A 3 jours du 1er tour, même les sondages sont indécis. Dernières campagnes de presse, dernières passes d'armes, dernières consignes, à l'Elysée aussi

La revue de presse, bonjour hélène jouan

On commence Oh surprise, par la campagne présidentielle

« Ouf on y est presque », J-3, mais on est où exactement? « Même les sondages sont indécis » constate à sa Une la Charente libre. Vote utile ou inutile, on ressasse en boucle. Serge Raffy sur le site de l’Obs se demande si du coup, les électeurs, « épuisés par cette campagne interminable ne vont pas choisir le « vote futile » pour accentuer dit-il un peu plus le désordre. Le vote futile, forme suprême du défaitisme, du désenchantement, qu’on sublime en jouant la carte fun. Je vote donc je fuis ». Vote fun ? Dans Sud-Ouest, le dessinateur Large croque le candidat Jean Lassalle, face à l’équation internationale TRUMP/KIM JONG UN, plongeant son traducteur dans le désarroi quand il déclare « comme disait ma grand-mère de Lourdios, quand l’ours pète, il faut se serrer les coudes ». Fun…

Plus sérieusement, nous voici à l’heure où les candidats jettent leurs dernières forces dans la bataille, où les media, certains, font de même pour soutenir l’un ou l’autre. C’est le cas ce matin du Figaro qui parle de « dernière chance » sans cacher qu’elle s’appelle « Fillon » cette dernière chance, et c’est peut-être pour ne pas obérer celle-ci que le Figaro omet toutes questions sur les affaires au candidat pour son dernier entretien dans ses colonnes, ce que le Monde avait refusé de faire. Engagée aussi, l’Humanité derrière Jean-Luc mélenchon « le seul dit jean emmanuel Ducoin à porter l’ambitieux projet de lancer le processus d’un changement d’existence », de l’hebdo Politis qui sous la plume de Denis Sieffert fait également « le pari pascalien » écrit-il de Mélenchon, mais qui reconnait qu’il ne fait pas l’unanimité, ni dans l’équipe du journal ni dans son lectorat, et que vous Benoit Hamon, qualifié de « candidat martyr du ps », êtes apparu comme un homme intègre, en rupture idéologique avec votre parti, et qu’il faudra compter avec vous pour la recomposition à gauche ». On relèvera enfin l’engagement très clair de la Dépêche du Midi, non pas pour, mais contre un parti, une prise de position pas si courante dans la presse régionale, la Voix du nord l’avait néanmoins adoptée lors des élections régionales. « Pourquoi le vote FN est nocif » titre la Dépêche à sa Une

Vous parliez des « dernières forces engagées dans la bataille », y compris celles du président de la République

Nathalie Segaunes raconte dans le quotidien L’Opinion, la scène qui a conclu hier le dernier conseil des ministres avant le premier tour. François Hollande garde son gouvernement auprès de lui pour évoquer l’élection, et développe une analyse en 3 points. 1, vu le niveau d’indécis, il peut y avoir une énorme surprise. 2, il faut se battre jusqu’à dimanche contre nos adversaires, à savoir Le Pen/Fillon/Mélenchon. 3 dimanche, « il faudra appeler sans barguigner à voter pour le candidat qui sera face à Marine le Pen, quel qu’il soit » Entendez, même si c’est François Fillon. « Il ne faudra pas hésiter » insiste le président. Ces consignes passées, François Hollande conclut « d’ici dimanche, on dit ce qu’on ne veut pas, après dimanche, on dit ce qu’on veut. Et aux législatives, on fait comme on peut » provoquant parait-il « l’hilarité générale ».

Ce matin encore passes d’armes entre candidats

Notamment entre François Fillon et Emmanuel Macron. Le premier dans son entretien au Figaro cible résolument le second affirmant « ceux qui votent le Pen auront Macron », un Macron à qui il reproche d’être flou sur tout, et notamment sur la lutte contre l’islamisme. « Il reste sur un discours antiterroriste classique en ménageant en permanence ce qu’il pense être un électorat musulman » accuse-t-il. Réponse du candidat d’en Marche dans les colonnes de la Voix du Nord « François Fillon a un jeu extraordinairement dangereux en parlant de terrorisme islamique alors qu’il s’agit d’un terrorisme islamiste qui instrumentalise la religion musulmane. »

Passe d’armes pour mobiliser jusqu’au bout. Mais dans les Echos, Cécile Cornudet s’inquiète déjà de l’après : « à la veille du premier tour, 3 candidats ont un socle d’inconditionnels exaltés..Aimés follement, mais détestés plus encore, ils jouent le socle. Quand toléré du plus grand nombre mais peinant à susciter l’enthousiasme d’un vrai socle, Macron surjoue la France unie plutôt que de poser une identité politique forte. Pour gagner, puis gouverner, que vaut il mieux ? s’interroge-t-elle.

Bon, avant de passer à l’après, 2 conseils de lecture : « Notre ami Poutine » dans Vanity fair, Marion Van Renterghem a enquêté sur celui qui restera l’un des marqueurs de cette présidentielle. Le dirigeant russe a des ennemis et des amis parmi les candidats, selon qu’ils soient atlantistes et défenseurs de l’union européenne, ou souverainistes et dans la détestation de « l’impérialisme américain ». Elle décrit les liens très étroits qui unissent notamment François Fillon et Vladimir Poutine, François Fillon qui réclame encore ce matin très clairement dans le Figaro « une coalition avec la Russie et l’Iran, et Bachar El Assad pour vaincre le totalitarisme islamique », elle raconte par le détail la propagande russe menée par Sputnik et Russia Today dans la présidentielle française, dévoilant au passage les relais en France, politiques et opérationnels de cette stratégie des Fake news, destinés à privilégier les amis français du Kremlin.

Et puis, parce que certainement, vous parlez en famille de cette campagne, le groupe Bayard consacre ce mois-ci tous ces magazines destinés aux jeunes, à leur expliquer la présidentielle. Youpi pour les 5-8 ans s’attache à leur faire comprendre le concept de « majorité », Astrapi propose de préparer l’élection du président de votre propre famille, Okapi pour les jeunes ados revient plus précisément sur cette campagne pas comme les autres, et tente d’y voir plus clair dans les refrains entendus « tous les mêmes, ou tous pourris ».

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