Alors est-ce un couac ?... Autopsie ce matin, dans vos journaux, de l'échange intra-UMP sur les 35 heures hier... "Difficile anniversaire pour les 35 heures"... Le constat est signé de L'Indépendant du Midi... qui explique : "La loi sur la réduction du temps de travail a 10 ans... Hier, Patrick Devedjian a plaidé pour le démantèlement des 35 heures... Il a été repris par le ministre du Travail"... Pour Le Courrier Picard, c'est donc "35 heures et autant de sons de cloche"... "Devedjian provoque un tollé"... C'est un titre dans Le Parisien-Aujourd'hui en France... Oui, mais voilà ce que c'est, analysent les journalistes du quotidien, d'avoir critiqué Patrick Devedjian pour sa gestion atone de l'UMP... Dans Le Figaro, Judith Waintraub confirme... "Nicolas Sarkozy voulait un parti qui se situe devant l'exécutif... Patrick Devedjian l'a pris au mot"... Et d'ailleurs, "l'UMP doit être à l'avant-garde du gouvernement"... Ce sont les mots de Patrick Devedjian qui, hier soir, persistait après l'intervention de Nicolas Sarkozy, qui a conseillé de se référer à Xavier Bertrand, "qui a bien parlé, comme toujours"... La journaliste du Figaro en conclut que "le petit-déjeuner des dirigeants de la majorité à l'Elysée, ce matin, promet d'être animé"... "Xavier Bertrand, comme toujours, a bien parlé... et comme toujours, Devedjian dit des bêtises", résume Libération... qui note qu'une fois de plus, "le secrétaire général de l'UMP a dû subir l'humiliation publique d'un désaveu du chef de l'Etat"... "Et si ce n'est pas un nouveau couac, ça y ressemble furieusement", commente Jacques Guyon, dans La Charente Libre... "On comprend que Michèle Alliot-Marie, qui a dirigé la 'maison', répète de plus en plus ouvertement, ces temps-ci, que 'l'UMP a besoin d'un vrai chef'"... Non, non : ce n'est pas un couac, atteste Bernard Revel, dans L'Indépendant du Midi... "Petit à petit, les 35 heures, bête noire il y a dix ans du seul patronat, suscitent un rejet de plus en plus large... Alors certes, les supprimer aujourd'hui pourrait porter atteinte au pouvoir d'achat... Ce n'est donc pas le moment... Mais le secrétaire général de l'UMP n'a peut-être qu'eu le tort d'avoir parlé trop tôt"... Sans compter que "sur le fond, la disparition de toute référence collective à une durée du travail constituerait une rupture avec l'histoire sociale de la France, analyse Dominique Seux, dans Les Echos... une rupture qui n'apparaît pas possible, ni même sans doute utile"... Reste que, pour Frank de Bondt, dans Sud-Ouest, "François Fillon a promis un second semestre musclé... Alors abattre le mur des 35 heures pourrait être un exercice d'échauffement"... Echauffés, eux, ils le sont... Echauffés, révoltés, exaspérés... C'est avec ces qualificatifs que vos journaux parlent des pêcheurs ce matin... Alors vous verrez sur des cartes, comme dans Le Parisien-Aujourd'hui en France, que le nombre de ports touchés par la grève est de plus en plus important... Vous verrez aussi, en Une de Sud-Ouest et de Ouest-France, cette photo d'un chalutier, dans le port de Cherbourg... un chalutier où est accrochée cette banderole qui demande : "A qui va le pognon ?"... Les pêcheurs y expliquent qu'ils vendent le congre 19 centimes d'euro le kilo à la criée, et qu'à la poissonnerie ils le retrouvent à 12 euros 90... Alors on le sait : à la base, c'est l'augmentation du prix du gazole qui sème la tempête... Et là, Michel Lépinay, dans Paris-Normandie, se souvient des quelques minutes passées par Nicolas Sarkozy au Guilvinec, début novembre... Vous vous en souvenez certainement aussi : on avait vu une de ces altercations dont le Président français a le secret... Mais ensuite, rappelle l'éditorialiste, "Nicolas Sarkozy avait rassuré les pêcheurs, promettant que l'Etat ferait le nécessaire pour compenser la hausse du pétrole... Mais l'enthousiasme présidentiel a buté sur un principe de réalité : celui des caisses vides, selon son expression"... Et "qu'est-ce qui se passerait si tous les gens cessaient le travail parce que l'essence est trop chère ?", s'énerve Hervé Chabaud, dans L'Union... Pour lui, "les poussées de fièvre de la pêche française témoignent d'une profession en crise, qui entreprend dans la douleur sa mutation, avec les contraintes supplémentaires du développement durable... Et ce n'est pas l'assistanat qui assurera l'avenir de ce métier, aussi respectable soit-il"... Et en même temps, "comment ne pas compatir avec la détresse des forçats de la mer ?... Comment aussi ne pas s'interroger sur les paradoxes d'une filière à la dérive ?", écrit Rémi Godeau, dans L'Est Républicain... "Alors c'est vrai : le prix du gazole n'arrange rien... Mais la crise est plus profonde... Contrairement à l'Espagne, le gouvernement français s'est contenté d'accompagner la débandade... comme si la politique des quotas de Bruxelles expliquait tout... comme si les aides publiques distribuées à chaque tempête sociale arrangeaient tout... comme si la filière elle-même, obsédée par le rendement immédiat, pouvait s'exonérer de tout"... Alors "faut-il payer pour pêcher ?"... C'est la question de la rubrique Ecofrictions du Monde... Demain, le gouvernement doit rencontrer les pêcheurs... "Il faut que l'avenir de notre métier soit tracé : soit on nous dit : 'vous travaillez', soit on nous dit : 'vous ne travaillez plus'", explique le président du Comité régional de pêche du Nord-Pas-de-Calais... Et la journaliste du Monde conclut : "Faut-il aider davantage ce secteur ?... Son avenir est en jeu... La question est politique, autant qu'économique"... Là, la question n'est que politique... Vous venez d'en parler, Nicolas, avec votre invité... La réforme des institutions est également en bonne place dans la presse... Le débat s'ouvre aujourd'hui à l'Assemblée Nationale... Et la lecture de vos journaux constate que l'ambiance est tendue... "Constitution : la réforme menacée" : c'est La Croix qui s'inquiète... "La gauche fait monter les enchères, et les députés de droite expriment leur hostilité... Bref, il sera difficile de trouver la majorité des trois-cinquième nécessaires à la révision des institutions"... C'est la faute au Parti Socialiste... "Le PS mauvais joueur", estime Paul-Henri du Limbert, dans Le Figaro... "Les socialistes cherchent une mauvaise querelle en critiquant l'autorisation faite au chef de l'Etat de s'exprimer devant les députés et les sénateurs... C'est le paradoxe de cette réforme constitionnelle : elle est mise en péril par ceux qui, historiquement, l'ont toujours souhaitée", conclut l'éditorialiste... C'est vrai, confirme Olivier Picard dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace... "Le PS a bien mauvaise grâce à monnayer ses voix... S'il avait été au pouvoir, il aurait pu présenter le même texte sans rougir"... "Les demandes du PS, ce n'est pas la mer à boire"... Dans La Croix, le socialiste Arnaud Montebourg accuse Nicolas Sarkozy de porter le poids d'un échec de cette réforme... "C'est bien parce qu'il n'aura pas voulu suffisamment limiter ses propres pouvoirs que la réforme risque de ne jamais voir le jour"... Et cela ne pourra que satisfaire L'Humanité... qui explique en Une : "L'Etat, selon Sarkozy, c'est deux parties et une seule tête"... Le quotidien commente : ce texte sur les institutions renforce le présidentialisme et pousse au bipartisme... Pour Maurice Ulrich, c'est une mise à mal du contrat social, le citoyen n'aura plus guère son mot à dire... "Il faut dire que les grands de la planète ne veulent pas de lui pour gérer les affaires du monde"... Et sinon, ce matin, que peut-on lire d'autre dans la presse ?... Le titre de Une le mieux choisi... celui de Libération... "Voir Naples et pourrir"... Le journal consacre tout un dossier aux déchets napolitains... "Nettoyer la ville envahie par les ordures et combattre la mafia qui en fait commerce sont les premiers défis du gouvernement Berlusconi"... "Télévision : l'offre d'Orange qui défie Canal+"... Ca, c'est en Une de La Tribune... qui explique que France Télécom lance une offre de télévision par satellite pour les foyers qui ne peuvent pas recevoir la télé par ADSL... Et Aujourd'hui en France-Le Parisien a choisi de mettre le même sujet à sa Une... en présentant "Didier Lombard... le PDG de France Télécom... L'homme qui va changer la télé"... Sur Rue89... vous lirez que l'on peut à nouveau séparer les filles et les garçons à l'école... La nouvelle loi contre les discriminations rend possibles les classes non mixtes, pourtant interdites dans l'école publique depuis 1975... Et puis, pour finir... "2 euros pour essayer une paire de chaussures"... C'est La Provence qui a découvert cette affichette (au passage, illégale) dans la vitrine d'un magasin marseillais... En cause : les anciennes chaussures orthopédiques, devenues un must à la mode : les Birkenstock... Elles sont vendues 48 euros en moyenne dans les magasins... On les trouve à 30 euros sur Internet... Résultat : les gens viennent essayer en boutique, vérifier la bonne pointure, prendre la référence, et rentrent chez eux commander sur la Toile...

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