On commence par le Front national, un parti en pleine réflexion sur sa stratégie de 2017 :

Avec un nouveau slogan et surtout peut-être une nouvelle ligne..« La France apaisée » promet Marine le Pen sur ses nouvelles affiches. Apaisée ? Virage sémantique radical. Explication de Florian Philippot dansLibération : « nous sommes sous-performants chez les personnes âgées, reconnaît-il, elles redoutent, si nous gagnons, une société conflictuelle, voire la guerre civile, il faut inverser l’accusation ». Apaisement donc en direction des séniors pour jouer le second tour de la présidentielle

La ligne économique maintenant. Interview détonante de Louis Alliot dans le Figaro . À la question, « la sortie de l’euro, jusque-là posée comme un préalable au projet politique de Marine le Pen, pose-t-elle problème ? Réponse du vice-président du FN : si on parle de sortie brutale et non négociée, Oui ». OUI ? C’est la première fois qu’un cadre si haut placé du parti conteste aussi ouvertement la ligne de Marine le Pen, ardemment défendue par Florian Philippot …Une ligne qui sera d’ailleurs débattue pour la première fois également, lors d’un séminaire du parti début février. Il faut dire que les régionales et le plafond de verre auquel se heurte toujours le Fn pour concrétiser ses gros scores, sont passés par là ; plusieurs cadres et élus expliquent que la proposition de sortir de l’euro « fait peur aux chefs d’entreprises, petits commerçants et artisans ». C’est ce verrou là que les pro-entreprises espèrent faire sauter en donnant de la voix. Aggiornamento en vue donc pour Marine Le Pen, qui avait fait de cette sortie de l’euro un préalable, « véritable révolution copernicienne » pour elle, note Guillaume Tabard. Et peut-être un dommage collatéral à prévoir, Florian Philippot jusque-là inspirateur unique de cette ligne économique

A gauche, c’est l’affrontement sur la question de la laïcité que retient la presse ce matin :

« La gauche se déchire sur la laïcité » affirme le Figaro , « Valls jette de l’huile sur la laïcité » pour Libération . En cause, les propos de Manuel Valls devant les amis du CRIF lundi soir, le premier ministre qui a violemment pris à partie le président de l’Observatoire de la laïcité , Jean-Louis Bianco, notamment pour une tribune publiée au lendemain des attentats du 13 novembre, « Nous sommes unis, unis contre le terrorisme », tribune co-signée par plusieurs entités musulmanes dont des personnalités proches des Frères musulmans et du très controversé Collectif contre l’islamophobie en France. Valls fustigeant ceux qui dénaturent la laïcité.

Réponse de Jean-Louis Bianco sur le site du Monde : « ceux qui dénaturent la laïcité, ce sont ceux précisément qui en font un outil antireligieux, antimusulman » ; Bianco qui continue de croire que la signature apposée par des gens proches des frères musulmans est une « chance extraordinaire pour la république, c’est formidable, qu’on ait pu le faire à ce moment-là, il n’y a pas à trier entre bons et méchants » affirme-t-il, avec ce drôle d’aveu tout de même « on n’aurait pas pu signer un tel texte après les attentats de janvier ». À ses côtés, on peut sans doute ranger Jean Baubérot, sociologue de la laïcité, qui dans le magazine Le Un , fustige à son tour ceux qu’il appelle les « laïcs intransigeants » qui s’avèrent contre-productifs, et risquent de transformer la guerre contre Daech en guerre civile.

Opposition qui tourne à l’affrontement on le voit…Certains trouveront peut-être l’apaisement dans les propos tenus ce matin par Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur et des cultes dansLa Croix , nouvelle formule du journal d’ailleurs, c’est à signaler. « La laïcité n’a pas à se durcir, mais à s’affirmer » dit-il « il faut l’appliquer, sagement, vouloir lancer une déclaration de guerre aux religions serait une erreur funeste ». Le ministre qui affirme être sur la même longueur d’onde que le Premier ministre, « ceux qui éloignent l’islam de la république doivent être combattus », mais il semble choisir d’autres mots pour exprimer son intransigeance. « Sagesse, tranquillité, respect, écoute». « Je veux parler à tous les Français, à ceux qui sont dans la passion de la République, et à ceux qui, même s’ils ont connu des moments d’égarement, peuvent être ramenés à elle »… Bernard Cazeneuve ce matin, ou l’art de dire les choses, tranquillement…

Les agressions de masse contre des femmes à Cologne, le 31 décembre dernier, continuent de susciter récits mais aussi polémiques dans la presse :

À lire, glaçants, les témoignages recueillis par Annick Cojean dans Le Monde , de ces femmes qui ont subi La nuit des chasseurs , c’est le titre de l’article, ces quelques heures où elles ont eu la sensation de n’être plus que des proies, prises aux pièges « face à une masse compacte d'hommes bruns, visiblement originaires d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, raconte l’une d’elles, des dizaines d’hommes au regard allumé et intrusif ». Ces regards qui les scannent comme pour les déshabiller, ces mains qui s’insinuent. « On était ballotées, tripotées, j’ai cru qu’on allait mourir »

Mais de quoi Cologne est-il le nom ? Dans Le Monde , celles qui ont accepté de témoigner, refusent de se laisser intimider par la dimension politique prise par l’affaire. « Ah non ! Se taire, ce serait capituler, et puis le chantage au racisme, pas ça ! s’exclame l’une d’elles. Toute l’Allemagne depuis 1945 est tétanisée par cette accusation, ce n’est pas la question ! Si des allemands avaient fait ce que je vous raconte, je le dénoncerais avec la même vigueur »

Oui, mais le débat s’engage. Dans Le Figaro , un sociologue québécois affirme, « qu’on le veuille ou non, toutes les cultures ne sont pas interchangeables, on ne fait pas entrer dans un pays des centaines de milliers de personnes aux mœurs différentes, sans provoquer un choc culturel, ou si on préfère un choc de civilisation ». Un choc des cultures qui n’explique pas tout, tente de tempérer La Croix . Paroles données aux féministes qui soulignent que la persistance des violences contre les femmes est une réalité aussi dans nos sociétés européennes, cent viols par jour en Suède, dit La Croix , 85 000 en France dans l’indifférence quasi générale, ajouteL’Humanité . Ne pas banaliser Cologne, ne pas instrumentaliser, débats dans la presse ce matin…

On termine par des nouvelles de… Nicolas Sarkozy !

Nicolas Sarkozy et son livre, Nicolas Sarkozy et ses mea culpa, Nicolas Sarkozy intime bientôt dans l’interview accordée à 7 à 8 surTF1, Nicolas Sarkozy néanmoins qui ne cesse d’être rattrapé par son passé. Mediapart dévoile de nouvelles factures du candidat Sarkozy de 2012. Au-delà des comptes de campagne recalés par la commission des comptes de campagne, au-delà de l’affaire Bygmalion, Mediapart dévoile la piste de nouvelles dépenses cachées, trouvées à l’UMP, mais inconnues des comptes du candidat. Par exemple : 240 000 euros payés à la SNCF pour acheminer 1400 militants au meeting de la Concorde en 2012, 500 000 euros pour aménager la Halle de Villepinte, encore pour un meeting, mais aussi 68 000 euros pour des tee-shirts « Les jeunes avec Nicolas Sarkozy ». Ah non, s’est défendu l’expert-comptable de la campagne, les tee-shirts, c’est pas de la campagne, ça peut resservir, les tee-shirts ».

Dernier mot, laissé au Canard Enchaîné sur cette même affaire: "Aux États-Unis, ils ont le tea party , en France, on a désormais le tee-shirt party "

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