8H30, l’heure de la revue de presse, bonjour hélène Jouan

On commence avec un homme qui sort de son silence..Michel Platini

C’est Raphaëlle Bacqué du Monde qui est allée à sa rencontre, dans le petit village suisse de Génolier au dessus du lac léman…et elle y a trouvé un homme, fragilisé, « je trouve honteux d’être trainé dans la boue » dit il, mais combatif et qui veut croire qu’il pourra se présenter à la présidence de la FIFA, malgré sa suspension de 3 mois, malgré cette vilaine affaire des 2 millions de Francs suisses versés, sans contrat, et 9 ans après le travail effectué. Sur cette affaire, Platini réitère sa défense, celle d’un petit-chose qui n’a jamais été intéressé par l’argent, qui se trompe de sommes quand il doit finalement envoyer la facture à la Fifa, « demandez à ma femme, dit il tel l’inspecteur colombo, je ne regarde jamais aucun compte, et christèle platini lève les yeux au ciel décrit raphaelle bacqué. Platini raconte cette transaction, conclue de vive voix, un truc d’homme à homme dit il, avec un Sep Blatter qu’il admirait à l’époque convient il, « oui j’admirais le politique, il m’avait d’une certaine façon envoûté »…Michel Platini qui réfute aussi en bloc toutes les accusations de favoritisme ou de pots de vin liées à son vote en faveur du Qatar. Platini donc accroché à ses crampons pour être candidat coûte que coûte : « j’espère qu’on ne va pas m’empêcher de me présenter, ça les énerve que ce soir un footballeur et pas un pur politique qui veuille diriger. Mais je n’aime pas perdre, surtout pour une affaire qui n’en n’est pas une »

On vient d’en parler avec notre invité Philippe Martinez, mais l’ouverture de la conférence sociale est évidemment à la Une de la presse ce matin

Et je ne voudrais pas vous donner des regrets Philippe Martinez, mais vous allez peut-être manquer quelque chose ! Je passe rapidement sur ce que la presse dit de cette conférence sociale, tout a déjà été dit ou presque : qualifiée de « Barnum » par le quotidien libéral l’Opinion, « il y manque tous les sujets qui fâchent » pour Libération, comme la réforme du dialogue social, celle du code du travail, ou la question de l’assurance chômage, l’Humanité voit dans son ordre du jour et les conditions de la rencontre « une flétrissure d’Etat », les Echos pointe la fracture sociale qui s’élargit aujourd’hui entre la gauche réformiste et la gauche radicale, aussi bien qu’entre les syndicats réformistes et les syndicats contestataires. La Croix est quasiment le seul à insister sur le verre à moitié plein concernant l’état du dialogue social en France ; soulignant que contrairement aux apparences et aux derniers incidents à Air France, il n’est pas si mal en point que ça ce dialogue social, que François Hollande a placé en pierre angulaire de sa méthode : ainsi chaque année rappelle la Croix, 36 000 accords d’entreprises, et près de 1000 accords de branche sont signés par tous les syndicats. Y compris le vôtre Philippe Martinez, puisque la CGT ratifie 84% des accords qu’elle négocie dans les entreprises.

Non, vous allez peut-être rater quelque chose, et c’est un papier à lire cet après-midi dans le Monde, qui nous le laisse penser, parce que, ce qui se joue en ce moment même, et qui va être abordé aujourd’hui via les discussions autour de la sécurisation des parcours professionnels, c’est rien de moins que la mutation de l’organisation du travail. Le XXIème siècle sera-t-il celui de la fin du salariat ? s’interroge la journaliste Valérie Segond. Nous n’en sommes pas là, les non-salariés ne représentent encore que 10% des actifs, mais le monde du travail est aujourd’hui bousculé par les transformations numériques ; celles-ci créent de nouveaux travailleurs, précaires, vrais faux indépendants, des formes de travail qui échappent aux règlementations professionnelles, aux accords collectifs sur les salaires, et même aux législations nationales du travail puisque Internet ignore les frontières. Alors comment s’adapter à cette mutation du travail, protéger ces actifs qui perdent souvent jusqu’à leur protection sociale ? …on en parlera aujourd’hui au conseil économique, social et environnemental de ce travail du XXIème siècle. Sans vous donc Philippe Martinez

A la Une également Hélène ce matin, la carte scolaire va-t-elle être modifiée ?

Libération croit savoir que oui, la ministre de l’éducation serait prête à lancer des expérimentations pour modifier cette sectorisation qui a produit des lycées ghettos …mais en réalité, le quotidien ne semble pas en savoir tellement plus. A lire néanmoins, un reportage qui illustre les effets pervers de cette sectorisation géographique au collège Las Cazes de Montpellier. La journaliste raconte comment à Las Cazes, les dérogations, les départs dans le privé, les stratégies d’évitement par le jeu des options ont fait de ce collège un exemple ou contre exemple de non mixité : 95% d’élèves d’origine marocaine, et 1 enfant d’origine française par classe. Une non mixité qui renforce le problème d’identité vécu par les élèves racontent les profs. Or, c’est la sociologue nathalie Mons qui l’affirme : « la mixité dans les classes, c’est bon pour tout le monde, pour les résultats scolaires, de tous, et pour la mixité sociale »

Dans libération encore, la drôle d’interpellation de Serge Levaillant, en charge des portraits dans Libé. Qui demande à Elise Lucet de donner son salaire. Soyez cash, lui dit il, en référence à Cash investigation, magazine dans lequel la présentatrice met en scène les dévoilements des turpitudes financières et réclame des comptes aux gros portefeuilles. Il reproche à la journaliste de ne pas elle-même faire profession de vertu, au nom de la transparence dit il. Cela permettrait selon lui à une France du secret d’abjurer sa culture catholique et d’en finir avec le goût de la dissimulation notariale. Du coup, au nom de cette transparence, luc levaillant nous gratifie de son patrimoine personnel : 4000 euros net par mois, un prêt en cours, et une volvo break de 16 ans d’âge.

Dans Aujourd’hui en France/le parisien, une bonne nouvelle pour les parents inquiets, « les jeux video aident à guérir ». Les professionnels de la santé les appellent les ludi médicaments, ils peuvent aussi bien aider à la prévention, qu’à la thérapie. Le célèbre Tétris aiderait par exemple à lutter contre les envies compulsives, de tabac, de drogue et même de sexe. Effectivement, tant qu’ils jouent, les utilisateurs ne pensent plus à leur drogue habituelle ; de la même façon, en défouraillant à tout va dans Call of duty, vous pouvez aussi parait il lutter contre la cataracte. Enfin, un professeur du CHU de Bordeaux en charge des adolescents raconte comment il a participé à la conception d’un jeu, Clash Back, un jeu video qui simule les comportements adolescents. Scénario par exemple de Chloé 16 ans, en conflit avec son père parce qu’elle se faire tatouer. Jouer, ça libère la parole explique le médecin. A vos consoles donc !

On termine par le verdict attendu en fin de matinée pour l’écrivain Erri de Luca

Verdict rendu par le tribunal de Turin, et une certitude, Erri de Lucca l’a répété à l’Humanité, il ne fera pas appel de la décision. « Je suis fièrement indifférent au résultat, dit il, si les mots sont des crimes, je continuerai à les commettre » disait la semaine dernière à Paris, l’écrivain italien poursuivi pour « incitation au sabotage sur la ligne à grande vitesse Lyon-Turin ». L’Huma qui reproche aux politiques français leur « silence assourdissant ». Et pourtant, pourtant le journal du dimanche affirmait hier que François Hollande avait appelé le premier ministre italien Matteo Renzi. Selon cécile Amar, le président lui aurait dit « que les écrivains ne doivent pas être poursuivis pour leurs textes » ; « sans indulgence parait il du côté italien ». Erri de Luca risque jusqu’à 8 mois de prison ferme. Mais ce soir, quoi qu’il lui arrive, il a prévu un bon repas avec ses amis du Val de Suze, ceux concernés par la ligne haute vitesse

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