Dans la presse ce matin, les dessous de l'actualité

Que valent les images de candidats défilant dans les usines pour défendre le made in France face à celles des ouvrières Lejaby ?

"’Produire en France’ : pour les ouvrières de l'usine textile d'Yssingeaux, ce slogan a tout de la publicité politique mensongère" écrit Hervé Favre dans La Voix du Nord .

C'est le jour du sommet social mercredi, que la fermeture de l'usine a été annoncée. La presse en parle toujours car à l'heure du made in France, c'est un nouveau « Cocoricouac », comme le titre Libération .

"Lejaby au 36ème dessous". Dans Le Monde , témoignages de ces ouvrières qui ont parfois passé toute leur vie à fabriquer de la lingerie.

Bernadette était à 4 ans de la retraite : "Ce qui nous arrive est injuste et méprisant".

Dans L'Humanité , le responsable CGT textile en vient quasiment à faire l'apologie du capitalisme de papa : "A l'époque de Maurice Bugnon, PDG de Lejaby jusqu'en 95, le taux de profit était de 2 à 3% par an et cela suffisait à construire une industrie. Maintenant, il faut 15% de profit et on perd de plus en plus d'activité. (...) Toujours plus de profit au détriment de l'emploi. Sur un soutien gorge qui se vend 80 Euros dans le commerce, seulement 2 Euros servent à rémunérer le travail. Ils vont économiser quoi en délocalisant ? Quarante ou cinquante centimes ? C'est ridicule !"

La fabrication se fera désormais en Tunisie. Une délocalisation de plus...

Délocalisations, quel poids sur l'emploi ? La question est dans Libération .. .

Sont-elles coupables des 2 millions d'emplois industriels perdus en 30 ans ? Les économistes sont divisés. Certains parlent de 10 à 15% d'emplois perdus à cause des délocalisations, d'autres 50%.

Quelques points de consensus. Le phénomène a tendance à s'accélérer et gagne les services, la recherche et le développement. Il est dû au coût du travail, aux exigences de rentabilité des entreprises, à la concurrence. L'industrie française n'a pas assez innové, pas assez sorti de produits hauts de gamme.

"Une usine ferme, que peut faire l'Etat ?" L'Etat ou les collectivités locales. La question est dans le dernier numéro de L'Usine nouvelle qui porte la parole des industriels.

Le journal évoque 4 moyens d'action :

  • l'autorité. Il existe à Bercy un comité dont le travail est de mettre la pression sur les créanciers pour qu'ils acceptent des compromis.

  • La deuxième arme est financière. Diminuer ou étaler une dette, fournir une aide, en jouant avec les règles européennes qui interdisent les aides directes aux entreprises en difficulté.

  • Troisième arme : la commande publique pour soutenir une entreprise. Mais là aussi avec l'évolution des règles, c'est devenu plus difficile.

  • Enfin selon le magazine, différents outils mis en place depuis la crise se sont révélés efficaces, notamment la médiation du crédit et la médiation inter entreprise.

Dans Midi Libre , le PDG de Canat, candidat à la reprise de Lejaby écarté par le tribunal de commerce, est amer : "Citez moi un seul fonds public capable de soutenir la reprise d'une société de production en France ? Pour être aidé, il faut soit construire des voitures, soit être dans le nucléaire".

Et que proposent les candidats pour le made in France ?

Libération détaille les propositions de 5 d'entre eux, du FN au Front de gauche :

  • Marine Le Pen : protectionnisme national et abandon de l'Euro, ce qui favoriserait la compétitivité selon le FN

  • Nicolas Sarkozy : au delà des mesures du sommet social (chômage partiel, formation et aides aux très petites entreprises) : alléger le coût du travail - c’est la TVA sociale

  • François Bayrou : un label sur les biens d'origine française et la mise en réseau des acteurs économiques

  • François Hollande : des pôles de compétitivité, fiscalité pour l'investissement, banque publique, principe du juste échange

  • Jean-Luc Mélenchon : pole public de l'industrie à l'échelle territoriale, exiger des entreprises qui délocalisent qu’elles remboursent les aides publiques reçues, visas environnementaux et sociaux aux frontières de l'Europe

Les dessous de l'actualité, c'est aussi le livre "L'Espion du président" qui suscite toujours des commentaires"

A en croire ses auteurs, la Direction centrale du renseignement intérieur serait devenue une police politique au service de l'Elysée. Dans La Dépêche du midi , l'ancien patron de la DST Yves Bonnet corrobore largement ce propos. L'Espion du président, selon ce livre, c'est Bernard Squarcini, le patron de la DCRI. Quand La Dépêche demande à Yves Bonnet son sentiment sur l'affaire Squarcini, voici ce qu'il répond :

"La DCRI devrait se débarrasser de tout ce côté "police politique" qui n'a plus rien à faire dans notre système de sécurité et a fortiori dans des institutions véritablement démocratiques. A ce niveau là, M. Squarcini ne peut pas avoir agi de son propre chef sans ordre"

Le livre évoque notamment l'espionnage de Mediapart . Le site d'information affirme qu'il va saisir la justice.

Claude Guéant est parmi les personnalités mises en cause dans ce livre. Autre polémique, autour du ministère de l'Intérieur, la circulaire sur les étudiants étrangers. Elle a été adoucie, mais une drôle d'histoire fait la Une du Courrier de l'Ouest à Angers et de Presse Océan à Nantes.

En septembre 2011, l'orchestre national des Pays de la Loire engage une violoniste coréenne qui vient de remporter un concours. C'est une virtuose de 26 ans qui avait jusque là un titre de séjour en qualité d'étudiante. L'orchestre décide de la garder et son président (qui est aussi vice président socialiste de la région) affirme avoir reçu un coup de fil du préfet du Maine et Loire. "Pourquoi avez-vous choisi une coréenne plutôt qu'une française ?". Le président de l'orchestre parle de zèle pour appliquer une politique d'immigration plus sévère. Le préfet dément et parle d'instrumentalisation politique.

Quoi d'autre dans la presse ?

Marine le Pen obtiendra-t-elle les 500 signatures ? Elle en serait à 300 promesses selon Mediapart et Rue89 qui publient les témoignages de maires de petites communes qui avaient signé pour son père en 2002 et 2007 et qui ont subi mille misères et avanies ensuite. Ils ne veulent plus signer, sauf si l'engagement devient anonyme.

Les dessous du football : dans Le Parisien-Aujourd’hui en France et L'Equipe , interviews d'Antoine Kombouaré qui revient sur son éviction du PSG. L'ancien entraineur reconnait qu'il a « les boules » mais qu'il accepte la décision parce que c'est un très grand coach qui la remplacé, Ancelotti. Il se savait en permanence sur un siège éjectable, quelles que soient les performances de son équipe. Il se réjouit des bons résultats du club depuis son départ"

Détails sur l'un des faits divers les plus saisissants de la semaine dans Le Parisien-Aujourd'hui en France. Comment deux jumeaux de 60 ans aux vies totalement parallèles ont essayé de tuer le 3ème frère de la famille. Ils avaient un arsenal à la maison.

Et une bonne nouvelle tout de même, qui a pris tout le monde de contrepied hier : la France a emprunté sur les marchés à des taux inférieurs à ceux qu'elle payait avant la perte du triple A. « Les marchés balayent la perte du triple A » titrent les Echos.

Et ce serait peut être encore mieux si nous avions une princesse. A en croire l'hebdomadaire Grazia , si les Anglais ont conservé leur triple A c'est grâce à Kate.

Grazia n'étant pas connu pour ses compétences en macro-économie on prendra ça comme une image, mais tout de même, à en croire le magazine, Kate aurait boosté l'économie british ces derniers mois. Pour ressembler à leur futur Reine, les Anglaises auraient dépensé chacune 300 Euros en moyenne. Boom sur les sèche- cheveux, les collants couleur chair, les colorations et même les saphirs.

Patrick Cohen vous qui est une journaliste de service public, vous savez ce qu'il vous reste à faire pour sauver l'économie française…

Bon week-end !

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