Il fut un temps, il n'y a pas si longtemps... Dans les années 60 et 70... Une ville symbolisait, plus que toutes les autres, le "peace and love"... Surtout en cet été 67, surnommé "l'été de l'amour"... Fleurs dans les cheveux pour jeunesse occidentale éclairée, sur musique des Beatles... La capitale du bonheur, à l'époque, s'appelait Katmandou... Capitale du Népal. 20 ans après, la ville affiche un tout autre visage : celui de la répression féroce d'un roi ubuesque contre son peuple qui, dans une sorte d'absolutisme politique, répond à l'absolutisme tout court du monarque... Ce peuple, il demande la démocratie et la République... Autrement dit, l'impossible... Alors la réponse que lui renvoie le pouvoir, elle est à balles réelles... On tire sur les manifestants dans ce pays où règne le roi Gyanendra, qualifié par le journal "Libération" "d'abominable roi des neiges". "Katmandou sur le chemin de la révolte"... Voici donc les raisons de la révolte, comme nous le raconte "Libé". D'abord, ce roi, il n'aurait jamais dû monter sur le trône... Son pouvoir, il ne le doit qu'à la mort de son frère, le roi Birendra, assassiné en juin 2001 avec sa femme et 7 autres membres de la famille royale... En fait, les Népalais sont persuadés que c'est Gyanendra qui a tué son frère pour s'emparer du pouvoir. Quant au fils, il est depuis longtemps détesté de la population, à cause de ses frasques dans les boîtes de nuit de la capitale, et surtout de sa propension à écraser les passants avec ses voitures de course, en toute impunité bien sûr. Aujourd'hui, à travers tout le pays, les manifestants scandent des slogans comme "Gyanendra, voleur, quitte le pays !", "A bas la monarchie !", ou même "Pendez le roi !"... Dans un pays où tout monarque népalais est vénéré par ses sujets comme une réincarnation du dieu vivant, il s'agit bel et bien d'une révolution. Qu'à cela ne tienne, sans complexes, Gyanendra continue de se comporter comme un roi médiéval, affichant une parfaite indifférence à l'égard du mouvement populaire qui secoue le pays depuis deux semaines... Une attitude qui lui vaut le surnom de "Néron du 21ème siècle". Commentaire de Pierre Haski dans "Libération" : "Il y a assurément quelque chose de pourri au royaume du Népal... La tragédie qui se déroule dans ce pays pourrait relever du registre shakespearien... Mais le royaume du Népal, c'est aussi plus de 13.000 morts dans une guérilla maoiste sanglante... Et Katmandou est devenue une capitale sous couvre-feu, où des manifestants pro-démocratie sont tués par balles... Dans ce paradis perdu des touristes, hors de portée d'une communauté internationale qui a le regard ailleurs, le Népal ne doit pas se transformer en un terrible huis-clos". Tiens, si on parlait de Ségolène Royal et de Nicolas Sarkozy, pour changer ?... Eh oui : c'est tous les jours, mais c'est comme ça, parce qu'au fil des jours, ces deux candidats, pas encore officiels mais plus que probables, se détachent... Et aujourd'hui, c'est "Le Figaro" qui s'y intéresse, avec un sondage, publié en Une... Photo des intentions de vote pour la Présidentielle de l'an prochain... Arrive en tête du premier tour Ségolène Royal donc, avec 34%... Devant Nicolas Sarkozy : 30%... Tous les autres candidats possibles sont loin derrière... Le mieux placé, c'est Jean-Marie Le Pen, avec 10%... Dominique de Villepin, lui, est à 6%... Victime d'une sorte de CPE, comme "cote de popularité érodée"... Et sévèrement, même. Maintenant, au deuxième tour, eh bien c'est Ségolène Royal qui l'emporterait, avec 51% des suffrages. Alors, phénomène de lassitude à l'évocation de Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy ?... "Non, au contraire, répond "Le Figaro"... La preuve avec les résultats qu'ils engrangent... Et du reste, poursuit le quotidien, nous suivrons l'évolution de ces deux champions des sondages, avec une enquête chaque mois, pour une échéance cruciale qui passionne les Français... Oui, toujours selon la SOFRES, 63% d'entre eux affirment s'y intéresser... Un score aussi élevé que celui enregistré deux semaines seulement avant le scrutin de 2002". Enfin, selon "Le Figaro", l'autre grand enseignement de ce sondage, c'est qu'il semble écarter la perspective d'une répétition du 21 avril... Fini l'éparpillement des votes, au profit d'une nette bipolarisation. Ségolène Présidente... Ségolène ici, Ségolène là-bas... Ségolène partout... Mais au fait, faut-il vraiment en penser quelque chose ?... Est-on forcé d'avoir une opinion sur elle ?... C'est une bonne question, finalement... Et c'est Bernard Fauconnier qui la pose, dans son édito pour l'hebdo "Témoignage Chrétien". Penser quelque chose de Ségolène Royal, c'est peut-être dangereux, parce qu'il ne faut jurer de rien... D'ailleurs, les gros machos façon Duhamel, qui ricanaient grassement il y a quelques mois, tout profs à Sciences-Po fussent-ils, pourraient bien s'être ridiculisés... Ce ne serait pas la première fois... Et ça ne les empêcherait pas de continuer à pérorer... Donc moi, jusqu'à nouvel ordre, je continuerai à ne rien penser... Faites la même chose, nous dit Bernard Fauconnier... Vous verrez comme c'est agréable". Bon, c'est une façon de voir les choses... Mais on peut quand même se poser la question... Ségolène Royal est-elle oui ou non un phénomène médiatique, une reine des sondages ?... Oui, affirme l'hebdomadaire "Politis", beaucoup plus à gauche que Ségolène, qu'il qualifie de "candidate du désir médiatique". Oh, que non !... Elle est bien plus que ça... Et là, c'est Jean-Pierre Raffarin qui le dit, dans une interview que l'ancien Premier ministre accorde au "Point", et qui est en soit un événement politique, puisque c'est la première du genre... Interview dans laquelle il dit clairement : "Ne sous-estimons pas la candidature de Ségolène Royal... Moi, je la vois mener un vrai projet politique". Mais on attendait surtout l'opinion de l'ancien Premier ministre sur l'actuel locataire de Matignon... Je ne m'étends pas : on vous en a parlé dans le journal de 8 heures... Je vous rappelle tout de même que, pour Jean-Pierre Raffarin, on peut réformer la France quand on a la maîtrise du temps et qu'on partage le pouvoir... C'est-à-dire quand on discute avec les partenaires sociaux... Comme désaveu concernant la méthode de Dominique de Villepin sur le CPE, c'est assez clair. Enfin, cette question, concernant la droite : Jean-Pierre Raffarin répond en s'inspirant de Talleyrand... "La droite, quand elle s'observe, elle s'interroge... Quand elle se compare, elle se rassure". Et pendant ce temps, Nicolas Sarkozy creuse son sillon, tranquille... Et surtout sans oublier personne... Ainsi, "La Croix" nous révèle que le ministre de l'Intérieur, qui est aussi ministre des Cultes, a adressé trois lettres aux responsables des Eglises chrétiennes en France, pour expliquer et surtout justifier son projet de loi sur l'immigration, qui sera débattu début mai. Ce qui fait dire à Dominique Gerbaud qu'en agissant ainsi, le ministre de l'Intérieur a en quelque sorte identifié le lieu de résistance qu'il redoute le plus : l'Eglise... On pourrait même y voir, de sa part, un hommage rendu aux chrétiens qui, forts de la citation de Mathieu, "J'étais étranger et vous m'avez accueilli", auront du mal effectivement à adhérer à son projet. Mais si Nicolas Sarkozy écrit aux Eglises chrétiennes, ajoute notre confrère de "La Croix"... Oh, ce n'est pas qu'il redoute un quelconque lobby chrétien à l'Assemblée... Ce temps-là est révolu... Non... C'est parce qu'il aura besoin du vote des chrétiens en 2007. Question. Sommes-nous, en France, les ringards de l'Europe ?... Agréable, comme interrogation !... C'est "Le Nouvel Observateur" qui l'ose, concernant le tabac. On attendait ce projet anti-tabac depuis des mois... Or, il n'a cessé d'être repoussé, pour être finalement abandonné par un Premier ministre traumatisé par le CPE, alors qu'en Belgique, en Espagne, en Suède ou en Angleterre, la cigarette sera bientôt interdite dans les bars et les restos... Ce qui est déjà le cas en Italie... La France, elle, va être à la traîne. Et puis, à l'autre bout du champ de la tolérance, il y a le cas du Japon... Vraiment un cas... Car figurez-vous que même sur le trottoir, dans le quartier de Chiyoda, à Tokyo... Même sur le trottoir, on n'a pas le droit de fumer. Chaque jour, par équipes de deux, revêtus de vareuses jaunes, une vingtaine de volontaires patrouillent dans les rues de ce quartier central de la capitale japonaise, où ils traquent les fumeurs. Partout, des panneaux ou des signes sur le sol indiquent qu'on est en zone non-fumeur... Alors, le fait d'allumer une cigarette est passible d'une amende de 2.000 yens, soit 16 euros. Pas question de mégoter... La loi c'est la loi... Et là où l'on peut fumer... Attention : pas question de jeter un mégot par terre... Il y va des bonnes manières et de la propreté de la ville. Oui, et c'est "Le Parisien" qui s'y intéresse, et qui en fait même sa Une, au moment où commence, en Slovénie, les opérations de capture des 5 ours qui seront transférés dans les Pyrénées... Alors on connaît les ingrédients de la polémique entre les écologistes et les bergers... Mais "Le Parisien", lui, pose une question intéressante... "Mais pourquoi veut-on des ours en France, finalement ?". Eh bien, parmi les éléments de réponse, en voici au moins 4... D'abord parce que Jacques Chirac est le premier supporter des ours... Souvenez-vous de son émotion lors de la mort de Cannelle... Nous n'étions pas loin du drame national... Ensuite parce qu'il s'agit d'une espèce menacée d'extinction... Les ours... Raison pour le moins objective... Et puis c'est un argument touristique, même si les professionnels du secteur jurent leurs grands dieux qu'ils ne veulent pas utiliser l'image de l'animal à des fins mercantiles... Enfin, selon le psychiatre Samuel Lepastier, interrogé par "Le Parisien"... "L'ours nous renvoie au jouet de notre enfance... C'est pour ça qu'on l'aime". Voilà... Je voudrais juste vous signaler, pour finir, que "France Soir" n'est toujours pas dans les kiosques... Parce que ses salariés refusent toujours le plan de reprise qui veut faire du titre un tabloïd, genre "Bild" ou le "Sun"... Tiens, à propos de ces deux-là... Ils sont à l'origine, surtout le "Sun", d'une sévère polémique franco-allemande... Il se trouve que le tabloïd anglais a publié une photo montrant Angela Merkel surprise par des paparazzi sur une plage italienne, les fesses nues... "Honte à vous !... Jamais nous ne montrerions votre reine en bas de contention", s'emporte le quotidien allemand "Bild"... Avec ce commentaire peu amène : "Le derrière de la Chancelière m'est plus sympathique que votre gueule de Londoniens boursouflée par le whisky". C'est passionnant, les tabloïds ! Bonne journée !... A demain !...

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