Le site Intercept raconte comment l'Iran a phagocyté l'Irak. Street press raconte une équipe de football tuée par le racisme à Pamiers. Le Figaro interroge le génie Picassio, joyeux peintre sous l'Occupation. En Aslace, une président de Cour d'appel joue les juges de paix à propos d'un cheval et de son crottin.

On parle de courage ce matin...

Le courage dans Libération de ces insurgés de la place Tahrir à Bagdad en Irak qui ramassent à la main les grenades que lancent les troupes du gouvernement et les noient dans des bassines d'eau avant qu'elles n'explosent et ne tuent à nouveau... Car elles tuent ces grenades lacrymogènes qui viennent de Serbie et de Bulgarie, dix fois plus grosses que les nôtres, on les surnomme brise-crânes, parce qu'en explosant elles s'incrustent dans les crânes des victimes... Des jeunes Bagdadis se sont organisés, ils se sont renseignés auprès de pompiers, ils ont acheté des casques et des gants jaunes ignifugés, ils ont disposé des bassines d'eau tout au long de la ligne de front qui sépare les insurgés démocratiques des  forces de l'ordre, juste avant les ponts sur le Tigre, et ils attrapent au sol les grenades fumantes pour les éteindre.

Ils sont ces héros, les gardiens d'une insurrection pacifique qui depuis quatre semaines libère à Bagdad un territoire grand comme ce qui fut le cœur du Paris révolutionnaire, entre la Bastille et la République. Une commune de stands et de tentes abrite les rêveurs qui parlent d'un pays à construire, «Ici, vous verrez tout ce que l’Irak n’est pas et tout ce que nous voudrions qu’il soit. Un véritable pays, non pas la propriété de voleurs et désormais de tueurs»,  des familles les visitent, des mamans apportent à manger, une portrait de Jésus les bars ouverts témoigne que les frères chrétiens sont dans le mouvement...  «Issa, Christ vivant, toi qui accomplis les miracles, délivre-nous du malheur, de la corruption et du mal», on récite des poèmes et on célèbre aussi par milliers une victoire de l'Irak sur l'Iran en qualification de la coupe du monde, car savez-vous le jeu n'est pas une affaire d'enfant et Tahrir connait l'ennemi.

Hier, le site Intercept, référence de l'investigation, associé au New York Times, a décrit comment l'Iran avait phagocyté le voisin irakien, pour étendre son influence et pour exorciser le temps, où Saddam Hussein attaquait la république islamique. 

The Intercept a reçu traduit et analysé 700 pages de rapports secrets du ministère iranien du renseignement et de la sécurité... Documents passionnant mais les manifestants de Bagdad n'ont pas eu besoin d'Intercept pour savoir déchirer en effigie le général iranien Qassim Suleimani, fréquent visiteur en Irak, et savoir ce que symbolise un match de football... 

Nos journaux sont émus ce matin des peuples qui osent. La Croix raconte au Liban un bus de militant qui a voulu traverser le pays pour le rassembler, et voit dans l'effervescence des universités chiliennes comme notre mai 68. Vous lirez et verrez dans les journaux et sur leurs sites la poly université de Hong- Kong assiégée par la police, des graffitis me dit le Monde proclament que les idées résistent au balle. On ne les attrape pas à la main. 

On parle d'une équipe de football...

Qui aurait été la plus jolie des histoires de courage, une équipe de foot à Pamiers dans l'Ariège créée en 2014  par deux gamins  pour les enfants des quartiers laissés à eux-mêmes, et qui gagnait des matches en pratiquant son sport le plus pacifiquement du monde, l'entraineur Stéphane Mailhol, un menuisier quinquagénaire interdisait les tacles à ses joueurs pour qu'on ne dise pas qu'ils étaient des voyous, des dealers ou pire, c'était une équipe métisse, majoritairement composée de de noirs et d'arabes, de bougnoules entendaient-ils parfois sur les terrain adverse, la police avait soupçonné le club d'être un repère islamiste, l'entraineur Stéphane Mailhol qui recevait des jeunes avait été signalé par un voisin. Le club a joué et gagné quatre belles années avant d'être submergé d'hostilité et de combines de racisme dit Streetpress qui raconte l'histoire, allez-y.

Le Monde me raconte comment le football le grand le vrai n'arrive pas à sortir du racisme et des cris de singes, il aurait fallu écouter Samuel Etoo qui en 2006 avait voulu faire arrêter un match, il faudra y venir, exclure un club de toutes compétitions su ses supporters dérapent, les grands joueurs les noirs en premier doivent porter ce combat, jusqu'ici ils faisaient silence en échange d'une bonne vie. 

Les hommes célèbres aussi ont besoin de courage. Le Figaro dans un très bon papier raconte Pablo Picasso qui ne fut pas résistant pendant l'occupation, lui qui avait peint le refus du fascisme dans son tableau Guernica, put vivre quand l'Allemagne occupait le pays, des officiers venaient visiter son atelier, il était protégé, Picasso sculpta il avait du bronze et peignit, un crane de bœuf où la mort rodait, mais c'était un hommage à Goya, le Picasso des années 39 - 45 est exposé au musée de Grenoble, et en attendant d'y aller, lisez le figaro qui pièce à pièce analyse ce qui dans sa production des années noires pouvait dire la tragédie de l'époque, c'est brillant et cruel aussi bien. 

Et un petit garçon pour finir...

Hugo dans Sud-Ouest qui a 9 ans et qui dimanche à 3h52 d'un matin est venu dans la chambre de ses parents tenant par la main sa petite sœur qu'il avait réveillée et leur dit qu’il y avait un problème avec la cheminée parce qu’il avait entendu du bruit et vu du rouge et de la lumière à travers la poutre »,  et c'est ainsi qu'une famille a été sauvée de l'incendie qui a détruit la maison de villages pas encore totalement retapée. 

Il est notre cadeau Hugo, l'absolu contraire de l'histoire atroce de Joel le Scouarnec, chirurgien et pédophile qui dans sa vie a violé plus de 200 fillettes, le Parisien la Charente libre le Télégramme ne vous laisseront rien ignorer de lui, il est Hugo l'absolu contraire du supplice d'une femme morte dans une forêt de l'Aisne d'avoir été mordue par des chiens, le Parisien encore et le Courrier picard sont à son rendez-vous... 

Mais ce n'est pas cela qu'il faut garder au cœur. Mais deux autres histoires d'animaux.  Dans le Figaro, celle de Sésame, un cheval alsacien à Oerschwir dans le Bas-Rhin, propriété des cultivateurs bios qui l'exploitent dans leur vigne mais dont les crottins incommodent et ruinent les propriétaires d'une maison d'hôte. Cela semble une nouvelle histoire du folklore des campagnes, mais non, le Figaro malin a envoyé sa meilleure plume judiciaire à la cour d'appel de Colmar, et Stéphane Durand-Souffland a vu un miracle. A la fin des audiences la présidente de la cour d'appel a fait venir les parties, elle leur a dit qu'elle pouvait bien sur juger, mais sa décision ferait une famille malheureuse, vous allez encore vivre ensemble dans ce village, vous ne voulez pas vous arranger. Et elle a pris le plan du cadastre, Mme la présidente de la cour d'appel, regardez, est-ce que sésame ne pourrait pas renoncer à brouter sur cette parcelle de terrain, il, suffirait d'une clôture, qu'en pensez-vous, et voilà une magistrate de haut rang devenue juge de paix, dans un miracle français. 

Dans la forêt de  Chaux  est un autre miracle dit l'est républicain. Il s'appelle Vincent, le surnom d'un cerf qui depuis vingt ans échappe aux chasseurs, Olivier Trible l'a vu et l'a photographié en tremblant, en pleurant, en voyant cet animal et ses bois si hauts qu'il semble l'esprit de la forêt. Longue vie. 

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