Pleurez : vous êtes filmés. 60 milliards d'euros annuels de chiffre d'affaires... 420.000 salariés... 10.000 magasins à travers le monde... Et un nombre indéfini mais impressionnant de caméras, pour surveiller les clients, mais surtout le personnel... Bienvenue chez Carrefour ! C'est l'histoire, terrifiante, de Régis Serange... Ancien agent de sécurité, qui raconte tout dans "L'Humanité"... Oui, tout sur les missions d'espionnage que le groupe Carrefour lui commandait pour contrôler les salariés. Un vrai cauchemar. Arrivé chez Carrefour le 8 septembre 2001, dans l'hypermarché d'Ecully, en banlieue lyonnaise, son boulot consiste à détecter les fraudes de la clientèle, mais très vite, son chef lui promet un bel avenir chez Carrefour, en tant que cadre, s'il accepte d'infiltrer un hypermarché du groupe, à Reims... Infiltrer le personnel... Alors, il pose des caméras cachées et des micros un peu partout... Il joue le "copain", les employés parlent facilement... Résultat : 20 mises en examen au sein du personnel, pour détournement de marchandises... Et lettre de félicitations de la direction à l'agent de sécurité. Août 2002 : nouvelle mission, dans le magasin de l'Ile d'Abeau, en Isère... On lui demande de dégager un responsable de la sécurité externe, pour délit de sale gueule. "Avec Carrefour, je récidive"... De missions en missions, on explique au surveillant-espion qu'il s'agit bien de trouver des preuves pour virer des gens... Ceux qui coûtent trop cher, ou ceux qui sont trop proches des syndicats. "A Ecully, raconte-t-il, on m'a demandé de monter une embuscade contre une hôtesse d'accueil à temps partiel... Elle osait prendre des cafés avec des syndicalistes. Alors, on lui a fait le coup du portefeuille, soit-disant trouvé dans le magasin... Dedans, on a mis un billet de 50 euros... La fille l'a mis dans sa poche, sans savoir qu'elle était filmée... Virée ! Pendant deux ans, j'ai marché à la carotte, avoue Régis... J'ai participé à faire licencier 150 personnes. De toute façon, affirme-t-il, une grosse partie du travail des agents de sécurité, c'est la surveillance du personnel... Pas des clients. D'ailleurs, toutes les semaines, les chefs de sécurité s'envoient leur palmarès... Ensuite, un classement est organisé par le magasin, et ça peut s'accomoder de primes de 10% par mois. Caméras et micros dissimulés jusque dans les portables, des lampes, ou même les toilettes... Planques dans les cartons de la réserve... Il y a même des écoutes téléphoniques. Et puis, pour faire tomber un cadre, on rentre dans sa vie personnelle. Qui fait quoi ?... Qui couche avec qui ?... Qu'est-ce qu'il boit, et combien ?... On enquête aussi sur les comptes bancaires." Ainsi, pendant plusieurs années, Régis a joué les barbouzes pour le compte de Carrefour... Et à son tour, il a été viré. "Ce que je fais aujourd'hui, en témoignant, avoue-t-il, c'est une vengeance, bien sûr... Je ne m'en cache pas, mais ça fait surtout du bien à ma conscience. Et puis l'important, c'est que les gens que j'ai cartonnés vont pouvoir demander réparation, preuves à l'appui, parce que j'ai gardé toutes les vidéos et tous les documents écrits. Aujourd'hui, Carrefour m'appelle en me disant : 'On s'arrange, je vous file 10.000 euros par mois'... Je leur dis d'aller se faire voir." Contacté hier après-midi par "L'Humanité", le groupe Carrefour n'a pas souhaité réagir. Voilà... Pas d'éthique sur l'étiquette... Si vous voulez en savoir plus, sachez que ce soir, sur France 3, Elise Lucet consacre son magazine "Pièces à conviction" au dossier noir de la grande distribution, avec notamment le témoignage de Régis Serange. Présidentielle 2007... Combien de candidats ?... Déjà une bonne douzaine, déclarés officiellement ou officieusement... Un danger à la fois pour la droite et pour la gauche... Le danger s'appelle "dispersion"... La gauche en a été victime en 2002... Attention : le facteur sonne toujours deux fois, avertit "Libération", qui consacre son dossier principal au Congrès de la LCR, tiraillé entre la faucille et la rose... Le "non" (N-O-N) se cherche un nom (N-O-M)... Autrement dit, combien de candidats dans le sillage du référendum ?... Toute la question est de savoir si Besancenot va partir en solo ou en candidature unitaire de la gauche radicale... Va-t-il choisir la pureté révolutionnaire ou le dialogue avec le diable socialiste ?... L'enjeu est de taille, explique "Libé"... Parce que son choix aura des répercussions sur l'ensemble de la gauche française. 21 avril 2002 ou 29 mai 2005 : de ces deux épisodes, le camp du progrès est à chaque fois sorti abîmé, ébranlé, amer, écrit Jean-Michel Thénard, qui conclut... Qu'elle s'appelle Sarkozy ou Villepin, la droite rêve qu'un troisième traumatisme achève la gauche en 2007... La multiplicité des candidatures est un piège béant. Alors, en attendant, c'est le règne des sondages, qui confirment la spectaculaire percée de Ségolène Royal... En hausse de 7 points dans l'enquête IPSOS que publie "Le Point", l'éventuelle candidate Ségolène Royal est en tête... Tous derrière, et elle devant... Devant Nicolas Sarkozy, devant Dominique de Villepin, devant Bernard Kouchner, et devant Jack Lang... 57% des personnes interrogées affirment qu'il serait possible ou certain qu'elles votent pour Ségolène. Et pendant ce temps, le très improbable futur candidat Jacques Chirac exerce son métier de Président... Avec son discours d'hier sur la dissuasion nucléaire... Une sévère mise en garde aux dirigeants d'Etats qui auraient recours à des moyens terroristes contre nous... Ils s'exposeraient à une réponse ferme et adaptée... Entendez par là : une frappe nucléaire... "Changement de doctrine quasi historique", pour Bruno Dive, de "Sud Ouest"... "Une révolution", pour Michel Richard, du "Midi Libre"... "Il était temps", écrit de son côté Hervé Chabaud dans "L'Union", parce qu'on pouvait s'interroger sur la volonté politique autour des forces stratégiques, depuis le choc du 11 septembre. Effectivement, reprend Pierre Rousselin dans "Le Figaro", la force de frappe nucléaire n'a rien perdu de sa raison d'être, dans un monde où le terrorisme et la prolifération ont remplacé les anciennes menaces... C'est donc une dissuasion pour l'avenir, ajoute notre confrère... "Chirac bombe le torse", titre "Libération"... "Dérive", proteste "L'Humanité", qui se demande où sont passées les initiatives de la France et de l'Europe pour relancer le désarmement nucléaire généralisé. Joseph Limagne, bonjour... Vous, vous êtes éditorialiste à "Ouest France"... Rappelons que c'est à Brest que Jacques Chirac a prononcé son discours hier... D'un point de vue purement politique, on s'aperçoit que le Président avait commencé son premier mandat, en 95, par la relance des essais nucléaires, et qu'il termine son second par un avertissement nucléaire... Est-ce qu'en quelque sorte, la boucle est bouclée ?... * Sur le fond, est-ce que vous estimez, vous, que Jacques Chirac propose une politique de dissuasion adaptée à la nouvelle donne stratégique ?... Et puis cette précision, apportée par "Libération" : Jacques Chirac était en forme, hier à Brest... Ceux qui attendaient un homme fatigué, s'embrouillant dans son discours... A cause de la lumière aveuglante, tout le monde le sait... En ont été pour leurs frais... "Pour un mourant, il est très bien", s'est félicité le député chiraquien du Finistère, Jacques Le Guen. On va terminer par un mot d'amour... A l'adresse de tous ceux qui se demandent, à juste titre, pourquoi diable l'état amoureux... Le vrai... Vous savez, celui qui vous met sur un nuage... Pourquoi cette félicité ne dure-t-elle pas, en principe ? Eh bien, c'est l'Agence Science-Presse de Montréal qui nous apporte la réponse... On a effectivement la preuve que la biochimie est étroitement liée à l'intensité de nos sentiments. En l'occurrence, le Cupidon cellulaire s'appelle NGF... Et après expérience sur 58 volontaires, on s'est aperçu que le taux de NGF, qui est en fait une protéine, était bien plus élevé chez les amoureux transis que chez les personnes seules ou en couple depuis plus d'un an... Ca veut dire que la passion, la vraie, la grande, est vouée à s'éteindre, et qu'au mieux elle dure moins d'un an. Au-delà, le NGF marque le temps de l'amour raisonnable... Celui qui mène au mariage... Et au divorce... Si l'on considère que le mariage est la première cause de divorce. Autrement dit, "Je t'aime... Beaucoup... Passionnément... A la folie... Pas plus d'un an". Bonne journée... à lundi...

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