaunes qui manifestaient à Paris, et que le journal communiste reconnait, comme siens...    

Et les Gilets jaunes font les Unes des journaux...  

Et les unes et les pages et qui souvent se ressemblent, dans des histoires de barrages qui tournent à l'aigre, vidéos dans le télégramme, ou au sourire, aussi et à l'entêtement, car les gilets jaunes ne désarment pas, mais trop le dire serait un piège avertit un homme.  Il s'appelle Eric Le Boucher, il installe chaque semaine, dans l'Opinion, une chronique de sage libéral et mécontent et il dit ceci, les media exagèrent l'importance des gilets jaunes, et donc "faussent la réalité", "soufflent sur les flammes", "attisent les douleurs", et donc encouragent, pour ne pas perdre leur audience, un "populisme violent"...   

Est-il notre remords, Eric le Boucher, qui affirme, que nous ne sommes pas un pays inégalitaire, sauf en matière d'information? Ou est-il simplement dans la ligne car l'opinion redoute une répétition de 1995, quand les manifestations avaient eu raison des réformes d'Alain Juppé.  Emmanuel Macron est obligé de tenir, dit l'Opinion, lui fut qui fut nous dit le Figaro la cible de la mobilisation, lui qui se bat sur deux fronts, dit le Financial times, car le Président, c'est bien raconté dans le Figaro était hier à Berlin devant le Bundestag pour exhorter Mme Merkel à relancer l'Europe...   

Nos journaux portent aussi  la culture du pouvoir. Le Figaro constate que la désorganisation des gilets jaunes a posé des problèmes au ministère de l'intérieur et exhorte alors, les gilets jaunes devront se structurer... il faut des chefs au au mouvement, que l'on s'y retrouve, et le Parisien, nous en propose quelques-uns. Eric Drouet, camionneur en Seine-et-Marne, Malek Mahieu étudiant à Lille, étudiant... Je vois et j'entends dans la Provence et le Dauphiné, le leader des gilets jaunes dans le Vaucluse; je lis dans le Courrier Picard la stature de Gaylord Dumont, "agriculteur et aussi entrepreneur, 17 tracteurs et remorques pour des chantiers, plus de 15 000 euros par mois en gazole" et qui nourrit neuf familles et qui qui était hier sur un barrage près d'Amiens...  Sont-ce les nouvelles figures de la politiques, dont le Figaro annonce la disparition?

Sud Ouest me raconte dans un papier attendrissant que Philippe Madrelle, socialiste girondins, a célébré ses cinquante ans de vie parlementaire, en présence de François Hollande qui vantait les mérites de Madrelle et de sa connaissance rusée et avisée du poids des hommes, quand on préparait les élections? Un monde glisse.  

Mais faut-il des chefs  à propos? La Croix commence une série qui s'annonce passionnante, sur les métamorphoses du travail, et raconte l'usine Michelin de Bourges, jadis la proie d'une hiérarchie sans faille, quand les contremaitres surveillaient les ouvriers chronomètre en main, et qui désormais, consacrée à des pneus haut de gammes pour les avions, fait la part belle à l'initiative  des salariés, certains y voient d'autres pièges...   

Et on termine avec des héroïnes...

Qui en tiennent pour les valeurs traditionnelles, puisqu'elles pratiquent un jeu comme avant, fondé sur l'attaque, nos joueuses de rugby du XV de France, qui ont battu la Nouvelle-Zélande samedi à Grenoble, "putain, on a battu les blacks", dit Caroline Boujard dans l'Indépendant, et c'est Lenaïg Corson qui surpasse les garçons vainqueurs seulement de l'Argentine, et  prend la Une de Midi Olympique, Midi Olympique dont les pages jaunes sont chaque semaine la vérité du rugby. la vérité ce matin s'appelle Lenaïg, quel bras et quelles mains aux ongles rouges et cerclés de terre, qui portent un ballon précieux, vivent les femmes et le rugby!

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