Les journaux rameutent contre l’antisémitisme les mots républicains. Charlie Hebdo propose Finkielkraut en nouvelle Marianne. StreetPress célèbre Taha Bouhafs, journaliste, sulfureux, fervent de chicha. Le Nord magnétique passe à l’Est, le Monde. Les députés luxembourgeois n’ont pas u le rapport du GIEC, Loopsider.

On parle d'un chat ce matin

Et on parle de son maitre, dont le charisme était suffisant pour que l'on s'interroge sur le sites du Monde et du Figaro sur la richesse d'une demoiselle miaulante, CHOUPETTE, dont la Provence fait le portrait, la chatte de Karl Lagerfeld et héritière putative du couturier, la loi française ne le permet pas mais ailleurs, c'est possible...

On parle du maitre de Choupette, Karl Lagerfeld et des journaux se sont mis sur leur trente-et-un pour être dignes de cet homme qui souvent dissimulait ses yeux derrière des lunettes noires pour nous épargner de son regard des éclats de bontés, "si je ne porte pas des lunettes noires, tout le monde verra que j'ai l'air ridiculement gentil avec ces yeux d'agneaux" je lis ceci dans le Figaro, « les myopes ont toujours un regard de bon chien, et je ne veux pas exposer le mien à la populace», je lis cela sur le site du Monde qui au mois d'aout dernier avait raconté en six épisodes magistraux signés Raphaelle Bacqué-allez les relire, vraiment- cet homme que chacun revendique... Sud-Ouest se souvient qu'il fut charmé par le Pays Basque, Libération se rappelle qu'il relooka le journal en 2010, le portrait est signé de Marie Ottavi, qui écrivit un livre sur Jacques de Bascher, ce météore de la jet set, qui fut l'amour de Karl Lagerfeld et un amant dévorant de Yves Saint-Laurent, qui sépara les deux hommes et qui périt du sida. En souvenir de Jacques, Lagerfeld, lis-je dans le Monde, acheta une maison à Hambourg, qu'il baptisa villa Jako... Un jour de neige le photographe Jean-Marie Périer demanda au chauffeur de se placer de dos à côté de Lagerfeld, et prit une photo où le couturier, devant une bâtisse fantomatique, semble poser à côté de l'ombre de l’ami disparu...

Il y à voir ce matin, autant qu'à lire. Regardez ce petit Karl en cravate tiré à quatre épingle dans le Hambourg de son enfance, regardez cet homme musclé, aux lèvres charnues, la peau salée du sable de Saint-Tropez et qui séduisait le pape de la contre culture Andy Warhol, regardez l'ascète qui survécut à ses amis et ses ennemis et regardait l'Hercule qu'il avait été en disant, "on dirait un tapin"... 

Dans le Figaro ce souvenir d'Ines de la Fressange qui fut sa dame de chez Chanel, et raconte émue Karl et elle allant manger un hot-dog au bord du lac à Chicago et Karl fatigué s'était endormi.  

Et je ne sais s'il eut apprécié cet abandon, Lagerfeld, il faudrait ne pas mourir, on larmoie sur vous dans les journaux...

L’Humanité se targue de ne pas avoir aimé ce dandy maniériste et le journal communiste lui reproche aussi une phrase, dont Libération également se souvient, donnés à Die Zeit en décembre 2017. « On ne peut pas tuer des millions de juifs et faire venir des millions de leurs pires ennemis après »,  disait Lagerfeld a propos des migrants musulmans que l'Allemagne accueillait... 

Est-il plus grande brutalité et plus troublante coïncidence, que ce mot revienne ce matin: Lagerfeld est mort le jour où en France, on manifestait contre l'antisémitisme, et ces manifestations partagent avec lui les unes des journaux.

Et la presse salue un sursaut contre l'antisémitisme...

C'est le mot de Une des DNA, « le sursaut », du Parisien aussi, « sursaut républicain », « la République réplique » dit Libération, « Union sacrée contre la haine », la Dépêche, « Tous français », Midi libre: les journaux vont chercher les mots de la République et dans la Croix le grand-rabbin de France Haim Korsia voudrait que l'antisémitisme devienne grande cause nationale, comme sous Jacques Chirac la mort sur les routes...

Mais les mobilisations sont moins un soulagement que le prolongement de l'inquiétude, et l'on reste avec ce sentiment d'un pays devenu incompréhensible aux hommes de bien. Dans l'express, François Sureau, s'interroge sur ce que dit de nous l'imbécile qui insulta Alain Finkielkraut. 

Charlie Hebdo qui a tous les droits par principe et pour avoir payé le prix du sang ne respecte rien à sa Une et propose que la prochaine Marianne ait le visage de Finkielkraut… Mais dans ses pages intérieures, sérieusement, le journal n'abdique rien de ses combats et raconte comment le planning familial, cette vieille association qui accompagna l'émancipation des femmes, aurait déserté le camp laïque pour être complaisante, dit Charlie, au voile islamique....

A l'exact opposé des idées de Charlie, Street press, bon journal d'enquêtes urbaines, fait un portrait amical d'un jeune homme de 21 ans, qui surjoue les codes de la Seine-Saint-Denis, intarissable sur les vertus de la chicha; mais Taha Bouhafs est journaliste, ancien candidat France insoumise aux élections, et, sur les réseaux sociaux, par des tweets souvent violents, figure pour ses ennemis l’islamo-gauchiste, anti-sioniste, fauteur de haine. Mais en même temps, il est au coeur d'une scène filmée par l'agence Premières lignes, où on le voyait chasser des partisans de Dieudonné, antisémites, d'un cortège de gilets jaunes... Il est aussi, Bouhafs, l'homme qui filma Alexandre Benalla en train de molester des manifestants le 1er mai dernier. L'actualité a de ces liens...

Et on perd le Nord...

Dans tous les sens du terme et littéralement, puisque dans le Monde, je lis que le Pôle nord magnétique, ce lieu que regardent nos boussoles, se déplace vers l'est, de quarante kilomètres chaque année, il se trouve vers la Sibérie désormais; la faute disent les scientifiques à une rivière de métal en fusion au coeur de la planète. 

La terre est un mystère, c’est ennuyeux. Sur internet, j'ai trouvé cette histoire atterrante racontée par Loopsider, un nouveau media qui met en ligne des vidéos et celle-là est terrible. Il ya  quelques jours, le parlement luxembourgeois a auditionné un militant écologiste, qui a interrogé ses élus du peuple sur le rapport du GIEC, les experts du climat…

SON 

Le silence qui a suivi était terrible et révélateur, ils ne l’avaient pas lu.

Karl Lagerfeld n'aurait pas aimé ce laisser-aller. 

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