La revue de presse du dimanche 20 août, par Rosalie Lafarge.

La presse est faite ce matin d'histoires d'hommes.

Et les hommes dont on parle dans Le Monde, ce sont les Sierra Léonais. Ces hommes qui cherchent désespérément leurs proches, depuis lundi, depuis ces inondations et ces glissements de terrain qui ont ravagé Freetown. Au moins 450 personnes ont été tuées, près de 600 autres restent portées disparues.

La morgue centrale est "surchargée" décrit Patricia Jolly :

Les survivants s'y pressent pour tenter d'identifier les dépouilles, quand d'autres font le siège à l'hôpital à la recherche des leurs

Mais parfois ces recherches ne donnent rien, puisque des dizaines de corps ont déjà été enterrées, "de façon anonyme dans de simples sacs mortuaires".

Mesure de salubrité pour éviter les épidémies qui menacent désormais les quelque 1 200 000 habitants de cette ville de l'Ouest africain.

Chasse à l'homme lancée par la police espagnole

Lancée pour retrouver Younes Abouyaaqoub. A 22 ans, ce Marocain est soupçonné d'être le conducteur qui a foncé dans la foule sur Las Ramblas de Barcelone.

Il n'a pas agi seul, on le sait. Tout un commando est à l'origine des 14 morts et 120 blessés. Un commando qui, visiblement, voulait frapper plus fort, on le sait également.

Ce qu'on apprend dans le Journal du Dimanche, c'est que la Sagrada Familia était visée. La basilique inachevée de Gaudi, symbole de Barcelone, visitée chaque année par 3 millions de touristes.

Des touristes, des hommes et des femmes, qui n'hésitent pas à publier des messages parfois déconcertants sur les réseaux sociaux.

Syndrôme du "j'y étais"

L'Obs a décidé de le décrypter sur son site. Renée Greusard le rappelle d'entrée de jeu : "Internet n'oublie jamais de rire, même quand il est triste".

Et s'il rit un peu aujourd'hui, c'est un rire moqueur. Les réseaux sociaux s'amusent de tous ceux qui postent depuis jeudi des "j'y étais" : "J'y étais la semaine dernière", "J'y étais il y a trois mois", "J'y étais en 2008".

Evidemment, poursuit l'Obs, les "J'y étais" "postent aussi des photos d'eux. Sur les lieux du crime. Quand les photos ont été prises, ils souriaient, portaient des lunettes de soleil ou un maillot de bain. Normal, c'était les vacances, pas trop "ambiance attentat" donc. Mais ce n'est pas grave. L'important c'est de dire qu'on y était".

La réaction est humaine insiste Renée Greusard. On se dit que quelque part, ça aurait pu nous arriver. On exprime, assez maladroitement, une émotion sincère.

Certains internautes y voient de l'indécence, quand d'autres préfèrent en rire. Et l'Obs de publier une série de tweets, franchement drôles, il faut le reconnaître. Mais l'auteure de l'article l'assure : cela va un peu plus loin. L'agacement que suscitent les "J'y étais" nous dit quelque chose sur notre rapport aux réseaux sociaux, sur notre rapport aussi à nous mêmes.

De là à savoir si l'on peut "s'intégrer à la conversation mondiale sur un attentat en parlant de soi". Renée Greusard nous laisse libre de choisir la réponse. Et c'est donc à lire sur le site internet de l'Obs.

L'économie française qui redémarre, ça, c'est le choix du Journal du Dimanche

Ça va mieux du côté de l'emploi, du bâtiment, du tourisme, de la consommation. La relance se confirme assure le JDD.

Et cela tient en partie à un homme... François Hollande. Ou en tout cas, aux mesures prises par l'ancien président de la République.

C'est l'analyse de l'économiste Patrick Artus. D'après le directeur de recherche et des études économiques de la banque Natixis, si la croissance reprend du poil de la bête, c'est à 60% grâce à la "conjoncture mondiale" : 20% reviennent à la banque centrale européenne et sa politique monétaire qui maitient des "taux d'intérêt bas". Les 20% restants sont attribués à François Hollande.

N'en déplaisent aux détracteurs de l'ancien chef d'Etat, "le crédit impôt compétitivité emploi, le pacte de responsabilité et l'amortissement accéléré sur les investissements ont favorisé la création d'emploi dans les services", toujours selon Patrick Artus.

Mais "notre croissance est un peu bas de gamme", nuance le président du Cercle des économistes, Jean-Hervé Lorenzi, toujours dans le JDD. "Beaucoup d'emplois sont créés dans les services non qualifiés" et le plus souvent en CDD.

Roubaix, pépinière de start-up

Malgré tout, la reprise est là, et pour l'illustrer, l'hebdomadaire prend l'exemple de Roubaix. La ville du Nord, touchée par le chômage de masse, transforme petit à petit ses friches industrielles en pépinières de start-up.

"L'ancien berceau du textile et de la vente par correspondance a essuyé les aléas économiques et la désindustrialisation", écrit Emmanuelle Souffi. "Il en conserve les stigmates, oui. Mais comme un héritage porté fièrement plus que comme un poids qui incite au désenchantement".

Pas facile de se débarrasser de l'étiquette de "ville la plus pauvre de France", mais aujourd'hui Roubaix innove et crée de l'emploi.

150 en moins d'un an rien qu'à l'incubateur Blanchemaille et aux 20 starts-ups qui ont pris leurs quartiers dans ses 13.000 m² de bureaux installés dans des anciens locaux de La Redoute.

Comment Macron se met en scène

Roubaix n'est pas la seule à travailler sur son image. Il y a un homme qui prend cela très au sérieux ! Cet homme, c'est Emmanuel Macron. Le Parisien Aujourd'hui en France en fait sa Une du jour.

"Comment Macron se met en scène", titre le quotidien sur une photo du Président qui embrasse son épouse. Le journal consacre une double page à cette maîtrise extrême de l'image, ce contrôle permanent du chef de l'Etat.

"Emmanuel Macron sur le perron de l'Elysée, Emmanuel Macron hélitreuillé au dessus d'un sous-marin, Emmanuel Macron qui joue au football" listent les auteurs de l'article qui parlent d'une "nouvelle ère" en terme de communication présidentielle.

Si la parole du Président se fait rare dans les médias, "ses photos sont régulièrement déversées sur les réseaux sociaux par ses équipes".

Les photos militaires induisent une héroïsation du chef de l'Etat qui se costume en militaire alors qu'il ne l'a jamais été

Analyse de l'historien Bernard Cottret, toujours dans le Parisien. "La photo sur laquelle il est hélitreuillé suggère aux Français l'idée qu'il descend du ciel, comme un don. Celle où il joue au foot le montre plus copain copain", poursuit-il.

Chute libre

Mais pas sûr que les clichés très léchés aient l'effet escompté : la côte de popularité d'Emmanuel Macron est en chute libre dans les sondages rappelle Le Parisien.

Et visiblement, le Président réfléchit à d'autres manières de faire.

Le porte parole du gouvernement Christophe Castaner a d'ailleurs annoncé au début du mois sur France Inter, une évolution dans la communication présidentielle. Peut-être pour la rentrée.

Quoi qu'il en soit, cela pourrait bien rester très verrouillé : "les communicants qui entourent le président on du mal à accepter de voir relayées des images qu'ils n'auraient pas eux même fabriquées" note encore Le Parisien, s'appuyant sur la plainte déposée, au nom du Président, contre un paparazzi qui traquait le couple Macron en vacances.

Le dernier homme du jour dans la presse, c'est celui qui vaut 222 millions d'euros

Le footballeur Neymar, attendu comme le messie ce soir au Parc des Princes pour ses premiers pas à domicile avec le PSG face à Toulouse.

Mais dans l'Equipe, Neymar n'est pas le seul homme dont on parle : ils sont deux, lui... et Daniel Alves. Les deux Brésiliens, devenus inséparables pendant leurs trois saisons au Barça, se sont retrouvés cet été au PSG.

"Tout sauf un hasard" assure Franck Faugère. Neymar aurait convaincu son ami de signer à Paris.

Il faut dire que leur complicité dépasse le cadre du football. Ils dînent, ils font du shopping, ils sortent en boîte, ils partent en vacances ensemble. Ces deux-là se respectent, s'admirent, et s'adorent.

A tel point qu'Alves est l'un des rares à pouvoir révéler des petits secrets sur l'attaquant brésilien, souligne l'Equipe.

C'est d'ailleurs grâce à lui qu'on sait que Neymar est un frère... protecteur ! Qui a, par exemple, bien du mal à digérer le fait que sa sœur soit un sujet récurrent dans le vestiaire de la Séléçao.

Ses coéquipiers parisiens sont prévenus.

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