Les Echos racontent l'affaire Ghos au prisme de la France outrée, l'Opinion et le Wall street journal disent la vérité de Nissan qui ne voulait plus payer pour le patron et ces employés obscurs qui ont enquêté sur Ghosn et ont ourdi sa chute. La Croix a vu les invisibles,ces SDF qui peuplent les sous-sols de la Défense

On parle de Carlos Ghosn ce matin... 

Qui va être bientôt libéré sous caution,  et c'est donc le bon moment pour contempler un champs de ruines que nos journaux éclairent.  "Renault Nissan, récit de quatre semaines en enfer", le titre barre la une des Echos et il s'agit moins ici d'investigation que de sociologie passionnante sur NOUS;  c'est la crise Ghosn vue de chez Renault, et de nos élites surprises et outrées... Le 19 novembre dernier, le jour où Carlos Ghosn et son lieutenant Greg Kelly étaient arrêtés, quand des proches de Ghosn, prenaient l'avion pour fuir le Japon à peine débarqués à Tokyo, la ministre française Agnès Panier-Runacher avait pris le petit déjeuner avec Hiroto Saikawa, le directeur général de Nissan qui se préparait à poignarder Ghosn et qui ne lui dit rien. Et à lire les Echos, notre pays et notre firme Renault, se vivent victime d'une rébellion ou d'une traîtrise, "Renault s'est pris un Pearl Harbour", dit un grand patron  

Oui mais... 

Les Echos disent, après d'autres qu'une société néerlandaise, Renault Nissan bv, fut envisagée en 2010 pour dissimuler à la curiosité des autorités financières japonaises une partie des rémunérations de Carlos Ghosn... Il s'agissait d' échapper à une loi qui imposait une nouvelle transparence. Et Carlos Ghosn  pensait que cette transparence pouvait poser un problème de relations publiques.  

Cela, je le lis dans le meilleur article publié à ce jour, sans effet de style mais aux informations de scalpel, IL EST LONG ET IL FAUT SAVOIR PRENDRE SON TEMPS pour ne pas subir les actualités, et IL FAUT DONC RETOURNER SUR LE SITE DE L'OPINION pour lire cette enquête du journal partenaire; le Wall Street journal, et qui nous dit ce qui est vraiment arrivé chez Nissan, cette vieille entreprise qui se pensait frugale et transparente et qui a eu peur d'être avalée dans une fusion avec Renault, ET qui ne supportait plus de financer la vie de jet setter de son grand patron.  Et on lit dans l'opinion les 550 mètres carrés d'appartements à paris payés par Nissan, et l'appartement à Copacabana, idem, et cette maison rose à Beyrouth, et ses sarcophages en sous-sol, et on lit cette société, théoriquement dévolue au capital-risque, Zia Capital BV, qui achetait les résidences du patron. On découvre surtout dans l'opinion ces modestes employés de Nissan,  Hidetoshi Imazu, Hari Nada, qui ont enquêté sur le patron, et les sociétés écrans qui soutenaient sa bonne vie avant d'aller voir M. Saikawa à la fin de l'été, et la justice.  Et il y eut bien un complot, mais pas sans raison, et des ruses, Greg Kelly qui vivait  en semi-retraite en Floride fut convaincu de venir à Tokyo pour un conseil d'administration, les conjurés l'amenaient aux policiers...   Carlos Ghosn, va sortir de prison, vous saurez maintenant, comment il y est entré...   

Les dessous de la Défense sont dans la Croix...

Et c'est un autre long sujet, la Croix y excelle dans ce grand reportage au coin de chez nous, on parle d'une  survie qui se dissimule sous le quartier d'affaire de la Défense, dans les recoins de béton des parkings, ce gruyère de constructions et de dents creuses où vivent des dizaines de SDF, et voici Adrian, 33 ans, venu de Pologne qui s'est organisé un squat dans un local désaffecté avec un copain ukrainien , ils ont des meubles récupérés sur les trottoirs et un chaton, voilà Virginie qui fait des ménages  et dort dans une cage d'escalier et prend soin de ne pas laisser deviner la dureté de ses nuits, voilà Sébastien dans son sac de couchage à l'entrée du centre commercial, voilà un jardin potager, des bénévoles, une solidarité, voilà des vigiles qui ferment les yeux sur les squatteurs des parkings sauf s'ils cassent ou squattent des gaines de ventilation ou menacent par des bidouillages électriques de faire brûler les sous-sols... Et en haut les tours, les patrons, la puissance... "C'est les autres-là qui sont les esclaves, ils travaillent pour nous nourrir, en fait nous sommes les graciés", lance un géant guadeloupéen en treillis de camouflage qui mange des crêpes au petit déjeuner de l'église Notre-Dame de Pentecôte, sous les tours,  tout un monde et si bien illustré par un artiste nommé Titwane, car le dessin compte aussi, pour regarder ces invisibles que la Croix a vus...  

Et des dessins aussi dans l'Obs...  

Qui comme d'autres hebdos est en numéro double qui couvrira Noel et Jour de l'an, et qui rameute des artistes pour son dossier de Une, qui illustrent l'amour car il s'agit de cela, des histoires d'amour, "vingt-cinq histoires d'amour" pour passer les fêtes qui toutes commencent en hommage à Aragon et au début d'Aurélien, la première fois qu'Aurélien vit Bérénice... La première fois...  Il en faut de l'amour et ce n'est jamais mièvre dans ce numéro de l'Obs.  

Il en faut de l'amour, l'amour que l'Equipe et le Parisien témoignent à Kylian Mbappe pour ses vingt ans, jolies photos avec Zidane ou Thierry Henry, l'amour que le pays, hebdomadaire de Roanne offre à Elie Brousse qui a 97 ans et fut héros du rugby à XIII et qu'on suromma "le tigre de Sidney" pour un essai de légende en Australie... Et sa gueule pardon, rend un peu légère la frimousse de Kylian...   

De l'amour aussi dans notre actualité sociale, par surprise, et l'on parle des gilets jaunes, qui ont désorganisés l'Etat, Libération et le Figaro en témoignent, ces gilets jaunes qui devraient se méfier des cahiers de doléances qu'on leur fait remplir, car après 2005, des militants des banlieues insurgées étaient eux aussi parti en France porter des cahiers de doléance qui furent aussitôt oubliés, c'est une histoire que se remémore le site internet de France inter, car nous écrivons aussi au service public de la radio.... Et plus que ça encore...  

Ecoutez ceci.   

SON VIDEO BARRAGE 

C'est la sono des gilets jaunes qui diffuse "la Foule" de Piaf, et la voix de la môme s'élève par-dessus le crépitement des palettes de bois qui brûlent, c'est un reportage qu'a filmé Richard Vivion de France bleu Pays de Savoie au barrage de Margencel, qui était évacué par les forces de l'ordre, la Voix du Nord a repéré cette vidéo diffusée sur Twitter, on voit dans un long plan séquence des gilets jaunes qui dansent parfois seuls comme dans un rêve ou parfois enlacés sous le regard presque tendre des gendarmes, on pense aux usines occupées en 36... C'est le plus beau des reportages sur ces barrages où l'on a vécu, et si cette poésie n'est pas toute la vérité d'un mouvement, on reverra dans vingt ans les images de Richard Vivion, j'en parie, pour chercher cette vérité d'un automne.

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