Dans la presse ce matin : des tribus défaites

Il y a 20 ans, deux icônes de la lutte anti Mafia en Italie étaient assassinées. Giovanni Falcone, le 23 mai 1992 et, 57 jours plus tard, Paolo Borsellino. C'était à Palerme, attentat à la voiture piégée via d'Amelio où habitait sa mère. 20 ans après, on ne sait pas qui a commandité l'assassinat.

Cette semaine, le fils Borsellino, Manfredi, accuse dans les colonnes de L'Express : "Mon père a été tué pour raison d'Etat. Poignardé dans le dos pour ne plus nuire à ceux qui menaient un dialogue avec la Mafia. Si l'Etat à ce moment historique avait voulu sauver la vie d'un de ses meilleurs serviteurs, il aurait pu le faire."

Et il accumule les indices.

L'enquête plus que tortueuse : ce petit dealer de quartier qui s'accusait d'avoir commis l'attentat avant de se rétracter, aveux extorqués sous la torture, dit-il. Comment pouvait-il parler aussi précisément de l'assassinat ?

Ce projet d'attentat avant sa mort caché au juge Borsellino

Ce général des Carabiniers, proche collaborateur, sur lequel il avait des doutes.

Cet agenda rouge qu’il gardait toujours sur lui et sur lequel il notait tout. Il a mystérieusement disparu du sac remis à la famille après l'attentat.

L'entretien réalisé par Delphine Saubaber dans L'Express , c'est aussi le témoignage d'un fils dont le père vivait entouré de cadavres, juges et carabiniers, tués les uns après les autres. "Il n'a jamais jeté l'éponge dans ce bain de sang".

Photo du magistrat datant de 1987, elle pourrait être tirée d'un film d'Ettore Scola. Costume de laine, moustache fine et cheveux gris.

Plongée dans une Sicile où le dîner en famille est sacré. Mais après la mort de son ami Falcone, "il nous préparait à nous détacher de lui." Paolo Borsellino avait même confié à un prêtre à quel point il était difficile de ne pas embrasser ses enfants.

Quelques heures avant sa mort, un dimanche matin à la mer. Après le déjeuner, le juge s'était retiré pour une sieste. On a retrouvé beaucoup de mégots dans le cendrier.

Dans la presse également : une tribu angoissée

"L'angoisse est palpable, notre inquiétude est immense." C'est la chef qui parle, Laurence Parisot, à la tête de la tribu des patrons. Lors de sa conférence de presse mensuelle hier elle a dressé un tableau apocalyptique repris à la Une et en détail dans Les Echos .

"De partout je n'ai même plus besoin de regarder les indicateurs : effondrement des marges, chute des carnets de commande, tension extrême sur les trésoreries, projets d'embauche gelés, projets d'investissements au mieux suspendus (...) Il y a dans ce que nous ressentons une part de désarroi, nous avons peur d'un étranglement programmé"

Même au plus fort de la récession hiver 2008-2008, la présidente du Medef n'avait pas les idées aussi noires.

Le Figaro renchérit à la Une : « Le cri d'alarme des entreprises contre la politique de Hollande »

Dans l'édito, Gaëtan de Capèle fait ses délices de la petite phrase du britannique David Cameron prêt à dérouler le tapis rouge aux exilés fiscaux français. Il faut en France "un choc de compétitivité partout à l'œuvre en Europe en faveur des entreprises. Au lieu de quoi se prépare un cocktail fiscal destructeur"

Le projet fiscal du gouvernement n'est pas encore connu et déjà la presse lui tombe dessus : « Paie-t-on trop d'impôts en France ? » demande Le Parisien .

« Maintenant le changement c'est plein pot et plein d'impôts » ajoute Le Canard Enchainé .

Même Le Nouvel Observateur a l'air méfiant. Une partie du visage du Président apparait en couverture du numéro à paraitre demain : « Rigueur, impôts, Europe, ce qu'il mijote. »

La tribu des patrons embarrasse le président. Sa propre tribu aussi. Toujours l'histoire du Tweet.... Photo du chef de l'Etat et de sa compagne en couverture de L'Express et ce titre : « Qui est le chef ? » Huit pages sur son histoire personnelle pour dire notamment qu'il est un des hommes les plus secrets de la classe politique et pourtant celui dont les Français connaissent le mieux la vie privée.

Le Parisien évoque les regrets de la première dame "J'ai commis une erreur aurait-elle confié" à une amie. Cela dit tout le monde twitte aujourd'hui, même Fidel Castro, qui a désormais son compte sur le réseau social selon une brève du Figaro .

Et comment va la tribu de droite ?

Elle est à la Une de Libération . Nous avons longuement parlé hier de la reconstruction de la droite. La photo de Une est très drôle.

C'est « La droite aux abois ». Morano, Novelli, Copé, Le Maire, Fillon en brochette et la bouche ouverte. Photo prise au conseil national de l'UMP fin janvier, ils entonnaient vraisemblablement la marseillaise…

Dans une longue interview à L'Express , Jean-François Copé essaye de gommer l'image agressive qui est la sienne : une campagne électorale "conduit parfois à être sur la forme et le ton parfois un peu excessif par rapport à ce que l'on est fondamentalement..."

Et les tribus d'Amazonie ?

Est-ce qu'on parlera d'elle au sommet de Rio ? Pas encore commencé ce sommet, mais déjà enterré à la Une duMonde . « Rendez-vous manqué ».

Illustration implacable en page 2. Reportage dans une favela qui est à 500 mètres du lieu où se dérouleront les négociations. Une dame de cette favela dit : ils feraient mieux de nettoyer devant leur porte avant de parler de la planète"

« Oui la maison brule » écrit Jean Emmanuel Ducoin dans L'Humanité , reprenant la phrase de Jacques Chirac. Il cite une autre phrase qui était dans le rapport qui avait servi de base au premier sommet de Rio il y a 20 ans : "A mesure qu'un système s'approche de ses limites écologiques, les inégalités ne font que s'accroitre"

Quoi d'autre dans la presse ?

Tribu des trentenaires, ressortez vos doudous !, « Maya l'abeille » de retour sur TF1 à la rentrée selon Le Parisien . Dans les cartons également, une suite aux « Mystérieuses cités d'or ».

A propos de télévision, et alors que, selon Les Echos et lexpress.fr , TF1 pourrait ouvrir bientôt un plan de départs volontaires : faut-il jeter le journal de 20 heures, concept dépassé sur TF1 et France 2 ? Question dans Les Inrockuptibles . Un schéma explique bien à quel point les nouveaux modes de vie et les programmes alternatifs grignotent le 20 heures.

Entre 8h et 8h et demi le soir, au lieu de regarder le 20 heures ou en même temps, on est sur la TNT, sur les chaines qui font de la contre-programmation, on est sur les réseaux sociaux, les sites d'information, les sites de rencontres ou on fait ses courses en ligne

Supporters de l'équipe de France ressortez le lance-flammes. 2/0 pour la Suède hier. Un mot à la Une de L’Equipe : « Suffisant ».

Suffisant pour se qualifier en quarts de finale. Suffisant comme prétentieux aussi.

Pour Fabrice Jouhaud, dans l'édito de Une, « la France est une nation moyenne avec une sélection moyenne constituée de joueurs moyens. »

Une tribu heureuse pour finir ! Les frères Podalydès de retour au cinéma pour une nouvelle comédie. Télérama offre sa Une à ces deux « frères cinoques », Denis et Bruno qui roulent sur une Vespa.

Quand ils étaient gamins, déjà c'était le grand cinoche dans leurs jeux d'enfants.

C'est Bruno qui raconte : « Une fois en Bretagne, on devait avoir 6 et 8 ans. On s'est retrouvé dans un blockhaus abandonné. On jouait deux soldats, l'un mourait dans les bras de l'autre. On avait poussé tellement loin la situation qu'on est ressortit traumatisés."

C'est ce qu'on appelle la fraternité des armes... A demain !

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