Bonjour... C'est sans doute ce qu'il est convenu d'appeler "un piédestal". ...Allez donc voir, page 3 du quotidien LE MONDE, cette photo de Mahmoud Saleh, de l'Agence France Presse. Elle a été prise à Tikrit, ville natale de Saddam Hussein. Elle représente une sculpture, une oeuvre dédiée à l'incroyable geste de Mountazer Al-Zaïdi, l'homme qui restera dans l'Histoire pour avoir jeté sa chaussure en direction de George Walker Bush. Il risque, pour ça, jusqu'à 15 ans de prison. Alors, la sculpture de Tikrit en photo dans LE MONDE, que nous montre-t-elle ?... ...Un pied géant. Ou plutôt, un énorme soulier, un pied gauche, taille Gulliver ou Gargantua, une godasse dédiée à l'acte fou de Mountazer Al-Zaïdi, un acte destiné à rappeler à l'ex-Président des Etats-Unis et au monde entier que depuis l'invasion américaine de l'Irak en 2003, des centaines de milliers de personnes, le plus souvent des civils, avaient péri plus sûrement qu'autrefois, dans les geôles tenues par les sbires de feu le dictateur irakien. LE MONDE fait état de 100.000 à 500.000 morts en six ans. Depuis le 14 décembre, le journal nous le rappelle, Mountazer Al-Zaïdi a fait "des émules dans le monde entier", en Cisjordanie, en Turquie, en Ukraine, au Royaume-Uni... et jusqu'à Paris, Paris où les chercheurs français en colère ont balancé des centaines de chaussures, la semaine dernière, sur le ministère de l'Enseignement supérieur, en criant : "On n'est pas des godillots !". Si Valérie Pécresse renonce un jour à sa réforme, on pourra dire : "Le texte a été enterré en grande pompe". Le soulier comme "arme de protestation massive", venant d'Irak, il fallait y penser. Pour défendre son client, l'avocat de Mountazer Al-Zaïdi interpelle les juges d'une question : "Depuis quand une chaussure peut-elle tuer ?"... Le pacifique Mahatma Gandhi, dont les sandales seront mises aux enchères à New York le 5 mars prochain, aurait certainement donné la meilleure des réponses. En fait, tout dépend certainement du poids de l'objet... Le nu-pied que l'on porte négligemment sous les tropiques n'a pas l'impact, en pleine figure, d'un brodequin scandinave. Où voulez-vous en venir, Alain ? Sans vouloir choquer qui que ce soit, je veux juste dire qu'il y a, chaque jour, des coups de pied au cul qui se perdent. Lancer sa chaussure en direction de quelqu'un sans l'atteindre est un acte symbolique fort... Il fait "office de", quand on ne peut pas atteindre directement le derrière de son adversaire. Prenez les fraudeurs, par exemple, ceux qui amassent illégalement des sommes considérables pendant que d'autres crèvent de faim sans enfreindre la loi. On leur balancerait bien sa tongue sur le nez. ...C'est un peu ce qui semble se passer chez les Helvètes, avec cette histoire de "levée du secret bancaire" que LE FIGARO et LA TRIBUNE évoquent en page Une, mesure dont vous parlait il y a quelques minutes, sur cette antenne, Bernard Guetta. La banque zurichoise UBS s'engage à révéler à la justice américaine, qui le lui demande, l'identité de 52.000 titulaires de comptes soupçonnés de fraude fiscale. Sous la rubrique "Editoriaux & Opinions" de LA TRIBUNE, Henri Schwamm, professeur honoraire d'économie à l'université de Genève, livre justement son point de vue sur "la fraude, véritable cancer de l'économie de marché". A lire, donc, dans LA TRIBUNE. Les petits malins qui se sont autorisés, en France, à ouvrir plusieurs Livrets A depuis le début du mois de janvier dans d'autres établissements bancaires que la Caisse d'Epargne et La Poste ont intérêt à se méfier... Ils tombent (mais oui !) sous le coup d'une "infraction fiscale" : on a droit, en effet, à l'ouverture d'un seul Livret par personne. ...Le titre barre la première page du quotidien économique LES ECHOS : "Cinq millions de Livrets A ouverts depuis le 1er janvier" : 14 milliards d'euros ont ainsi été collectés en un mois et demi. Les Français épargnent et l'Etat dépense... "Nicolas Sarkozy sort le carnet de chèques" : c'est en première page de L'UNION, après la réception, hier, à l'Elysée, des élus d'Outre-mer. 580 millions d'euros liés à une condition : le "retour au calme" en Guadeloupe, vous le lirez en Une du FIGARO et de LA PROVENCE notamment. En résumé, pour L'EST REPUBLICAIN, cela donne : "Outre-mer : du cash et du dialogue". La plupart de vos éditorialistes reviennent, ce matin, sur ce sujet brûlant. Je me garderai de vous citer les extraits de leurs contributions, de leurs commentaires... Cela me prendrait trop de temps. Sous la forme d'un "cadavre exquis" (exercice cher aux surréalistes), je m'en tiendrai aux titres des éditoriaux, leur addition -vous allez le constater- a du sens... ...OUEST-FRANCE titre : "Enfin !", LE TELEGRAMME : "Le pompier de l'Elysée". L'édito de LA CHARENTE LIBRE est intitulé : "Sarkozy monte au front", celui du MIDI LIBRE : "Urgence"... LE JOURNAL DE LA HAUTE-MARNE choisit : "Sur un volcan", L'ALSACE : "Des mines partout"... Quant à l'éditorialiste des DERNIERES NOUVELLES D'ALSACE, il opte, en titre, pour cette question : "Un mois de troubles, pourquoi ?". Je reprends le "cadavre exquis" dans son intégralité : "Enfin !", "Le pompier de l'Elysée", "Sarkozy monte au front"... "Urgence", "Sur un volcan", "Des mines partout"... "Un mois de troubles, pourquoi ?". ..."Un mois de troubles, pourquoi ?"... A propos de Nicolas Sarkozy, Michel Urvoy écrit dans OUEST-FRANCE : "Il a entretenu un silence, inhabituel chez lui, pris au mieux pour du désintérêt, au pire pour du mépris". Pour LIBERATION, ça donne (pleine page Une) : "19 février 2009 : Sarkozy découvre l'Outre-mer". Bientôt, il redécouvrira le Salon de l'Agriculture, dont les portes s'ouvriront demain à Paris. Vos journaux sont pleins de bêtes "à cornes" et à concours. Sous le titre "1300 kilos de muscles montent à Paris", LE MAINE LIBRE vous donne à voir "Vautour", 4 ans et demi, un taureau de race limousine domicilié à Douillet-le-Joly, un village de la Sarthe au nom si bucolique. Tout près de là, dans le Maine-et-Loire, le chef de l'Etat a tenté de rassurer un monde agricole que la réforme de la politique agricole commune inquiète au plus haut point. Ce samedi, Nicolas Sarkozy arpentera donc les allées du Salon, Porte de Versailles, de 9h30 à 11 heures. Plusieurs journaux ont tenté de retrouver le visiteur anonyme qui s'était permis de lancer au Président de la République l'an dernier : "Touche moi pas, tu me salis". Vous connaissez la réplique du chef de l'Etat : "Casse-toi, pauv' biiip !". L'anonyme court toujours. LE PARISIEN-AUJOURD'HUI EN FRANCE publie un sondage réalisé après l'intervention télévisée de Nicolas Sarkozy, avant-hier soir... C'est un sondage CSA. Il a été réalisé par téléphone hier auprès de 820 personnes en âge de voter. Rappelez-vous : avant-hier soir, devant les caméras de télévision, le chef de l'Etat a beaucoup insisté sur le mot "justice". Eh bien, selon les résultats du sondage que publie LE PARISIEN, 54% des Français ont trouvé que les mesures fiscales et sociales annoncées par Nicolas Sarkozy étaient "plutôt pas justes" ou "pas du tout justes". 6 personnes interrogées sur 10 les ont jugées "plutôt pas efficaces" ou "pas du tout efficaces". "Toucher les intelligences et les coeurs en 12 minutes" : ce sont les premiers mots de l'article (toujours dans LE PARISIEN-AUJOURD'HUI EN FRANCE) que Philippe Baverel consacre à une autre enquête, réalisée cette fois par l'hebdomadaire PELERIN auprès de ses lecteurs. Le sujet de cette consultation : le sermon. Le magazine chrétien a demandé à ceux qui le lisaient comment ils percevaient le sermon du curé, quand il monte en chaire... 68% des sondés ont répondu : "Intéressant". En revanche, 45% d'entre eux (moins d'un paroissien sur deux) ont avoué avoir oublié le message du prêtre, son homélie, à la sortie de la messe. Drôles de paroissiens ! Pour rester dans la presse chrétienne, je vous invite à consulter la couverture de TEMOIGNAGE CHRETIEN, avec ce gros titre blanc et rouge sur fond noir : "Témoignage Chrétien va-t-il mourir ?". Le PDG de cet hebdomadaire ne lui donne plus que "quelques mois d'espérance de vie". Il en appelle au soutien de ses lecteurs. A France Inter, Stéphane Guillon sait que le soutien de ses auditeurs lui est largement acquis. Notre humoriste de 7h55 (rôle qu'il partage avec Didier Porte) fait l'objet d'un grand papier, en page 6 de LIBERATION, sous le titre (accrochez-vous bien) : "Stéphane Guillon, le tombeur de DSK". Si vous étiez à l'écoute de notre matinale mardi, vous avez entendu Stéphane Guillon étriller gaillardement Dominique Strauss-Kahn (invité ce matin-là à 8h20, le directeur général du FMI ne s'est pas privé de réagir). Reprise sur Internet, grâce à notre caméra du studio, l'affaire a fait chauffer la Toile : record de connexions. En parcourant cet article, vous apprendrez que Stéphane Guillon se dit "laborieux". Chaque chronique lui coûte environ 8 heures de travail quotidien. C'est le prix qu'il lui faut payer pour avoir le privilège de lire un vendredi matin dans LIBE : "Guillon entre dans la cour des craints". Nos invités le craignent, soit ; pourvu seulement qu'il ne les fasse pas fuir. Je vous souhaite une bonne journée, un excellent week-end à tous...

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