La France a tremblé dimanche dernier. Au sens propre du terme. La terre a tremblé. Des secousses sismiques. Cinq fois. Cinq pics sismiques entre 17 et 19 heures. La terre a tremblé à chaque but des footballeurs français et lors du coup de sifflet final. C’est à lire ce matin à la Une de PRESSE OCÉAN.

Le Mondial fait trembler la terre 

Et l’on retrouve l’info sur le site de SUD OUEST : « Les supporters français ont fait vibrer les sismographes pendant la finale. » 

Témoignage d’un sismologue installé à Strasbourg. _« Lundi matin,en regardant les enregistrements, j’ai clairement observé les signaux du Mondial. »Tout d’abord, explique-t-il, durant toute la durée du match, il y a une « une baisse de l’énergie sismique ». La raison : la baisse de l’activité humaine. Le pays était figé devant la rencontre. Le deuxième constat, ce sont donc ces pics d’énergie, à la fois lors des buts et juste à la fin de la rencontre… La raison, cette fois : les sauts des supporters ! C’est bien connu : « Qui ne saute pas n’est pas français ! »_ Les Français ont sauté sur tout le territoire. Pas de quoi évoquer les secousses d’un séisme, mais les sismologues estiment qu’on peut parler d’un « tremblement de joie ».

Mais, ce matin, c’est apparemment l’Elysée qui tremble. Et, cette fois, mais de joie, mais plutôt de peur. 

La polémique sur l’affaire Alexandre Benalla ne cesse d’enfler 

Alexandre Benalla, ce collaborateur du président de la République filmé en train de passer à tabac un jeune manifestant le 1er mai dernier. Alexandre Benalla, qui s’était, ce jour-là, fait passer pour un policier. Alexandre Benalla qui, lorsque l’Elysée a été mis au courant de ses agissements, n’a écopé que d’une mise à pied de quinze jours. L’Elysée aurait dû alerter la justice et les critiques pleuvent ce matin.

C’est « l’affaire qui embarrasse l’Elysée », commente ainsi LA CROIX. « L’affaire qui secoue l’Elysée », commente LE TÉLÉGRAMME. « L’affaire qui bouscule l’Elysée », estime LA NOUVELLE RÉPUBLIQUE, tandis que LE PROGRÈS évoque « L’affaire qui fait trembler l’Elysée »- et voilà, nous y sommes… Embarrasser, secouer, bousculer, trembler : les verbes nous disent que le moment est grave. On parle d’une tempête. « Macron dans la tempête », c’est la Une de LA VOIX DU NORD. On parle de tourmente. « L’Elysée est dans la tourmente », c’et la Une de MIDI LIBRE. On parle de « scandale ». « Un scandale autour du gros bras de Macron »,  titre ainsi L’EST ÉCLAIR. Et aujourd’hui, « la Macronie est tétanisée », relève L’OPINION, à la Une duquel on trouve l'édito de Nicolas Beytout.

Tous les ingrédients sont réunis pour jeter le trouble

D'autant, écrit-il, que chef de l’Etat s’est réclamé d’une République « inflexible sur la déontologie, intraitable sur la transparence, intransigeante sur la probité ». Quasi tous des éditoriaux sont consacrés à l’affaire. Et tous dénoncent le principe du « pas vu pas pris » appliqué par l’Elysée depuis deux mois et demi. Dans LE RÉPUBLICAIN LORRAIN, Bernard Maillard s'emporte. 

Qu’on ait tenté de contenir l’affaire dans les bureaux de la présidence – pour ne pas dire qu'on a essayé de l'étouffer, est indigne d'une République qui se prétend "inaltérable"...

Comment donc Emmanuel Macron « peut-il donner des leçons à la terre entière et là, fermer les yeux ? », renchérit Alain Dusart dans L'EST RÉPUBLICAIN. Dans L’ALSACE, Laurent Bodin revient la sanction infligée à Alexandre Benalla. Il y aurait « de quoi faire rire tout le pays quand la moindre erreur d’un salarié peut mener au licenciement ». Tous dénoncent également la communication calamiteuse du Palais et, dans LA CHARENTE LIBRE, Maurice Bontinck se désole. 

Si Benalla n’est pas encore le nom d’une affaire d’Etat, c'est déjà celui d'un ridicule qui ne tue pas la République mais la blesse, à coups de poings et d’impunité. 

Suite aux révélations du MONDE mercredi soir, le parquet de Paris a ouvert hier une enquête préliminaire contre chargé de mission à l’Elysée. Une enquête pour « usurpation d’identité » et « violence par personne chargée d’une mission de service public ». LE PARISIEN évoque « une affaire très gênante ». C’est un euphémisme.

D’ailleurs, le journal a choisi de faire sa Une sur un tout autre sujet. Un retour au football.

Une longue interview de Didier Deschamps

Après le sacre des Tricolores au Mondial, l’entraîneur des Bleus se confie, et raconte notamment comment il a vécu sa campagne de Russie.

J’étais d’une tranquillité et d’une sérénité absolue pendant toute la compétition.

Il précise qu’il a su très tôt que la France allait l’emporter. « Je ne crois qu’à une chose : le destin, assure Deschamps. Le destin est écrit. Il fallait que ça se passe comme ça. Ça s’est passé comme ça… » 

Photo d’un de ses joueurs trois pages plus loin dans le journal. Il est question de Paul Pogba, que Vincent Montgaillard qualifie de dénicheur de mots. Retour sur le documentaire diffusé sur TF1 mardi soir : « Les Bleus 2018, au cœur de l’épopée russe ». A la 27ème minute, on y voit Paul Pogba  lancer un message fort à ses coéquipiers.

On va ‘jober’, comme on dit, faut qu’on ‘jobe’ bien ! 

« Jober », verbe du premier groupe qui fleure bon le succès de l’été… Un néologisme dérivé de l’anglicisme « job » et qui signifie « faire le taf », le boulot, « se donner à fond »… Sur les réseaux sociaux, la formule est très vite devenue populaire… « Jober : travailler, rien lâcher », dit un internaute. « Plus que 11 jours à jober et ensuite la retraite », s’amuse une sexagénaire. Le journal a interrogé des linguistes. Ils doutent que l’expression entre un jour dans les dictionnaires - que je jobe, que tu jobes, que j'eusse jobé... Mais « jober » pourrait être l’un des mots de l’année.

Malgré les vacances, on parle de travail dans plusieurs journaux

C’est notamment le sujet à la Une de LA CROIX : « Les entreprises manquent de bras ». Malgré un chômage qui reste élevé, de plus en plus de secteurs ont des difficultés à recruter, en premier lieu dans le bâtiment, dans l’industrie et les services.

L’emploi en Corée du Sud. Cette fois, c’est à lire dans COURRIER INTERNATIONAL. A Séoul, la semaine de travail va passer à 52 heures. Jusque-là, elle, pouvait aller jusqu’à 68 heures. Le pays compte parmi ceux où on bosse, où on « jobe » le plus.

Et puis une grande actrice parle aussi de son métier dans LES INROCKUPTIBLES. Très belle interview d’Isabelle Adjani, la toute première qu’elle accorde à l’hebdomadaire… _« Et quand vous ne travaillez pas, qu’est-ce qui remplit vos journées ? »lui demande Jean-Marc Lalanne. Isabelle Adjani réfléchit longuement, promène son regard vers le ciel puis dit dans un souffle : « Les soucis… »_

Je passe beaucoup de temps à régler des soucis…

Des soucis, on en trouve dans la presse régionale

A la Une de L’ARDENNAIS, la situation des hôpitaux. Il y a de plus en plus de patients aux Urgences de Charleville-Mézières. A la Une de LIBÉRATION CHAMPAGNE : « Le loup est-il de retour dans l’Aube ? » Plusieurs attaques de brebis ont eu lieu ces dernières semaines et les éleveurs s’inquiètent. De son côté, LA DÉPÊCHE DU MIDI a mené l’enquête sur les détenus radicalisés que l’on s’apprête à libérer. 450 islamistes radicaux sont libérables en 2019. Reportage dans une prison de Haute-Garonne. Dans LA PRESSE DE LA MANCHE, ce sont les soucis du soleil : il faut vraiment faire attention à bien se protéger. Le soleil n'est pas notre ami. La Normandie est bizarrement l’une des régions où l’on compte le plus de cancer de la peau. 

Cela dit, il faut également profiter

Et c’est l’appel que lancent de nombreux magazines. 

Dans FEMME ACTUELLE : « 20 rituels bien-être pour recharger ses batterie ». Marcher pieds nus dans l’herbe, parfumer son linge, sourire, danser ou prendre une douche… sans eau.  C’est un exercice de sophrologie : assis, les yeux fermés, on s’imagine sous une douche relaxante… et, du coup, on est relaxé !

Dans LE JOURNAL DES ARTS : _« Les 30 expositions estivales pour se ressourcer »_. Expos en France et en Europe, de l’archéologie à l’art contemporain, en passant par Nicolas de Staël et Picasso.  

Dans MARIE CLAIRE : « 40 pages de looks inspirants » : des bijoux, des shorts, des maillots, des sabots en cuir… 

Dans LA REVUE DES VINS DE France : « Les 50 bouteilles de rosés de Provence à boire cet été »… Du pâle au plus coloré. On n’est, bien sûr, pas obligé de tous les goûter.

Dans COSMOPOLITAIN : « 50 idées pour un été fabuleux »… Laisser tomber sa montre et ses mails, porter des espadrilles, faire la sieste, aller au marché, manger des glaces trois boules, ponctuer la fin de toutes ses phrases par « tranquille »...

Et puis, dans le hors-série de la revue VOYAGES & HOTELS DE RÊVE : « Les 100 lieux qu’il faut avoir vus dans sa vie »… Je n'en ai vus qu'une douzaine. Feuilletez, ça donne envie… 

On peut aussi passer ses vacances chez soi

C'est ce à quoi invite le supplément des ECHOS. Envie de profiter de sa ville ou de sa campagne, de flâner, de retaper sa maison, d'économiser, de moins polluer... Les raisons de ne pas partir sont nombreuses. Aux Etats-Unis, c'est même très tendance et cela porte un nom : staycation. La France s'y met aussi. Encore un nouveau mot.

Enfin, on nous parle d'amour dans les magazines

Des histoires d'amour dans le hors-série de CAUSETTE, « Qu'est-ce que l’amour ? » dans SCIENCES HUMAINES, et dans PHILOSOPHIE MAGAZINE, cette question : « Pourquoi a-t-on besoin d’être aimé ? » 

Eh bien, on a besoin d'être aimé pour être secoué, pour être bousculé, pour bousculer, secouer et faire trembler la terre. Tous ensemble, faisons trembler la terre cet été.

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