Nul ne peut plus nier la situation : la proportion d'hommes ayant au moins un rapport non protégé avec un partenaire occasionnel, lors des 12 derniers mois, n'a cessé de progresser depuis la fin des années 90, pour atteindre environ 35%... Que ce soit dans l'enquête "Presse gay" en 2004, ou le "Baromètre gay" en 2005. Ce qui veut dire que, contrairement à ce que l'on a longtemps considéré comme un relâchement conjoncturel de la prévention chez les homosexuels... C'est en fait un problème durable... A tel point que les scientifiques les plus sérieux n'hésitent pas à parler de "risque consenti". Ce constat, dérangeant mais abordé avec courage, France Lert, par exemple, directrice de recherche à l'INSERM, n'hésite pas à l'établir... A partir d'un autre constat, une donnée objective : les campagnes de prévention n'ont plus de prise sur les pratiques. Cette sonnette d'alarme, c'est "Libé" qui la tire ce matin, sous ce titre qui, forcément, interpelle : "SIDA : risque consenti chez certains homos"... Alors... Alors pourquoi en arrive-t-on à une telle situation ?... Réponse de France Lert : "C'est comme si le risque, face au VIH, était perçu de plus en plus comme un danger parmi d'autres... Et assumé en tant que tel... Pour vivre comme tout le monde". Alors, que faire, face à une telle situation ?... "Il y a des choses sur lesquelles on peut travailler, répond la chercheuse... Lorsque l'on note, par exemple, que ce sont les jeunes gays les moins diplômés qui se protègent le moins... Il faudrait donc, comme pour les jeunes hétéros, construire des campagnes qui leur apprendraient à négocier la prévention... Il faut qu'ils puissent en parler, s'y préparer". Cela dit, ajoute "Libération", ce relâchement ne concerne pas que les homos, mais il se trouve que les enquêtes manquent sur les hétéros. Et puis il y a une leçon à tirer de tout cela... Concernant, pour le coup, la communauté homosexuelle... On a cru que leur vie en couple allait se traduire par une diminution de prises de risque... Moins de partenaires, moins de risques... Eh bien non : d'abord parce que les couples durent de moins en moins longtemps... En d'autres termes, le modèle de la conjugalité comme réponse au SIDA a ses limites. Et il se trouve que ce matin, un autre journal... En l'occurrence, "La Croix"... Fait sa Une sur le mariage homosexuel... "Un sujet qui entre en campagne", titre le quotidien, qui regrette que les principaux candidats à la candidature soient invités à prendre position. "Cette question est-elle à ce point importante qu'elle devienne un thème central de la future élection ?, écrit Dominique Quinio... Cette question est-elle à ce point importante qu'elle devienne le baromètre à partir duquel sera mesuré le caractère moderne ou définitivement conservateur des candidats ?... Où l'on saura s'il est de gauche ou de droite. Attention, écrit notre consoeur : soit la société française juge bon de rappeler qu'un enfant a besoin d'une mère et d'un père pour s'épanouir... Soit elle décide que cette vision de la famille est dépassée... Encore faut-il permettre un vrai débat, et ne pas assimiler toute interrogation, toute réserve ou toute précaution à de l'homophobie. Bref, terrain miné", si l'on en croit Dominique Quinio, qui semble en tenir rigueur à Ségolène Royal, qui a bien voulu s'exprimer sur le sujet dans une interview au magazine homosexuel "Têtu"... Une question sur laquelle Nicolas Sarkozy s'apprête lui aussi à s'exprimer, comme nous le rappelle "Le Figaro"... Mais ce n'est pas par opportunisme, affirme ce journal... Non, c'est parce qu'il reproche à la frange conservatrice de la droite son retard sur le plan des moeurs. Et puis, pour bien montrer que sa position n'a rien de circonstanciel, Nicolas Sarkozy devrait laisser passer la Gay Pride samedi prochain, avant d'aborder le sujet", nous dit "Le Figaro". C'est que le choix du moment est important, quand on est en campagne ou pré-campagne. De la même façon, dans une société de consommation, que la façon de dire les choses est plus importante que les choses qu'on dit... Il faut savoir QUAND dire les choses. Surtout lorsque les sondages vous balisent le terrain, et qu'entre deux favoris on en arrive, sur à peu près tous les sujets, à ce que Nicolas Sarkozy appelle lui-même "le marquage à la culotte". Reste qu'il est bien difficile de tirer sur une cible en mouvement... Avec Ségolène Royal, le président de l'UMP en sait quelque chose... Elle va, elle vient, d'un sujet à l'autre, brouillant pas mal de repères... S'asseyant tranquillement sur les traditionnels clivages gauche-droite... En mouvement également dans les sondages, puisque dans la troisième vague du baromètre présidentiel SOFRES pour "Le Figaro", elle repasse en tête des intentions de vote pour le premier tour, alors que Nicolas Sarkozy en perd de 1 à 3, selon les hypothèses testées... Selon que Dominique de Villepin se présente ou pas, par exemple. Quant aux rivaux socialistes de Ségolène Royal, ils jouent toujours les utilités... Complètement distancés... Le moins mal loti... Et tout est relatif... C'est Jack Lang, avec 23 et demi pour cent... Ségolène Royal, elle, plane à 32% d'intentions de vote. Autre enseignement de ce sondage : la progression, discrète mais continue... Genre "lentement mais sûrement"... de Jean-Marie Le Pen, qui passe de 10 à 13% en l'espace d'un mois. Un candidat, une équipe... Sous le titre "La firme Sarkozy", c'est le journal "Le Monde" qui nous emmène dans l'univers du président de l'UMP... Deux pages de reportage dans un monde à part, très masculin, plutôt jeune... Tel est le staff Sarko... Une équipe convaincue que l'action peut tout, et qu'un peu de cynisme ne nuit pas aux convictions. Etre digne de ce petit monde, écrit "Le Monde" tout court, c'est savoir dénouer les crises, maîtriser la communication, manoeuvrer les députés, observer l'adversaire, et diffuser les informations qui peuvent lui nuire. Oh, les gens de Sarkozy, ce ne sont pas forcément des gens fous de débats... "Mais leur côté va-t-en-guerre est séduisant", explique Gérard Longuet, un "séduit" parmi d'autres. Tu parles !... "Petite mafia", répondent les chiraquiens de longue date... Tous sont convaincus que la bande Sarkozy joue les vierges effarouchées, lorsqu'on évoque l'affaire Clearstream, mais que les informations distillées dans la presse viennent directement de la Place Beauvau. Mais ce que les chiraco-villepinistes détestent par dessus tout, paraît-il, c'est l'ironie de Nicolas Sarkozy, cet air d'avoir déjà gagné... Et puis la méthode... "Avec Sarkozy, affirme le député villepiniste Georges Tron, si vous êtes un séide, tout va bien, sinon c'est la guerre". Enfin, il y a "l'incroyable cortège qui accompagne Nicolas"... Pour reprendre les mots de la députée de Meurthe-et-Moselle Nadine Morano... Une cour dans laquelle les poids-lourds s'affirment pourtant libres, en vertu du principe bien connu que le flagorneur, c'est toujours l'autre... Et puis dans cette cour... Et parce que l'image est prépondérante, en politique... Le journal "Le Monde" s'amuse à la comparaison... Avec notamment un certain Frédéric Lefebvre, conseiller aux relations avec le Parlement... 42 ans... Cheveux longs ramenés en arrière... Comme l'un des tueurs du film de Tarantino... Un côté "Pulp Fiction", en quelque sorte... Le scénario pour la Présidentielle, lui, reste à écrire. Pendant ce temps, Jacques Chirac a comme la tête dans les nuages, parce que sa passion pour les arts premiers va laisser une trace... SA trace... Celle d'un musée... Le Musée des Arts premiers donc, inauguré aujourd'hui même, Quai Branly, après trois ans de travaux et de polémiques. "C'est que Jacques Chirac n'est pas le pignouf culturel que ses adversaires ont longtemps décrit", rappelle Philippe Waucampt dans "Le Républicain Lorrain". "Ce musée, son grand oeuvre, vraisemblablement la seule trace qu'il laissera derrière lui, est là pour le prouver... Nourri dès la jeunesse au lait de ces cultures ignorées, Jacques Chirac aura eu le mérite de rompre avec l'arrogance occidentale assise sur un ethnocentrisme qui, jusqu'à De Gaulle, nous fit superbement rater la décolonisation". "Musée des Arts premiers : vérité première"... Avec ferveur et admiration, Armelle Héliot écrit, dans "Le Figaro" : "Ce pont jeté d'Indonésie aux Américains, du Groënland au Maghreb, d'Afrique noire en Asie... C'est d'abord une invitation aux voyages intérieurs, mais aussi le geste noble qu'une grande nation adresse aux peuples du monde". Tout aussi séduit, Olivier Picard, dans "Les Dernières Nouvelles d'Alsace", estime que le musée fera taire les esprits chagrins par l'ambition qu'il affiche, et qu'il faut donner crédit à Jacques Chirac de cette démarche, que notre confrère qualifie "d'une grande intelligence", si fidèle au rayonnement français, dans ce qu'il a de meilleur. "C'est vrai, relève "Libération" : le Quai Branly donnera au public l'occasion de découvrir des cultures jusque-là largement ignorées, ou méprisées... Ca cadre bien avec le politiquement correct de l'heure, mais dans la France actuelle, ça n'est pas si mal", se félicite Pierre Haski. Voilà... Maintenant, si vous voulez avoir une idée assez précise de ce qu'on peut découvrir Quai Branly, c'est "Le Figaro" qu'il faut lire, ce matin... Les pages "Le Figaro et Vous"... Un véritable guide... Des photos judicieusement choisies... Une visite qui donne l'envie de la vraie visite... Les pages de "Libé" valent le détour, également... Plus polémiques aussi, parce qu'elles reviennent sur les éléments d'une certaine polémique... Sur le fond, avec cette question par exemple : "Le musée est une occasion de mettre en lumière les peuples dits 'premiers', mais c'est aussi le risque de les 'muséifier". A vrai dire : débat qui ne pèse pas lourd, quand on regarde les oeuvres exposées... Quand on regarde, les yeux dans les yeux, le témoignage des premiers habitants d'une terre, avant que celle-ci ne soit colonisée... C'est ça qu'on voit en premier... Et c'est tout un art. Bonne journée. A demain.

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