"De ce que nous savons de Guantanamo et d'autres camp de détention américains, ou de comportements délictueux comme à la prison d'Abou Ghraïb, en Irak... Il est clair que les faits reprochés aux Américains sont sérieux et fondés". Ainsi parle, dans "L'Humanité", le rapporteur spécial de l'ONU, l'autrichien Manfred Nowak, qui doit rendre ses conclusions à la Commission des droits de l'homme le mois prochain. Les faits... Ce que nous savons, comme le dit Nowak... Ces faits portent un nom : tortures. Et c'est aujourd'hui un journal français qui délivre un nouveau témoignage... "Libération", en l'occurrence... Témoignage d'un Lyonnais... Mourad Benchellali... Il raconte son passage dans les camps talibans en Afghanistan en 2001, avant d'être arrêté au Pakistan, puis détenu et torturé par les Américains à Guantanamo. L'enfer commence dès l'arrestation... dans le village de Parachinar... "On nous a emmenés dans des camions, on nous a mis des cagoules, et on a fait un voyage de 20 heures, sans boire, ni manger. Ensuite, ils nous ont fait monter dans de petits avions et nous ont attachés au sol par des sangles. A l'arrivée au camp, à Kandahar, ils nous ont déshabillés entièrement et nous ont roués de coups de pied et de coups de poing, avec insultes et crachats... Ensuite, ils nous ont fait monter les uns sur les autres. C'était vraiment trois jours de terreur. D'ailleurs, les mauvais traitements étaient quodidiens... Les soldats urinaient sur les détenus... Il y en avait aussi à qui ils rasaient une partie de la tête, ou un seul sourcil... On avait l'impression qu'ils faisaient ça par plaisir. Ensuite Guantanamo... Les interrogatoires... J'étais accroupi au sol, poignets et pieds attachés ensemble, comme un mouton avant l'égorgement... Ou alors, attaché les bras en croix à une barre en fer au-dessus de ma tête. Autre sévice : la nuit, toutes les demi-heures, ils nous reveillaient pour faire l'appel... Il y avait aussi des détenus qu'ils laissaient debout toute la nuit... Quand ils piquaient du nez, ils les frappaient pour les redresser. Quant au courrier, lorsqu'on en recevait... Ils le censuraient en rayant des passages... Parfois, ils ne laissaient que la dernière ligne... "Voilà toutes les nouvelles sur la famille", disaient-ils... C'était un vrai supplice. Mais le pire, si tant est qu'on puisse établir une hiérarchie dans l'horreur... C'est cette partie du témoignage livré par Mourad. "Les Américains nous faisaient prendre beaucoup de médicaments... Des petites pilules, qui donnaient des maux de tête et des vomissements... On pensait qu'ils faisaient des expériences sur nous, car après, les infirmiers nous posaient des questions sur les effets. Une fois, ils nous ont fait une piqûre, et ça nous a fait au bras comme un renflement, qu'ils sont venus mesurer avec une règle". C'est donc à lire dans "Libération"... Un témoignage invérifiable, bien sûr, mais qui recoupe ceux d'autres prisonniers de Guantanamo... Ce à quoi, encore et toujours, le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, répond qu'il n'y a pas de tortures... Qu'il n'y a pas d'abus. Quand "Le Figaro" nous dit que "la France prépare sa défense"... Que "L'Huma" ajoute : "La France en alerte"... Et que "France Soir" nous parle de "la grande peur qui vient"... Avec, écrite en gros caractères, cette phrase : "Cette fois, on peut être inquiet"... Eh bien, on se dit qu'en matière de grippe aviaire, toutes les plumes sont dangereuses... Même celles des journalistes. "Oui, la crise actuelle réunit tous les ingrédients d'une éruption médiatique risquée", écrit Jean-Pierre Bel dans "La Nouvelle République du Centre-Ouest"... "Les autorités en font tellement pour nous rassurer sur leurs capacités à prévenir, puis à gérer la crise, qu'elles vont finir par nous inquiéter", reprend Jacques Guyon dans "La Charente Libre"... "Alors sans doute n'y a-t-il pas d'autre choix que de laisser passer l'orage sous la plus rigoureuse des veilles sanitaires, pour éviter toute contamination humaine... Peut-être à partir de volatiles malades, mais pas par le poulet rôti", tient à préciser Jean-Claude Kiefer dans "Les Dernières Nouvelles d'Alsace". Moralité : peut-être faut-il parler non pas d'information, mais de formation, d'instruction... "Il s'agit aujourd'hui d'apprendre aux Français à vivre avec ce risque", conclut Guillaume Goubert dans le journal "La Croix" qui, dans la pédagogie plutôt que dans l'alarmisme, publie effectivement trois pages entières de conseils et de constats, aussi distanciés que possible, sous le titre "Comment la France s'est préparée". C'est aussi "L'Humanité" qui, de la même façon, tient à garder la tête froide, et pose les questions essentielles : "Qu'appelle-t-on la grippe aviaire ?... Comment le virus se propage-t-il ?... Comment se transmet-il ?"... Ou alors : "Que faire si l'on trouve un oiseau mort ?"... Avec cette réponse très simple, dictée par le bon sens : "On ne le manipule pas, on prévient les autorités"... Ou enfin : "Peut-on manger de la volaille ?"... Réponse : "Sans aucun doute, car le virus est détruit lors de la cuisson... Il n'y a que l'abattage et le plumage qui comportent des risques... Pas la dégustation". Et puis bien sûr, il y a la dimension économique de cette affaire... Et c'est là que le vrai problème existe... "La Tribune", par exemple, explique à quel point la filière avicole redoute une chute importante de la consommation de volaille... Même inquiétude pour "Les Echos"... Le journal rappelant au passage que la consommation a déjà chuté de 15% en France. Le temps est-il si mauvais ?... A-t-elle bien du courage ?... Toujours est-il qu'ils sont tous derrière, et elle devant. C'est un peu ça, le PS, actuellement... Presque un copié-collé de la chanson de Brassens... Le héros de l'histoire étant, en l'occurrence, Ségolène Royal... Toujours et encore la candidate du désir... Dans le sondage CSA que publie "Le Parisien" aujourd'hui, 42% des personnes interrogées souhaitent la voir désignée par le PS pour porter ses couleurs en 2007... Loin, très très loin devant Lionel Jospin (19)... Dominique Strauss-Kahn (15)... Jack Lang (14)... Laurent Fabius (10)... et vous François Hollande (9).. Oui... Tous derrière, et elle devant... "C'est bien", écrivent Nathalie Segaunes et Dominique de Montvallon... Enfin, ça pourrait être bien... A 14 mois de la Présidentielle, le PS aurait toutes les raisons de se réjouir dans la personne de Ségolène Royal... Parce qu'il dispose maintenant d'une candidate hors norme et populaire, qui intéresse les Français, marque des points de sondage en sondage, et paraît même en mesure d'offrir à la gauche, en 2007, une revanche sur l'humiliation de 2002... "Or, au PS, les mines s'allongent", constatent ma consoeur et mon confrère du "Parisien"... Parce que, du côté du parti, ça patine... Ca, c'est l'autre versant du sondage : 54% des Français jugent le PS mauvais opposant. Alors, où est le problème ?... Où est le vice caché ?... Parce que, tout de même, le PS reste le premier parti de l'opposition, avec plus de candidats crédibles que dans n'importe quel parti... "Mais oui, mais celui-là ne porte pas de projet", estime l'ancien ministre Max Gallo... "Il est seulement capable de dire : 'Nous sommes meilleurs que ceux qui sont au pouvoir... Ce sont des amateurs". Alors, où est la solution ?... Eh bien, en termes d'image, il est clair qu'elle peut tout à fait passer par Ségolène Royal, estime Max Gallo... Car, pour la première fois, une femme accèderait à la Présidence de la République, ce qui constituerait un renouvellement total. Et puis, il y a tous ces commentaires, générés par la situation du PS... Celui-ci notamment, François Hollande... Signé Michel Noblecourt, dans "Le Midi Libre", qui écrit... "En queue de peloton parmi les présidentiables socialistes, le Premier secrétaire doit se préparer à changer progressivement de posture... Autrement dit, de passer du rôle de chevalier servant de sa compagne à celui de chevalier blanc de l'opposition... Une motion de censure ne suffira sans doute pas"... Je ne sais pas si ça vous inspire quelque chose... On aime ou on n'aime pas... Mais au moins, on n'a jamais de mauvaise surprise... Tous les ans, "Le Figaro" publie son box-office des acteurs français les mieux rémunérés... Et cette année, le trio de tête est composé de Gérard Depardieu, qui a gagné 3 millions 200.000 euros de revenus en 2005... "C'est beaucoup pour un nom qui ne séduit plus le public", note au passage "Le Figaro"... Deuxième : Jean Reno (2 millions 3)... Un seul film par an... Il est donc l'acteur le mieux payé, finalement... Troisième : Christian Clavier (1 million 9)... La première femme n'est que 9ème : c'est Josiane Balasko (1 million)... Assez loin, finalement, devant Vanessa Paradis par exemple, qui n'a gagné que 500.000 euros... Presque une misère... Ce qui explique peut-être ses caprices de star... "Le Figaro" nous apprend, par exemple, qu'elle a exigé des producteurs du film "Mon ange" qu'ils lui paient 9 chambres sous surveillance vidéo à l'hôtel Plaza de Bruxelles... Pour son garde du corps et celui de ses enfants... Elle a demandé aussi une voiture monospace à vitres fumées, et une camionnette de 12 mètres cube pour ses bagages. Enfin, pour son film "Caché"... Le bien-nommé... Juliette Binoche, elle, prenait 200 euros par jour d'argent de poche... Pour un film qui a fait un flop, avec 164.000 entrées, c'est cher payé, proteste "Le Figaro". On va finir avec une histoire tout à fait formidable... Ca se passe à Prague... C'est "Libération" qui nous la raconte... Prague, c'est formidable, parce que c'est très beau, pas très cher... Pour les restaurants notamment... Et puis, vu sa position centrale, c'est idéal pour un week-end... Une à deux heures d'avion... Tranquille, facile. A ceci près que les taxis de la ville sont devenus des champions de l'arnaque... Alors le maire de Prague a donné de sa personne... Il a cessé de se raser pendant trois jours, il a mis des lunettes noires... Il s'est fait passer pour un touriste, et a réussi à épingler quelques chauffeurs. L'an dernier, par exemple, grimé en touriste italien... Un touriste italien, ça se reconnaît... Il a dû payer 7 fois le prix de la course. Autant vous dire que le chauffeur a dû passer un mauvais quart d'heure... A l'heure où nous parlons, il ne doit plus faire le taxi. Quant au maire, dont il faut citer le nom : Pavel Bem... Sa couverture de rock-star, un jour, a été si réussie qu'un des chauffeurs lui a donné ses meilleures adresses de discothèques, de fournisseurs de marijuana, et d'excellents tarifs de prostituées. Cette fois, sans supplément. C'est bien, Prague... C'est beau, c'est fun... Le maire peut être fier de sa ville, et la ville fière de son maire. Bonne journée... A demain...

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