(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : 24 minutes dans la vie d'un homme...

(Bruno Duvic) L'interview de Dominique Strauss Kahn hier soir a duré 24 minutes. Et si jamais à Jérusalem ou Ramallah, vous n'avez pas pu regarder TF1, la presse résume ce moment de télévision pour vous.

Deux mots clés : faute morale.

Quelques éléments de verbatim pour bien comprendre les commentaires qui suivent. Que s'est-il passé le 14 mai dans la suite 2806 du Sofitel de New York ?

Réponse DE Dominique Strauss-Kahn :

"Il n'y a eu ni violence, ni contrainte ni agression, c'était une relation inappropriée, une faute morale. (…) Le rapport du procureur dit que Nafissatou Diallo a menti sur tout. Les charges ont été abandonnées parce qu'il n'y avait pas lieu de poursuivre"

A la Une des journaux, cela donne les titres suivants.

Le Télégramme : « DSK fautif mais combattif »

La Charente Libre : « fautif, pas coupable »

Sud Ouest : « entre contrition et contre attaque »

Faute morale, "moral failure" traduit le New York Times . Le quotidien américain a trouvé l'ancien patron du FMI "mal à l'aise, tantôt en colère, tantôt amer (...) Il a reconnu que son comportement avait été mauvais, mais en grinçant des dents."

Donc, faute morale, oui, violence, jamais. Retour à la presse française.

Ce mea culpa, "il faut le croire sur paroles, écrit Chantal Didier dans L'Est Républicain . Sauf que Dominique Strauss Kahn donnait le sentiment de réciter les mots prévus par ses communicants."

"A aucun moment, poursuit Olivier Picard dans Les Dernières nouvelles d'Alsace , la sincérité n'a affleuré sur ce visage."

Xavier Panon poursuit dans La Montagne : "il utilise habilement le rapport du procureur pour ne pas dire qui s'est réellement passé dans cette suite."

"Il ne prend même pas la peine de donner sa version des faits. Si ce n'est pas de l'arrogance, ça y ressemble", assène Patrick Fluckiger dans L’Alsace .

Pas crédible, Dominique Strauss Kahn, c'est également l'avis du psychiatre Serge Hefez, à qui Libération donne la parole : "Personne ne croit à son exercice de contrition"

Pour se consoler de ces commentaires cruels, les partisans de l'ex futur candidat à la présidentielle liront l'analyse du sociologue Dominique Wolton dans les colonnes du Parisien-Aujourd’hui-en-France : il a trouvé DSK "convaincant, honnête, sincère, digne. (...) Il a choisi les mots justes, en parlant notamment de sa légèreté qu'il a désormais perdue."

Légèreté, même ce mot est retourné contre lui par Yves Harté dans Sud Ouest : "Légèreté, c'est un tout petit mot, mais qui pèse dès lors que l'on prétend à une quelconque responsabilité."

Libérationa retenu un autre mot-clé de cette interview : "piège".

Titre de Une, qui est un extrait de l'entretien : "Un piège ? C'est possible". Et même, l'ancien ministre de l'Economie n'exclut pas un complot.

Pour Vincent Giret dans Libération , il s'agissait là d'un faux pas : il n'a pas apporté l'once d'une preuve à cet invraisemblable scénario.

C'était donc un drôle de Mea Culpa, comme le titre Le Parisien-Aujourd'hui-en-France . « Dominique Strauss Kahn se présente en fait en victime de Nafisatou Diallo, écrit Le Figaro , dans le sens où elle aurait cherché à lui soutirer de l'argent. Et le journal de résumer en 3 mots les 24 minutes d'hier soir : « contrition, explication, accusation. »

Finalement, l'un des journaux les moins sévères, c'est L'Express , qualifié hier de Tabloïd par Dominique Strauss-Kahn pour son traitement de toute l'affaire. Sur l'Express.fr , 5 journalistes évaluent son intervention. Note moyenne 13.7 sur 20.

Mais globalement la presse n'a pas été convaincue. Reste la principale question : « les Français auront-ils été sensibles à son discours ? », se demande Rue 89 qui estime qu'il est trop tôt pour répondre.

Quoi d'autre dans la presse, Bruno ?

Le colonel Kadhafi est-il en fuite dans un 4X4 fourni par la France ? Selon Mediapart , un 4×4 furtif fabriqué par la société française Bull-Amesys aurait été livré en 2008 à Mouammar Kadhafi par l'intermédiaire de Ziad Takieddine. Le véhicule peut être aujourd'hui extrêmement utile aujourd'hui pour protéger la fuite du leader déchu. Selon Fabrice Arfi et Karl Laske, la vente de ce matériel aurait bénéficié, dès 2007, de l'appui du ministre de l'intérieur de l'époque, Nicolas Sarkozy, et de son directeur de cabinet d'alors, Claude Guéant. L'engin aurait finalement été livré à partir de 2008, avec le feu vert, cette fois, de l'Elysée.

"Les indignés de la Courneuve". Voilà comment L'Humanité résume le week-end à la fête de l'Huma. Dans son édito, Patrick Appel Muller retient l'une des phrases de Pierre Laurent, le numéro 1 du Parti communiste "Soyez de gauche". « Comme un défi aux responsables socialistes que l’on a vu englués dans l'austérité » écrit Appel Muller

Le regard de Monseigneur XXIII sur la crise. L'Archevêque de Paris accorde une interview à La Croix . « La crise a marqué la fin d'une fausse naïveté. On imaginait que l'augmentation de la production et de la consommation suffisait à compenser les injustices. (…) On ne peut plus s'en remettre exclusivement au jeu du marché. Nous devons réviser nos modes de consommation. Le chemin de vie auquel nous invite le Christ est un chemin de vie maitrisée », déclare le président de la conférence des évêques.

Enfin politique et scandale sexuel, suite et fin pour aujourd'hui. En Italie, semaine après semaine, la décadence du Berlusconisme s'étale dans les journaux. Parmi les dernières révélations détaillées par Le Figaro , cette confidence de Berlusconi au téléphone à un mannequin des Caraïbes qui s'étonnait de sa capacité à traverser des nuits blanches étant données ses responsabilités : "je fais le président du Conseil à temps partiel".

L'un des journalistes italiens de référence Eugenio Scalfari demande dans La Repubblica au président de la République de saisir le Parlement du cas Berlusconi qui a perdu toute crédibilité.

A demain !

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.