Et si l'on vous disait qu'aujourd'hui le monde va mieux... Qu'il est moins violent qu'hier... Plus humain... Plus respectueux des droits de l'homme... Vous pourriez répondre qu'affirmer cela, c'est faire preuve d'une certaine cécité... Ou d'un angélisme débridé... Et pourtant... C'est la réalité mise au jour par le très sérieux rapport du "Human Security Center". Fruit de trois ans de travaux, ce rapport, intitulé "Guerre et Paix au 21ème siècle", va à l'encontre de bien des idées reçues...Car non seulement il en arrive à la conclusion que les guerres sont de moins en moins nombreuses, mais elles sont moins meurtrières. C'est le journal "Le Monde" qui se fait l'écho de cet état du monde... Avec d'abord ce chiffre : le nombre des conflits armés a été réduit de 40% depuis 1992. Le nombre des génocides, lui, a chuté de 80% depuis la fin de la Guerre froide... Et depuis 1988, une centaine de conflits ont pris fin. Sachez aussi qu'en 1950, une guerre faisait en moyenne 38.000 morts... En 2002, elle en faisait 600. Alors évidemment, à toutes les victimes d'une guerre, les rescapés, les réfugiés... Tous ceux qui souffrent encore dans leur chair ou dans leur âme, la froideur distanciée de ces chiffres ne parlera pas... Bien sûr... Quand on se penche sur le rebord du monde, on voit que, malgré tout, il va un peu mieux... Ce qui, au départ, n'était quand même pas évident. Rémy Ourdan, bonjour... Vous êtes journaliste au "Monde"... L'un des journalistes qui ont composé ce dossier... Quelles sont les raisons principales de cette baisse du nombre des guerres ? * Impossible, toutefois, de prétendre que la sécurité du monde n'est plus en danger... Quels sont les plus grands périls aujourd'hui ? Merci, Rémy Ourdan... Je vous signale que votre journal publie, au coeur de son article, une photo qui nous montre tout de même que tout ne va pas mieux dans le meilleur des mondes... Photo saisissante, qui nous montre un immeuble éventré... Tout autour, un no man's land... Et au coeur de ce désert, une femme et son enfant dans une poussette. Cette image pourrait être celle de Berlin ou de Dresde en 45... Nous sommes à Grozny... Capitale tchétchène assiégée par les Russes... Cette photo est une photo d'aujourd'hui. Ce qui fausse notre jugement aussi... Ce qui fait qu'on a l'impression que le monde est toujours aussi violent, voire plus, c'est que lorsqu'un conflit prend fin... On en parle beaucoup moins que lorsqu'il éclate... Eternelle leçon pour nous tous, journalistes... Ainsi, depuis 1988, une centaine de guerres se sont arrêtées. Et puis le rapport dit aussi que presque partout les violations graves des droits de l'homme sont en recul... Vous, Patrick Baudoui, président d'honneur de la Fédération des droits de l'homme... Comment recevez-vous une telle information... Eh bien, dans ce monde qui cherche la paix, et qui la trouve plus souvent que par le passé, le rapport indique clairement que l'Irak fait exception... Evidemment. L'Irak qui vit aujourd'hui ce que "Le Figaro", optimiste, appelle "l'acte fondateur" du nouvel Irak... Le journal évoque évidemment le procès de Saddam Hussein, qui commence aujourd'hui, et qui fait la Une de presque tous vos journaux aujourd'hui... Rares sont les dictateurs qui finissent leur vie en prison... La plupart trouvent refuge dans un pays hôte... D'autres, comme Ceaucescu, sont sommairement exécutés... Le procès de Saddam Hussein est, à cet égard, exemplaire, écrit Jean-Claude Arbona dans "La Nouvelle République du Centre-Ouest"... Lui aussi optimiste. Je vous dis ça parce que le ton général est plutôt à la circonspection dans la presse... Il suffit de lire les titres... "Saddam Hussein, un procès en toc", écrit "France Soir"... "Parodie de justice pour un vrai tyran", poursuit le journal, qui rappelle que les Etats-Unis ont soutenu la plupart de ses actes... Et qu'au bout du compte, Saddam Hussein peut dire "merci" aux Américains... C'est grâce à eux qu'il n'a pas été assassiné. Même tonalité dans "Libération", avec son titre en Une : "Les pièges d'un procès"... Lieu secret et fortifié, Cour anonyme, défense bancale... Ca vaut mieux que pas de justice du tout, écrit Patrick Sabatier, mais il sera difficile de ne pas y voir un simulacre... Avec des Américains juges et partie... D'ailleurs leurs empreintes digitales sont partout, explique Cherif Bassiouni... Professeur de droit, interrogé par "Libé"... Qui détaille : Les Américains ont construit le tribunal, ils ont payé le personnel... Ils protègent les magistrats... Ils les logent également... Alors comment convaincre les Irakiens que leurs magistrats seront indépendants. Conclusion de Thierry Hubert, dans "Le Dauphiné Libéré" : Il est à craindre qu'au lieu d'un procès éclatant, qui aurait servi la vérité et la naissance d'une nouvelle démocratie... Les Irakiens, comme le reste du monde, n'aient droit qu'à un service minimum... Raison d'Etat oblige. Depuis hier, Thierry Breton défend sa loi de finances devant les députés... Cette semaine, le magazine "Auto Plus" pique une colère. "Oh les vilains !", écrit Thierry Soave. La façon dont le gouvernement vient d'annoncer que personne ne touchera le moindre centime de compensation sur les recettes fiscales liées aux carburants... Relève de la manoeuvre la plus sournoise qui soit. Un grand classique de la communication politique, en somme : pour commencer, je promets... Pour suivre, j'embrouille... Pour finir, je décide. Et "Auto Plus" nous explique le mécanisme... Très simple, vous allez le voir... 1 : le gouvernement surestime volontairement les recettes fiscales. 2 : mauvaise surprise : les cours du pétrole s'emballent... les prix à la pompe aussi. 3. le gouvernement nomme une commission indépendante pour vérifier s'il y a un trop-perçu de taxes. 4. La commission conclut que les recettes sont inférieures aux prévisions... surestimées, rappelons-le. 5. les automobilistes en sont de leur poche. Oui, ce matin la presse en donne une illustration frappante... Partout, vous verrez des articles sur "L'Enfant", des frères Dardenne... Palme d'Or à Cannes... Sortie en salles aujourd'hui... Un film comme un pic de tension sociale, nous dit "Libé"... Un film qui raconte l'histoire d'un jeune père prêt à tout vendre, y compris son nouveau-né. Et là où la connexion entre la fiction et la réalité est saisissante... C'est que, précisément, un trafic de bébés a été démantelé en France... Les gendarmes sont tombés sur un réseau de trafiquants de nouveau-nés dans le milieu des gens du voyage... Drame dont "Le Parisien" fait sa Une et son dossier principal, sous le titre : "Pourquoi j'ai vendu mon bébé"... Confession d'une jeune femme, Dina, 28 ans, qui vit dans un squat... En région parisienne, au bord d'une nationale... Ni vitres ni chauffage... "Le Parisien" lui pose la question... "Pourquoi avez-vous vendu votre enfant ?"... "Mais pour avoir de l'argent", répond-elle... "Pour faire face". "Et les acheteurs ?"... "On les a trouvés par hasard"... Un jour, mon mari était avec un copain... Ils étaient en train de fouiller les poubelles... Ils ont vu des caravanes, et ont demandé : "Est-ce que quelqu'un veut un bébé ?"... Un couple qui ne pouvait pas avoir d'enfant a répondu que ça les intéressait. "Alors, les enfants, ça naît dans les choux ou dans les roses ?", demande le petit garçon dessiné dans "Le Parisien"... "Mon père, il dit que ça s'achète", répond la petite fille. Après un an d'enquête, policiers et gendarmes estiment que les bébés d'origine bulgare sont vendus entre 5 et 6.000 euros. Oui... 22 heures, lundi soir, dans le quartier des Halles, à Paris... Une petite rue déserte... Seule une devanture est éclairée... A l'intérieur, c'est la frénésie... Nous sommes dans un salon de coiffure... Bondé. C'est "Libération" qui nous raconte l'histoire... Ce lundi soir, la Lune se trouve sur un parfait alignement Soleil-Terre. Une configuration qui serait excellente pour la repousse capillaire, figurez-vous. Djelani, coiffeur à Paris, l'affirme : "Ca fait 20 ans que je tente l'expérience : je vous assure qu'un cheveu coupé une nuit de pleine lune repousse mieux, et plus vite. Et ce n'est pas tout : ça favorise aussi le ralentissement de la chute et l'épaississement de la chevelure". "Oui, c'est pour ça qu'il ne faut pas s'épiler à la pleine lune", opine une jeune femme au bac shampooing. Et un client connaisseur ajoute... Toujours dans ce salon de coiffure, devenu une véritable agora... "Attention : quand on coupe en Lune descendante, ça repousse moins vite". Il est presque minuit, le salon est toujours plein... Tout le monde est heureux... Capillo-réjoui... Quand on vous dit que le monde va mieux...

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