Le casse fiscal du siècle qui a coûté 55 milliards aux européens, le Monde explique avec pédagogie le bonneteau des dividendes. Vertiges de l'information, ce qu'on découvre en France était une vieille histoire en Allemagne. Usbek et Rica, qui raconte un hollandais oublié qui aurait pu révolutionner la planète...

On parle d'argent ce matin...

Qui est jusque dans Johnny Hallyday qui revient dans un album posthume, et si le Parisien crie "quelle voix", pour "mon pays c'est l'amour", et raconte l'histoire de Boris Lanneau, fan parisien qui a écrit "tomber encore", la dernière chanson que Johnny aura enregistrée... Libération ne parle que du nerf de la guerre et de la manne des albums posthumes, car les fantômes chantent, Bowie et Higelin, bientôt Aretha Franklin et Bashung et Maurane... Que le spectral commence dit Libé, les fantômes dansent aussi sur scène en en hologrammes depuis Tupac en 2012...  "Même pas mort Johnny" titre libération, comprenez  même pas mort pour la Warner qui espère atteindre dès aujourd'hui les 100.000 albums vendus, même pas mort Johnny, pour le fisc qui espère récupérer son dû quand, à la fin du mois, un tribunal doit régler la succession du chanteur et la bataille entre sa veuve et ses grands enfants... 

On parle d'argent dans l'Equipe qui évalue nos clubs de football dopés de télévision et de mondialisation, le PSG aux supporters chinois vaut 990 millions de dollars, Lyon 467, pas du tout proteste Jean-Michel Aulas, nous valons 865 millions! On parle d'argent et du football dans Mediapart qui a révélé la nouvelle mésaventure de Karim Benzema: un homme accuse des proches du joueur de violence et de tentative d'enlèvement, mais ce monsieur est soupçonné par Benzema d'avoir étouffé 50.000 euros qu'il rapatriait du Maroc pour le compte du joueur... 

On parle de l'argent qui s'en va à l'argent et Marianne rouvre ce dossier de la fondation Louis Vuitton du milliardaire Bernard Arnault, dont les magnificences ont été, dit la cour des comptes, amplement financées par nous, contribuables, via la niche fiscale du mécénat. Et c'est notre argent qui permet à Bernard Arnault, de devancer les musées publics, Beaubourg qui aurait dû avoir Basquiat, Orsay qui aurait dû avoir Egon Schiele... 

Cela va-t-il indigner les populations autant que ces péages urbains qui braquent des journaux à peine annoncés, "le retour de l'octroi" tonne Midi Libre, qui fait jurer aux grands maires du Midi, Saurel de Montpellier, Fournier de Nimes, Bascou de Narbonne Moudenc de Toulouse, Pujol de Perpignan  qu'ils feront barrage aux péages. L'impôt, pourtant, c'est à nous tous...

Le Monde fait sa Une sur une fraude fiscale gigantesque...

Qui aurait coûté 55 milliards d'euros aux européens; mais cette arnaque du siècle qui barre la Une du Monde et qui est pédagogiquement expliquée sur son site, ne passionne pas les autres journaux. La Provence y va, L'Humanité aussi, logique, puisque le capitalisme financier est dévoilé dans sa ruse, des banques, des conseillers fiscaux, et des actionnaires ont utilisé les législations sur les dividendes dans des jeux de bonneteau pour super-riches... 

Transférer ses actions vers une banque ou un havre fiscal, Dubaï par exemple, dans un aller-retour qui se pratique juste au moment des taxes, pour éviter l'impôt...

Ou mieux encore, dans les pays où les actionnaires étrangers se font rembourser l'impôt sur les dividendes, se revendre des milliers d'actions entre actionnaires à la vitesse de la finance instantanée, pour tourner la tête des Etats et se faire rembourser plusieurs fois des taxes qui n'ont été payées qu'une fois, voire pas payées du tout. 

Il y a ici le vertige du vol à grande échelle, mais aussi, un vertige sur l'information. Car ce qui semble en France une révélation, ne l'est pas, et en Allemagne, le scandale des dividendes est une vieille histoire, dont les tribunaux se sont saisis. Le journal die Zeit et l'émission de télévision Panorama avaient réalisé une enquête passionnante et minutieuse en juin 2017, qui fut évoquée par Libération, nous ne l’avions pas vu ! 

Je lis ça dans Die Zeit, après cette enquête, des journalistes danois sont venus dire que eux aussi, dans leur pays, avaient des escrocs aux dividendes, et c'est ainsi qu'une coopération internationale de journalistes est née qui a montré que le mal était général, et le Monde est donc notre intercesseur.... Vous lirez tout ceci sur le site de Correctiv, un site de journalisme allemand qui a coordonné l’enquête européenne et qui raconte comment des reporters se sont fait passer pour de riches héritiers au coeur de la tentation. Allez-y. Car si les bandits propres sont mondialisés, les Etats ont mis du temps à s'échanger des informations, et les citoyens après les journalistes doivent lire par-dessus les frontières, pour comprendre qui nous vole et nous menace...

On se remet avec de la charité...

Et on se souvient dans la Croix de soeur Emmanuelle, morte demain il y a dix ans, qui revenue des bidonvilles d'Egypte avait été sidérée par la misère des prostituées du bois de Boulogne, et enguirlandait des prêtres qui, contrairement au  Christ n'allaient pas voir les pauvres. Vous lirez dans le Figaro la ferveur de l'Académie française pour accueillir le médiéviste Michel Zink, quelle langue, Monsieur Zink, qui séduisit son épouse en lui récitant de mémoire Bérénice de Racine... Tiens, à propos de lettres, dans Libération, le chien d'Ines de la Fressange se nomme Mosca, comme le comte de la Chartreuse de parme, les happy few... 

Et puis on rêvera à ceci. Dans Usbek et Rica, version papier, superbe trimestriel d'intelligence, on apprend qu'il existe en Californie une arche de Noé à moins 196 degrés où sont cryogénisées des cellules d'animaux disparus ou en voie de disparition et des congélateurs renaitront peut-être les rhinocéros blancs... 

On trouve aussi dans Usbek et Rica cette splendide histoire d'un homme qui aurait pu changer le cours de l'humanité; il s'appelait Jan Sloot, il était hollandais, et réparateur de télévision, il avait trouvé la formule absolue qui permettait la compression des données numériques au-delà de  ce que nous connaissons, un film entier était compressé à 8 kilo-octets contre 4.700.000 sur un DVD. Slot venait de vendre son génie à Philips quand il est mort d'un arrêt cardiaque dans son jardin, et sa formule, son code source, n'ont jamais été retrouvés, tel le navire du hollandais volant. Il serait devenu l'homme le plus riche du monde.  

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