Dans l'Obs, Vincent Delecroiix, nous apprend à vivre et parler avec les fantômes qui donnent son poids au monde. Le regard de miel d'une femme préhistorique à la Une du Point qui raconte Sapiens. Souvenirs de Jane Birkin du temps du sex-symbol, le Monde. Contre-enquête sur l'affaire Adèle Haenel, Marianne.

On parle de la Bretagne...

La Bretagne où me dit le Figaro chaque fontaine, chaque champ portait un nom, un nom breton, un nom de toujours, oui mais les noms se perdent et la Bretagne semble ce matin  réfugiée chez une vieille dame du hameau de Kerguiriou, commune de Telgruc, presqu'ile de Crozon, elle s'appelle Françoise et se souvient de tout dans sa maison trapue battue par le vent, "un univers enchanté de souvenirs, de traditions et de mythologie, de mémoires de paysans de pêcheurs, de chansons qui se cachent sous le moindre brin de bruyère", la route d'Ys la ville de légende, le Maen an Diaoul, le «rocher du diable»: on y trouve encore la trace des cornes du démon...

Un jour me dit le Figaro, Françoise a appris que près de chez elle une rue allait s'appeler rue des Fous-de-Bassan et une autre impasse des Pélicans, elle a trouvé ça rigolo: "On aurait pu mettre Lan ar Gouennec, au moins on aurait su où on était."

Et depuis en Bretagne la guerre culturelle fait rage, entre les défenseurs de la langue et du cadastre breton codifié sous Napoléon, et le maire de Telgruc qui voit un avenir de lotissements aux rues claires, aux noms de folklore compréhensibles et français, des grands navigateurs,  Arthaud, Colas, Tabarly, une rue du Moulin, et donc des noms d'oiseaux...

Je vous laisse lire le Figaro au chevet d'une identité blessée dans le grand Vortex de la mondialisation... Allez aussi sur le site de ouest france et du télégramme, où depuis le printemps dernier l'affaire est relatée, c'est leur métier d'être breton; en septembre dernier, le président de la région avait écrit au président de la poste, lui demandant s'il était vrai que son administration était responsable de cette aseptisation les postiers ayant besoin de pélicans pour s'y retrouver. Pas du tout a répondu la Poste, elle sait délivrer le courrier en breton, suis-je rassuré?

Je lis dans l'Obs l'interview d'un écrivain et philosophe qui pourrait consoler la Bretagne. Il s'appelle Vincent Delecroix, un de ses romans s'appelle "ce qui est perdu"', son dernier livre s'intitule "Apprendre à perdre" et il nous enseigne la force des fantômes qui habitent notre monde et lui donnent son poids, fantômes des êtres aimés, de ce qui fut, des présents absents avec lesquels il faut parler, comme les poètes qui par un rameau d'or magique avaient accès au royaume des morts, cela parle aussi je pense d'un chemin...

Je lis dans le Télégramme encore que les bretons ressemblent aux chinois, voilà deux peuples tenaces qui savent l'économie et qui se nourrissent du passé me dit une belle-iloise experte de la chine, "Bretons et Chinois aiment qu'on s"intéresse à leur culture et à leur manière de faire." Un rameau d'or.

Compris.

Dans les Echos Magazine je lis que la Chine est la terre ou plutôt l'eau du caviar. Les eaux du lac Giandao abritent les restes d'une ville engloutie de la dynastie tang, mais aussi des centaines de bassins où prospèrent des bélugas, dont un seul peut contenir en oeufs le prix d'une ferrari...

Dans l'Echo républicain, ne pas confondre, je découvre que l'identité farouche est aussi eurélienne, puisqu'on m'invite à organiser mon prochain réveillon uniquement avec des produits de l'Eure-et-Loir, truffes, nougat et patates douces de Beauce, escargots  et cidre du Perche, boudin blanc de dinde de Nogent le Phaye, fleurs comestibles, pelargonium, pensées, viola de  de Tremblay les villages , limonade laBbeauceronne de Janville, une bonne tisane de la ferme de Chataincourt. Il faut cela.

On parle aussi de médecine...

Et c'est une autre identité, celle de Montpellier où hier nous dit Midi Libre ont été lancées les festivités des 800 ans de la faculté de médecine, la plus vieille du monde, et la faculté est aussi, vous verrez un bijou de musée, des pièces d'anatomie, manuscrits médiévaux, des dessins de Rubens, Titien, Fragonard… Nous parlons aux fantômes.... Mais la médecine est aussi d'aujourd'hui, vertigineuse. A paris à necker, à nantes reims ou grenoble, on commence à utiliser,  Le parisien me raconte, un implant de la taille d'un petit poids, l'amplatzer piccolo qu'on introduit par la cuisse dans le corps de bébés prématurés qui ne pèsent pas un kilo, que l'on fait remonter par les vaisseaux sanguins jusqu'au coeur où ils viennent réparer le trou du canal artériel qui empêche le bébé de bien respirer...

A la Une du Point, vous verrez une femme  aux yeux vert de miel, aux lèvres pleines, et aux piercings en os de bêtes, ses cheveux sont ramassés en rude tresse, elle a vingt an, elle a 20.000 ans, c'est un femme reconstituée par la paléoartiste Elisabeth daynes d'une femme qui aurait vécu chez nous en Dordogne, son regard inaugure un dossier fouillé sur nous, sapiens, notre grande histoire, c'est un numéro double pour les fêtes, qui tiendra jusqu'à l'an neuf... On y parle avec nos fantômes, c'est rudement bien.

A propos de fêtes, je lis dans le Figaro que le cours du sapin de noel made in quebec s'envole à New York, 1000 dollars les plus beaux, on produit moins de sapins aux Etats Unis, l'oregon où ils poussaient est passée au cannabis.

Et des femmes pour finir...

Aussi fascinantes qu'une belle préhistorique, et en plus lestée de causes.

Femmes peintres du XVIe siècle, Sofonisba Anguissola et Lavinia Fontana, que l'on réhabilite à Madrid dans une exposition et que Libération raconte, elles furent oubliées par la faute de leur sexe, Anguissola, conviée à la cour du roi d'Espagne Philippe 2  était officiellement dame de la reine, et ne signait pas les portraits qu'elle réalisait, mais tout revient.

Femme objet icône du XXe siècle, qui il y a 50 ans chantait 69 année érotique, jane Birkin qui se raconte au travers des hommes dans le magazine du Monde, quand elle était ravie d'être l'objet de désir de Serge Gainsbourg, Jane qui publiant un nouveau tome de son journal, se revisite au regarde de ses filles, de sa petite-fille, féministes, tout a changé, mais dans les théâtres encore aujourd'hui, les fans lui demandent des autographes sur des photos d'elle à poil venues de Lui, trouvées sur internet et vite imprimée, elle signe sur les seins, sur les fesses qui étaient elles.

Marianne cette semaine revisitée et contredit l'enquête de mediapart et les accusations d'Adèle Haenel contre son premier metteur en scène Christophe Ruggia, qui s'exprime dans le dossier, le ressenti d'Adèle Haenel n'est pas remis en cause mais des témoignages tiennent moins, c'est un dossier qu'on jugera contraire à la marche du progrès, une raison évidemment d'aller le regarder.  

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