Faire l'aéroport NDDL...ou pas brexit ou pas Hollande ou pas Hamlet à toutes les sauces

La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

La presse ce matin, dominée par une question…

Une question et ses déclinaisons : Stop ou encore ? In or out ? Faire ou ne pas faire ? Interrogations qui virent parfois à l’existentiel « Etre ou ne pas être ». La tirade shakespearienne inspire d’ailleurs plusieurs dessinateurs sur le Brexit britannique : Boll dans les Echos propose un Hamlet dubitatif face à un crâne surmonté d’un NO, quand Kak dessine à la Une de l'Opinion la reine Elizabeth 2 en proie au même tourment face à un globe terrestre, to leave or not to leave ?

Alors, d’abord, faire ou ne pas faire l’aéroport Notre dame des landes ?

C’est la question qui sera normalement posée dimanche aux 968 000 électeurs de Loire Atlantique…Sauf si…si le conseil d’Etat choisit ce matin d’annuler le référendum. Décision attendue à 11H. Et peut être « ènième rebondissement juridique de cet interminable feuilleton de Notre Dame des Landes », qui dans la catégorie « dossier calamiteux, a droit au podium olympique » relève Sud- Ouest. Dans Libération, qui y consacre son dossier, Laurent Joffrin s’émeut de ce recours déposé par les opposants au projet d’aéroport nantais : « on peut douter dit il de l’utilité réelle de cet aéroport, on peut discuter des modalités de la contestation, en revanche, il est très étrange de refuser le principe d’une consultation populaire…le recours au vote des électeurs les plus concernés est un progrès démocratique» défend t il.

Oui sauf que même si ce référendum devait se tenir, cela ne signerait pas pour autant la fin de ce feuilleton vieux de 40 ans. Par exemple, quel que soit le vote, que deviendra la Zad s’interroge Ouest France, et surtout ses habitants ? Cette zone d’aménagement différé devenue Zone d’aménagement à défendre qui accueille depuis 2007 un noyau d’une cinquantaine de personnes, parfois plus. En cas de victoire du non, ces occupants sont bien déterminés à rester et poursuivre leurs projets alternatifs, il faudra alors redistribuer les espaces mais à qui ? Ce sera à l’Etat, propriétaire, de décider. En cas de victoire du oui ? et bien ce sera quand même Non pour les zadistes, explique Jean François Marival de Ouest France, « sans négociation possible, se profile alors un retour à la situation de l’automne 2012 avec une évacuation contrainte mais risquée ». ce qui laisse présager dans un cas comme dans l’autre, que perdure une zone de conflit, voire d’affrontement sur l’espace de la Zad ». Bref répondre à la question, faire ou ne pas faire, ne suffira pas semble t il, à régler toutes les questions de Notre dame des landes

Autre question simple à un problème compliqué : In or Out, posée ce jeudi en Grande Bretagne…

La Croix choisit l’ellipse, se contentant de titrer « Telle est la question » . Rester ou partir donc. « Let’s stay together » plaide ce matin le Daily record pour paraphraser la chanson d’Al Gree. Brexit ou brexin s’interroge Yves Petit sur le site the Conversation, il s’agit en tout cas pour ce professeur de droit public « d’un perfide référendum », de la part de la non moins perfide Albion. Réferendum de tous les dangers prévient il, pour la Grande Bretagne, comme pour toute l’Europe. Avec le risque d’une dislocation territoriale du royaume uni avec l’Ecosse mais aussi de toute l’Union avec les velléités d’indépendance de l’Irlande du Nord puis de la Catalogne. Avec le risque également de contagion, pourquoi pas demain un Nexit aux pays bas ou un Frexit en France ? se demande t il. Le référendum se concilie difficilement dit il, avec la construction européenne, parce qu’il ne propose qu’une réponse binaire à un sujet plus complexe. « La réponse est non, mais rappelez moi la question » se moquait Woody Allen. John Cleese, ex acteur, comique, des Monthy Python a un humour moins subtil. Les Echos nous racontent qu’il est l’un des rares « people » à s’être engagé dans le camp du brexit, jugeant jeudi sur son compte twitter que la réforme de l’UE était impossible, et qu’il fallait « pendre jean Claude Juncker »…réponse qui manque effectivement de complexité

En France, les sympathisants de gauche auront le droit de répondre à la question, qui est in et qui est out pour la présidentielle de 2017 . Réactions ce matin

Bluffés et sceptiques les éditorialistes ce matin après l’annonce de primaires à gauche : Guillaume Tabard dans le Figaro relève que « si François Hollande n’a guère réussi à conduire le pays, ni jean christophe Cambadélis à redresser le ps, les deux sont néanmoins imbattables dans une discipline essentielle en politique : la tactique. Beau coup salue t il, risqué mais rusé ». Même l’éditorialiste de l’Humanité Maurice Ulrich, qui dénonce un « grand flop », ne peut s’empêcher au détour d’une phrase de saluer la baguette magique du prestidigitateur socialiste « qui aimerait bien voir sortir du chapeau de la primaire, le lapin qu’il y a mis » à savoir évidemment, François Hollande en personne. Dans la Voix du nord, hervé Fabvre décrypte la stratégie : « comme Napoléon à Austerlitz, François Hollande profiterait du brouillard qui recouvre son camp pour surgir tel un soleil et surprendre l’adversaire ». Oui, mais Austerlitz peut aussi se transformer en Waterloo. En attendant, avait-il d’autre choix que d’accepter cette compétition inédite pour un sortant ? explication de Cécile Cornudet dans les Echos: « François hollande fait le pari que les candidats ne résisteront pas sur sa gauche, aux douces sirènes des primaires..Diviser donc aux primaires, pour éviter de se diviser au premier tour de la présidentielle. Le chemin de crête n’est pas large, mais il l’est toujours plus que celui qui se dessinait sans primaire ». Jouer le In pour éviter l’out, voilà le pari du président

Pari un peu différent dans le camp d’en face : Michèle Alliot Marie confie dans le Monde de cette après midi que « sa décision est précise » : elle y va. Où ? A la présidentielle ! mais sans forcément passer elle, par la case des primaires organisées par son parti précise t elle.

On termine Hélène avec le In et le Out

La pelouse hier soir du stade Pierre Mauroy définitivement out ! « Gazon maudit » s’étrangle la Voix du Nord. Malgré une peinture verte toute fraiche pour cacher la misère, elle a été la risée des internautes pendant le match. Dans l’Equipe, on apprend ce matin que l’UEFA avait imposé ce changement de pelouse il y a tout juste 3 semaines, mais que le gazon en raison des fortes pluies n’a pas pris, et ce malgré des « séances de luminothérapie et de ventilation apportés par les jardiniers depuis 15 jours ». D’où les rebonds incertains du ballon et un constant ballet de glissades. Il faudra établir les responsabilités de chacun car pour le sport français accuse l’Equipe, le signal envoyé en mondiovision est assez terrible ». Si même la luminothérapie ne suffit pas au gazon…

Beaucoup plus dramatique, on ne parle pas de pelouse repeinte en vert, la carte dévoilée par Libération ce matin, des meurtres des défenseurs de l’environnement dans le monde. 185 morts l’an dernier, 185 assassinats dans 15 pays pour avoir défendu les droits de leurs terres, notamment au Brésil et aux Philippines

Et puis je termine en vous signalant dans le Monde de cet après midi, un portrait subtil d’Elizabeth Badinter, « la griffe de la république » signé Marion Van Renterghem… « François Mitterrand trouvait qu’elle exagérait, il lui avait dit d’un air faussement taquin « vous êtes intolérante, moi je les trouve charmantes ces petites avec leur foulard », on était en 89, première « affaire » du foulard avec les 3 collégiennes de Creil. Depuis, Elizabeth Badinter est restée cette féministe, universaliste, intransigeante qui a gardé pour Mantra, la loi, la république et la cause des femmes. Mais elle est aussi devenue l’ennemie pour une partie de la gauche qui la juge « rigide, intégriste et intolérante ». Une femme radicale dans son engagement en tout cas qui affirme « j’ai deux valeurs, l’égalité et la liberté. Pas besoin de réfléchir, c’est oui, ou c’est non »

Oui ou non, In ou out, Etre ou ne pas être. Questions à déclinaisons décidément ce matin

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.