Des abeilles qu'une manifestation terrifie, d'autres abeilles que l'on dérobe la nuit, des déchets nucléaires dans les cauchemars de nos descendants, la haine des dépossédés sur le web, la dépossession des turfistes, mais l'amour des supporters de football et d'un catcheur de Seine-et-Marne qui était André le géant.

Des abeilles sur un scooter...

Que vous verrez dans Nice Matin, avec même une vidéo sur le site, des milliers d'abeilles sur un scooter dans une rue de Nice, c'était hier, une conséquence inattendue des mouvements sociaux... Oui ces mouvements sociaux que Libération ou le Télégramme voient faiblir quand le Figaro tonne contre les bloqueurs de facs... Ils ont  embêté les insectes. Hier le bruit de la manifestation de Nice a dérouté un essaim qui cherchait un endroit pour refonder une ruche, la reine apeurée s'est cachée dans le scooter et ses milliers d'ouvrières autour d'elles... Il a fallu des heures à un apiculteur pour exfiltrer l'essaim et rendre le scooter à son propriétaire qui voulait aller travailler

Voici comment les hommes perturbent la nature... Parfois, c'est terrifiant. La Croix fait sa une et son débat sur CIGEO, c'est le projet d'enfouissement  de nos déchets nucléaires à 500 mètres de profondeur, à Bure, dans la Meuse... Les travaux s'étaleront sur plus d'un siècle... Mais ces déchets resteront radioactifs pendant 100.000 ans, et une fois enfouis sous la couche d'argile, on ne pourra plus les atteindre. "Le risque est de léguer un nouvel héritage empoisonné aux générations futures" dit le physicien Bernard Laponche. Peut-on concevoir cette menace?

Nous sommes loin des abeilles de Nice, mais pourtant, ça existe les abeilles, parce qu'on souffre au présent... A la une de la Tribune, journal de la Loire, "les ruches cibles des voleurs"...  on vole des ruches en France,  et en une nuit, René Mounier qui fait du miel d'acacia et de châtaignier a perdu 65 ruches... Lui qui se bat déjà, contre  "le réchauffement climatique, les maladies, les pesticides"...

"Les apiculteurs se sentent abandonnés. Certains parlent de poser des pièges" lit-on...

Et c'est une musique familière, l'abandon et la colère qui en naît. On appelle ça la dépossession, quand la brutalité du monde vous arrache ce qui est à vous. 

Et la dépossession est la marque des journaux...

Ce sont ces personnes qui souffrent de la thyroïde et qui ont vu un laboratoire changer la formule de leur médicament, le Levothyrox, et la nouvelle formule les rend malades... Et en dépit du scandale, c'est la une du Parisien, rien n'est réglé... Les patients traquent l'ancienne formule du Levothyrox en en Allemagne ou en Espagne... 

Dépossession des supporters de football qui aiment leurs clubs mais le football veut-il cet amour... . L'Equipe consacre trente pages aux ultras et aux fans, et c'est un paysage d'une France en attente de respect, c'est humain et politique quand les fans de Sochaux militent contre le propriétaire chinois qui laisse l'équipe partir à vau-l'eau... Certains ultras de Sochaux sont sur une ligne dure, "comme sud rail", lis-je dans l'Equipe, d'autres ressemblent à la CFDT... 

Dépossession aussi des parieurs du PMU, dont le paisible bonheur est dévasté par de grands parieurs internationaux, qui ne mettent pas les pieds sur les champs de courses mais misent, de loin, massivement, sur des canassons qui galopent à cagnes sur mer et Pornichet, les cotes s'effondrent en pleine course... Le magazine des Echos racontent si bien l'opposition entre le petit monde des turfistes où on lit Paris turf ou le Veinard, et deux surhommes australiens, David Walsh et Zljko Ranogajec, doués d'une mémoire mathématique phénoménale, qui ont écumé les casinos  du monde entier avant de se lancer dans les paris hippiques robotisés, ils ont essoré avec leurs algorithmes les courses australiennes, la Suède les a banni, ils sont sur nous... 

La violence d'internet enfin... 

Et la laideur de quelques humains mais eux aussi dépossédés et qui se vengent en haïssant sur le web, c'est dans Society, un photographe norvégien a photographié ceux qu'on appelle les haters ou les trolls, qui répandent l'insulte sur twitter, et ils nous regardent de toute leur misère, Ashleigh Jones du pays de galles qui traitait la chanteuse lady gaga de « grosse pute exhibo », le métallo anglais Robert Jackson qui appelait à pendre Tony Blair et twittait « fuck islam », ou cet autre tatoué, Nick Haynes qui  voulait la « guerre civile » si « cette salope de Hillary » remportait l'élection...  

Dans Marianne, la philosophe Marylin Maeso a disséqué la furie antisémite qui a submergé un adolescent il y a un mois, le jeune homme avait posté une vidéo contre le racisme...  « ta guele putin de puceau de merde tu es un petit youtre plein aux as », a répondu la toile. Ainsi autorise internet, où l'on ne voit pas ceux que l'on humilie... Sur le site "the Conversation", qui, en français amène l'université sur le terrain du journalisme, on analyse « l'ensauvagement du web » et on lit cette phrase du philosophe Levinas. « Le visage est ce qu’on ne peut tuer. Dès lors qu’autrui me regarde, j’en suis responsable. »

Et si les trolls haïssent à l'aveugle je ne peux les haïr puisque Society me les montre...

Il y a dans society encore de très beaux visages, ceux d'Emmanuel Momoh et de ses comparses dans un conte de fée africain... Momoh, en Sierra Leone qui a trouvé en mars 2017 un diamant de 709 carats qui  fut vendu à un joailler britannique pour six millions de dollars... L'odyssée de ce diamant vous fera la fin de semaine... 

L'autre beau visage, massif et tendre et bouclé, fut celui d'un français qui s'appelait André Roussimof de Russy, Seine-et-Marne, qui fut mondialement célèbre sous le nom d'André le géant, André the giant, personnage du catch américain, après avoir été chez nous le Géant Ferré...  2,11 m, 146 kg, chaussures 58. « C’est plus du catch, c’est de l’escalade  », s’époumonaient les speakers à ses débuts. Il est raconté dans l’Equipe encore... sur le web, dans un grand format où les mots truculents et les images se nourrissent. On aime aussi sur le web.... 

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.