(Nicolas Demorand : "Et dans la presse, ce matin, beaucoup de sujets qui fâchent")... Qui veut gagner des millions ? deux millions, en l'occurence ? C'est Henri Proglio, patron d'EDF et président du conseil d'administration de Veolia. La double casquette avait déjà fait polémique. Ce matin, c'est le double salaire. "EDF : le mensonge de Christine Lagarde", titre Médiapart. Car, dans cette affaire, la ministre de l'Economie doit avaler son chapeau et assumer une promesse non tenue. Le 5 novembre, devant les sénateurs, elle avait prononcé des propos très clairs sur le cas d'Henri Proglio. Médiapart les rappelle : "Il n'est pas question de cumul de rémunérations". Patatras... LePoint.fr révélait hier que, le 17 décembre dernier, Veolia avait voté une rémunération de 450.000 €. Il y aura donc bien cumul, puisqu'elle vient s'ajouter à celle que M. Proglio doit percevoir en tant que PDG d'EDF : 1.600.000 € par an, dont 600.000 en variables. Plus de 2 millions donc... "Le jackpot du PDG d'EDF", titre Libération. Pour Nathalie Raulin, "Henri Proglio est décidément très en cours à l'Elysée, plus que Christine Lagarde". Le journal relève que Claude Guéant, le secrétaire général de l'Elysée, et le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo l'ont appuyé dans son ambition de devenir n°1 de l'électricien. Cette histoire ne fait pas beaucoup de vagues à gauche, à vrai dire. Seule Aurélie Filippetti parle "d'indemnités indécentes". Dans la presse régionale, Erwan Quéré, dans L'Alsace, pose tout de même quelques questions. "Il est tout à fait normal que le dirigeant d'EDF soit rémunéré à hauteur de ses compétences", écrit-il. "Mais un tel cumul de salaires et de traitements en tous genres est-il compatible avec la direction d'un service public ?". (ND : "Autre sujet qui fâche : les retraites... Les grandes manoeuvres commencent")... Oui, c'est le titre de Une des Echos, ce matin. Et c'est finalement Martine Aubry qui a lancé le débat avec sa sortie, dimanche dernier, sur l'âge légal de la retraite, aujourd'hui 60 ans. "On doit aller très certainement, on va aller très certainement vers 61 ou 62 ans". Voilà une réforme des années Mitterrand remise en cause. Que disent les socialistes de la sortie de leur patronne ? Interprétations différentes dans Le Figaro et Libération... Pour Le Figaro, en dehors du porte-parole Benoît Hamon, Martine Aubry s'est plutôt attirée un concert de louanges. Le problème, c'est que les socialistes n'ont pas officiellement tranché sur le sujet. Pour Libération, "Aubry sonne la retraite", et elle est loin de faire l'unanimité dans son parti. Sur le site de Marianne, interview de Marie-Noëlle Lienemann, pour qui "la retraite à 62 ans est une idée de technocrates. Ca suffit de ces cadres politiques dont la gestion nous a amenés dans le mur en nous coupant du peuple". Dans L'Humanité, Jean-Paul Pierot sonne déjà le rassemblement de tous ceux qui refusent de remonter le temps. Mais Les Echos relèvent un autre propos, peut-être encore plus polémique : c'est celui de François Chérèque, le patron de la CFDT, qui veut réfléchir aux conditions d'unification des régimes du privé et des fonctionnaires. Traduction dans Les Echos : c'est la question du mode de calcul des pensions, plus avantageux dans la fonction publique que dans le privé (calcul sur les six derniers mois de salaire pour les fonctionnaires, contre les vingt-cinq meilleures années dans le privé). Il n'est pas logique, dit-on à la CFDT, que des infirmiers dans le privé et le public ne soient pas traités de la même manière. Les autres syndicats sont déjà vent debout contre cette idée. Allez, un dernier sujet de controverse pour la route : l'absentéisme des profs. C'est le dossier de Une du Parisien-Aujourd'hui, ce matin. La situation s'aggrave partout, selon le quotidien, et cela agace tout le monde : les parents d'élèves, le gouvernement, mais aussi les enseignants eux-mêmes. Pour les syndicats d'enseignants, les absences non remplacées sont dues aux restrictions budgétaires. Pour le gouvernement, c'est une question de gestion des remplaçants qu'il faut améliorer. (ND : "Huit jours après le séisme en Haïti, les Américains débarquent")... "L'énorme armada des GIs", titre France-Soir. Le Wall Street Journal montre l'hélico de la 82ème division aéroportée en train de se poser devant les ruines du palais présidentiel, sous les yeux de la foule amassée contre les grilles. Et quand les Américains débarquent, ce sont aussi les journalistes de CNN qui arrivent en sauveurs... (extrait vidéo CNN) Sur cette vidéo diffusée par Rue89, on voit l'une des stars de la télé américaine : Chris Anderson, T-shirt moulant et muscles saillants, en train de sauver un enfant agressé par des pillards. Le petit a la tête en sang : il vient de recevoir un bloc de béton. Il marche comme un somnambule. Caméra dans une main, Chris Anderson soutient l'enfant de l'autre main. Il l'aide à se cacher derrière un baraquement de fortune : "J'ai eu peur qu'il se fasse tuer", dit-il. Rue89 montre une autre vedette de CNN : le journaliste médical en train de soigner un bébé devant les caméras, sur un porte-avions américain. Le site reprend les propos d'un blogueur perplexe devant ces grands reporters super-héros. Cela dit, si vous avez regardé le "20 Heures" de France2 avant-hier, vous avez pu voir l'envoyée spéciale Maryse Burgot sauver un enfant elle aussi. Ses parents adoptifs étaient devant la télévision, en France. Ouest-France les a retrouvés. Dans des drames comme celui d'Haïti, la frontière entre l'information et l'émotion est toujours très poreuse. Le quotidien canadien Le Devoir se résout à accepter que les médias se ruent en troupeaux à Port-au-Prince : le silence médiatique serait pire. Donc les Américains débarquent en Haïti... Pourquoi ? Réponse de Barack Obama soi-même, dans Le Monde, qui reproduit une tribune du Président publiée par Newsweek. Il s'adresse directement aux Américains, à la fois lyrique et cynique. Lyrique d'abord... "Nous agissons pour une raison toute simple : dans les moments tragiques, les Etats-Unis d'Amérique se mobilisent. C'est ainsi que nous sommes". Plus pragmatique ensuite... "Quand nous montrons notre compassion, le monde nous considère avec un mélange de respect et d'admiration. Cela renforce notre leadership". Et plus loin, il conclut : "C'est pourquoi les Etats-Unis d'Amérique prendront la tête de cette entreprise humanitaire mondiale : cela fait partie de notre histoire". Obama qui est depuis un an à la Maison Blanche. Dans la presse, ce matin, vous trouverez beaucoup de bilans. Comme nous en parlons largement sur France Inter, je ne détaille pas. (ND : "Quoi d'autre dans les journaux, ce matin ?") Y a-t-il un juste milieu entre la langue de bois et les insultes ? Augustin Legrand, porte-parole des Enfants de Don Quichotte et candidat d'Europe Ecologie aux Régionales, n'y va pas de langue morte ce matin dans Siné Hebdo. Interview sur le droit au logement opposable. "100.000 demandeurs et 10.000 relogés, c'est ridicule", dit-il. "On est seuls au monde. C'est les politiques qui ont les clés en main, mais c'est des branleurs. Chez Europe Ecologie, ils sont pragmatiques". Et un peu plus loin, le Président de la République se fait traiter de "con". Double tarif pour les obèses dans les avions Air France-KLM... indiscrétion du Parisien. Ils paieront 75% du prix d'un second siège, et seront remboursés sur les vols qui ne sont pas complets. Et puis difficile de ne pas le savoir : "Gainsbourg (vie héroïque)", de Joann Sfar, sort aujourd'hui au cinéma. Il y a eu un tel déluge de promotions qu'on avait envie de voir ce que disent les critiques qui ont vu le film. Et leur jugement, c'est entre "bien" et "très bien". Les Inrock parlent de "réussite totale". Ils ont également aimé la bande originale, dont on trouve deux extraits sur le CD distribué cette semaine avec l'hebdomadaire. Sur le CD également, le groupe qui fait la couverture des Inrock cette semaine : les Américains de Vampire Weekend... Leur nouvel album lance en fanfare l'année rock, et marque le début "d'une nouvelle ère musicale", rien que ça. Pour vous faire une petite idée, extrait... (Extrait de "Horchata") ...Vampire Weekend, "Horchata", extrait de l'album "Contra", qui marque donc "une nouvelle ère musicale", dixit Les Inrockuptibles cette semaine... Bonne journée...

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