chassé croisé Obama/trump

La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

Revue de presse consacrée au chassé-croisé du jour. Trump/Obama

Le dessin a eu tellement de succès sur les réseaux sociaux que son auteur, l’argentin Gustavo Viselner le propose désormais sur internet pour la modique somme de 177 euros 30 en édition limitée : une planche en noir et blanc, 7 vignettes. La Maison Blanche, Barak Obama qui interpelle sa femme, « prête Michelle ? », Michelle arrive avec le dernier carton sur les bras, il la devance avec sa valise, Barak Obama se retourne une dernière fois, il était la lumière. Obscurité. Et c’est toute l’Amérique qui plonge dans le noir.

Beaucoup d’éditorialistes, de Unes ce matin chez nous, pour dire qu’on n’est pas du tout rassurés, loin s’en faut par le nouveau président américain. « 2 mois et demie après sa victoire écrit laurent bodin de l’Alsace, l’Amérique ne sait toujours pas ce qui l’attend. Et le reste du monde non plus ».

Le mot qui revient le plus souvent c’est « imprévisibilité », scepticisme donc de la presse, voire alarmisme pour certains. On trouve quand même quelques rares optimistes, et même, d’encore plus rares, enthousiastes. Dans cette catégorie indubitablement, Ivan Rioufol du Figaro qui bondit d’aise devant ce soufflet infligé à ce qu’il appelle « la gauche morale, cette caste convaincue de sa supériorité qui refuse le choix du peuple ». Et il pronostique déjà « Une victoire de marine le pen qui aurait les mêmes effets en France, les masques n’ont pas fini de tomber » s’enthousiasme t il

Bon, bon, bon on n’en est pas là…mais ce que nous raconte Laure Mandeville, toujours dans le Figaro, c’est de fait « un climat de haine » qui se propage à Washington contre le nouveau président. « Il ne fait pas bon ces jours ci écrit-elle, donner l’impression de pactiser avec le diable, le diable Trump bien sûr. La chanteuse Jennnifer Holliday, pressentie pour chanter à la cérémonie d’investiture a préféré renoncer, face à l’avalanche d’insultes écopées sur son compte twitter, la qualifiant de « traitre à sa race ». Je n’avais pas réalisé, a-t-elle raconté dans une émission de télé, que les gens n’avaient pas accepté le résultat de l’élection ».

C’est parfois un peu le ton chez nous aussi Hélène ?

En tout cas, Libération Champagne titre pleine page « Ceci n’est pas un président » avec effigie présidentielle et mèche blonde en photo, Aujourd’hui en France/le Parisien atténue à peine la charge et parle de ce « président pas normal » à sa Une. Kak dans l’Opinion, nous montre un Trump donner une petite tape sur les fesses de la statue de la liberté un peu interloquée par le manque d’élégance mais il va falloir s’y habituer, « allez au boulot » maintenant. Quant à David Carzon, dans Libération, il nous fait partager son cauchemar, « quand Obama va remettre à donald Trump la petite mallette contenant les codes nucléaires américains ». « Le problème écrit il, c’est que vous ne vous réveillerez pas de ce cauchemar, l’homme d’affaire animateur de télé réalité est bien le 45ème président des Etats-unis ».

Oui, c’est donc fait, et en 334 tweets depuis le 9 novembre dernier et quelques rares prises de parole, on a déjà la carte d’un nouveau désordre mondial, une carte à retrouver dans le Parisien, un glossaire pas très reluisant de son vocabulaire, à lire dans Libé d’ « Amazing » employé à toutes les sauces dans le monde binaire de Trump à « disaster » sytématiquement accolé à l’oabamacare. Mais tout ça, « n’est pas si grave » tente de nous rassurer le philosophe Guy Sorman dans les Echos. Il se dit lui, optimiste « Sa ligne politique n’est pas claire convient il, ce président est un homme qui monte des coups, nullement un stratège. Mais les institutions américaines me paraissent solides poursuit il, il existe des contre-pouvoirs qui canaliseront les excès de Trump ». S’il le dit…

Dans la presse ce matin Hélène, quelques infos également sur celui qui s’en va

Où il va habiter, photo dans Libé, de sa belle demeure style Tudor dans un quartier chic de Washington. Qui sont ses voisins ? la first daughter figurez vous, Ivanka trump et son époux, et surtout ce qu’il va faire dans les jours et mois prochains. Ca nous est raconté dans le Figaro par Julie Connan. Déjà Ex à 55 ans seulement, il a prévenu qu’il ne « voulait pas être le vieux type qui traine au bar et ressasse ses gloires passées », n’empêche qu’il ne devrait pas couper aux traditionnels et très lucratifs mémoires, les medias américains évoquent un contrat d’édition de 20 millions de dollars. Il n’oubliera pas la terre qui l’a fait roi, Chicago bien sûr, il va se consacrer à l’Obama centrer qui oeuvrera notamment pour la place des minorités dans les quartiers défavorisés, mais il se rêve aussi parait-il, mentor, mentor de son propre parti démocrate ou tout est à reconstruire.Ca pourrait vaguement nous rappeler les rêves caressés par un futur ex chez nous aussi

Dans Sociéty, un beau reportage de Pierre Boisson et Raphael Malkin, sur l’une des traces laissées par ce président qui s’en va aujourd’hui. Une école à Saint Louis, dans le Missouri, baptisée du nom de Barak Obama en 2009. Ecole modèle dans un quartier pourri, fait de drogues, de cambriolages et de vols à l’arraché, déserté par les blancs. Qu’est ce que ça dit aujorud’hui aux enfants que ce nom d’Obama ? Qu’il est noir, qu’il leur ressemble,« il y a des gamins ici qui ont vu chaque jour un homme noir en costume diriger le pays, témoigne le directeur de l’école, ce genre de trucs est plus important que les lois et le reste ».A l’extérieur de l’école, depuis 8 ans, rien n’a changé, la ségrégation entre quartiers toujours aussi visible, un ado noir a été tué par la police, bavure a-t-on dit, le mouvement Black Live Matter en a fait un de ces symboles…mais si par hasard, l’agenda du nouveau retraité lui en laisse le temps et qu’il se fend d’une visite à l’école de saint louis, une enseignante l’accueillera avec ces mots « vous avez fait le job monsieur le président »

On termine hélène, avec un autre président américain ?

Ou plus exactement sur sa femme, il s’agit du couple Kennedy, le biopic Jackie de Pablo Larrain sort en France le 1er février prochain. Nathalie Portman en est évidemment la star…mais figurez-vous qu’il y a un petit frenchie dans le film. Il nous raconte son expérience de tournage dans Vanity Fair de février, et c’est hilarant …il s’agit de Gaspard Koenig. Vous le connaissez peut-être, il est philosophe de formation, c’est un libéral, jeune, mais libéral pur jus, dont vous pouvez lire les chroniques dans l’Opinion, les Echos, le Point ou que vous pouvez voir régulièrement sur Arte dans 28 minutes. Et c’est justement à la télé qu’une directrice de casting l’a repéré, a trouvé que c’était Ted Kennedy tout craché, et l’a embauché à Hollywwod comme silhouette. Alors, Ted c’est le frère de John, le président assassiné, « sans doute le personnage le moins intéressant de l’histoire du cinéma » convient Koenig, mais « comme Ted a regardé la grande histoire sur un strapontin, j’ai observé les grands acteurs de la loge des figurants ». Reportage en immersion dans les coulisses d’un film à gros budget, ses heures d’attente à refaire 25 fois les mêmes scènes, un ted kennedy qui vire au vert à force de trop fumer, au rouge à force de se coller des lentilles bleues, sa star inaccessible et son lumpenprolétariat :« quand il pleut, on donne des parapluies aux stars, des capes aux autres et rien du tout à la plèbe des figurants, trempés mais souriants pour 8 dollars de l’heure... Il fallait donc Hollywood pour me donner une conscience de classe » auto ironise le libéral Gaspard Koenig.. « Comment je suis devenu un kennedy » c’est à lire dans Vanity Fair

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