(Patrick Cohen)Dans la presse aujourd'hui : des chiffres et des images.

(Bruno Duvic) Son visage de cire est à la Une de France Soir : « Enfin libre ! », Gilad Shalit après 5 ans de détention.

En Israël, cela faisait bien longtemps que ce visage était omniprésent. Delphine Matthieussent raconte dans Libération : posters, bannières, autocollants à son effigie, il était devenu « le fils de tous les israéliens. »

Une question traverse la presse ce matin : l'accord appliqué depuis hier entre Israël et Hamas, c'est un soldat israélien contre plus de 1.000 prisonniers palestiniens.

C'est un calcul froid et cynique, mais comment expliquer les termes de cet échange ?

Delphine Matthieussent poursuit dans Libération

« Israël, c'est un pays où le service militaire est obligatoire pour tous (les filles comme les garçons), rares sont les familles qui n'ont pas au moins un jeune sous les drapeaux. »

Emotion partagée… Alors « un pour tous et un millier pour un ». C'est aussi une doctrine militaire dans l'Etat hébreu. On n'abandonne jamais un soldat. Il y a même une dimension religieuse à ce principe.

Dimension religieuse, pression de l'opinion aussi, ajoute slate.fr . La capture d'un soldat isarélien fait systématiquement les gros titres.

Alors comme l'écrit Atlantico , « le Hamas a fait du chiffre ». Conclusion de Pierre Rousselin dans Le Figaro . La libération du soldat est un succès pour Netanyahu mais aussi pour Hamas et encore pour l'Egypte qui a joué les intermédiaires. Les révolutions arabes sont passées par là.. .

Un peu de chaleur dans ces calculs glaçants. On la trouve sous le plume d’Olivier Picard dans Les Dernières nouvelle d'Alsace . La libération de Gilad Shalit, c’est « Une petite flamme tremblante », flamme de l’espoir de paix : « Au-delà des invectives et des menaces, l’accord entre Jerusalem et Gaza montre que le dialogue est possible sur un terrain où on n’imaginait même pas qu’il le soit. »

Des chiffres et des images : la dette de la France à nouveau à la Une

Des chiffres et des lettres… Moody's met sous surveillance le fameux triple A de la France. « Moody’s :main basse sur l'élection présidentielle », titre L'Humanité .

Les Echos sont d'accord, sous la plume de Guillaume Tabard. « L’alerte de l’agence de notation sonne comme le coup d'envoi de la présidentielle. Hollande ou l’Elysée, chaque camp y voit la justification de son discours au nom d’un impératif partagé par tous: la réduction de la dette. »

De nouvelles mesures de rigueur ne sont pas à exclure, nous dit Le Figaro .

France, et plus mal en point, Italie, Espagne et surtout Grèce. Dans cette interminable crise de la dette en Europe, Jacques Delors prend la parole dans les colonnes du Monde . Discours alarmiste.

« J'ai dit cet été que l'Euro était au bord du gouffre. Je suis désolé d'avoir eu raison. Il faut sauver le soldat grec car c'est sauver l'Euro. (…)

L'ambiance n'est pas bonne et rappelle les années 30. Le nationalisme rampant, le populisme agressif, la peur de la globalisation, tout cela remet en cause le contrat de mariage européen. »

Des images et des chiffres… Sur slate.fr, infographie pour mesurer la dette de la France. Première image : un simple billet de 100 Euros. La dette c’est une petite montagne de billets similaire aussi haute que l’Arc de Triomphe.

Quoi d'autre dans la presse ?

Eva Joly en maillot de bain et François Hollande en femme de ménage.

Dans Gala , la candidate écologiste revient sur ses années de jeunesse. Photos de l'époque où elle posait pour le concours de Miss Norvège. Elle avait été élue seconde dauphine

Hollande en femme de ménage, c'est la couverture pour rire de Charlie Hebdo qui rêve de le voir aspirer Nicolas Sarkozy. En pages intérieures, il donne sa vision de l'école. Parmi ses propositions, un service civil pour les jeunes de 16 à 18 qui sont à la fois sortis de la scolarité sans emploi ni formation.

Hollande largement en tête d'un sondage de l'institut CSA pour 20 minutes ce matin. Si la présidentielle avait lieu dimanche, pour qui auriez vous le plus de chance de voter ? Hollande 35% Nicolas Sarkozy 25. Et au second tout c'est 62/38.

Au premier tour Marine le Pen serait à 16%, François Bayrou à 9, Jean-Luc Mélenchon à 5, Eva Joly à 3%, selon cette enquête réalisée lundi par téléphone auprès 1010 personnes.

Rappelons qu'un sondage n'est qu'une photo de l'opinion à un moment donné et que nous sommes à plus de 6 mois de la présidentielle.

« Viol : la justice est défaillante. » C'est le dossier d'ouverture de L'Humanité ce matin. 75.000 victimes majeures selon l'Office de la délinquance, il faudrait y ajouter les mineures. Mais moins de 10% portent plainte. L'Huma essaie d'expliquer cet écart. Parmi les éléments, la définition même du viol dans le Code pénal n'est pas satisfaisante. C'est la jurisprudence et donc l'interprétation des magistrats qui prime le plus souvent. Un exemple, ils retiennent rarement la contrainte économique et pourtant 20% des affaires traitées par l'association contre les violences faites aux femmes ont lieu dans le cadre du travail.

Des chiffres et des images : les trentenaires à la loupe.

A la Une des Inrockuptibles . Dossier dans l'hebdomadaire.

On y trouve notamment une série de chiffres : avoir 30 ans dans les années 70 et aujourd'hui.

30 ans, à l'époque, on était déjà marié, déjà parent. Aujourd'hui, non ou alors tout juste.

On était déjà propriétaire de son logement. Aujourd'hui non, il faut attendre 37 ans.

On était moins diplômé et pourtant mieux payé, mieux inséré sur le marché du travail. Sous Pompidou et Giscard près des deux tiers des trentenaires avaient arrêté leurs études à 16 ans. Mais seulement 3% des hommes et 9% des femmes étaient au chômage. Chômage aujourd'hui: 14% globalement. Et l'écart de salaire avec les quinquas est beaucoup plus important que naguère.

Alors que faire pour oublier toutes ces misères ? Les femmes en particulier ont la réponse : plus de 2 fois plus de partenaires au lit qu'il y a 30 ans.

Ce qui a changé aussi, c'est le temps passé devant les écrans, beaucoup plus important aujourd'hui.

Le magazine Technikart a, lui, 20 ans. Le numéro anniversaire en kiosque balaie deux décennies d'évolutions culturelles et sociales. Et notamment ce qui a défilé sur nos écrans de télévision et comment cela nous a profondément influencés.

Technikart retient 3 moments.

  • 1991, la guerre du Golfe et ses images vertes prise dans la nuit de Bagdad, comme un jeu vidéo. Ce qu'il y a de plus réel (la guerre) devenait mise en scène.

  • Moins de 10 ans plus tard, le Loft et la téléréalité : règne de la transparence, fin de l'intimité.

  • 11 septembre, comme une image fantôme toujours là. L'Occident assiste alors à « l'anéantissement de son orgueil spectaculaire ».

Synthèse des années 2000 en six mots, sous la plume de Nicolas Santolaria :

« vitesse, addiction, émotions violentes et oubli simultané. Ce sont les modes de consommation d'une information où tout se vaut, shoot de news indifférenciés.

(…) Et si cette profusion servait à l'anéantissement de toute vision cohérente du monde ?

(…) Bienvenue dans l'ère de la satiété du spectacle. »

A demain

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