La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

On commence ce matin par un fait, nous sommes vendredi…

Et c’est une info, car figurez vous que le jour de la semaine induit une adaptation de notre métabolisme et explique donc un comportement différent voire la programmation des invités de cette matinale, Patrick. Et nos auditeurs vont enfin comprendre pourquoi on a reçu mardi par exemple le ministre de la justice Jean Jacques Urvoas, et pourquoi ce matin, c’est Didier Daenincks qui est avec nous

C’est Nicolas Santolaria qui dans un papier assez drôle à retrouver sur le site du Monde nous informe de cette nouvelle pathologie salariale par encore répertoriée par la médecine du travail mais indubitable ; la vendredite. Explication : le lundi, le salarié est encore jet laggé par son we, le mardi constitue le cœur productif de sa semaine, il lance tous les chantiers, le mercredi il souffle un peu..le jeudi il se rend compte que ce qu’il a lancé le mardi patine, et entre dans une phase de décélération progressive. Et il arrive donc au vendredi, et c’est là que son métabolisme anticipe le week end avec 24 heures d’avance…bref il commence, vous commencez parait il à penser au tintement des glaçons annonçant l’imminence de l’apéro. « Vous êtes un malade social épris de sa pathologie, un Robinson qui a enfin trouvé sa raison d’être : vendredi » s’amuse le journaliste. Bon, comme nous on est sérieux à France Inter, on ne pense pas aux glaçons, mais à l’envie de culture du week end, et voilà pourquoi vous êtes ce matin avec nous Didier Daenincks ! CQFD

On est vendredi, ça n’empêche pas de faire une revue de presse si ?

Non ! et de parler de l’actualité, s’interroger notamment sur le crash du vol d’Egyptair hier…

Ce matin encore, que des questions, et notamment celle-ci, s’agit il d’un accident ou d’un attentat ? Vos quotidiens restent prudents même si quelques- uns glosent déjà sur toutes les bonnes raisons de croire à la piste terroriste. A la Une de Ouest France par exemple, Laurent Marchand explique que « si l’hypothèse de l’attentat doit se concrétiser, le crash pourrait bien constituer un coup double pour les djihadistes. Frapper la France et l’Egypte d’un seul coup »… « Si l’hypothèse était confirmée » renchérit l’éditorialiste du Figaro Yves Thréard, le gouvernement ne pourra pas dire qu’il n’était pas prévenu..et du coup, Yves Thréard en profite pour lui demander de renoncer au fan zones prévues pour l’euro. Menaces trop fortes dit . A l’appui, le Figaro rappelle que le numéro 1 de la sécurité intérieure, le patron de la DGSi a bien souligné il y a 10 jours que la France était la cible numéro 1 des terroristes…

Sauf qu’il faut parfois se méfier des premières versions données aux événements…c’est ce que nous révèle Libération ce matin en revenant sur le dernier incident aérien touchant déjà un vol égyptair. Le 29 mars dernier, un égyptien avait détourné un avion et ses passagers, le forçant à atterrir à Chypre. Le pirate de l’air s’était finalement rendu aux autorités. Qu’en avait-on retenu ? Qu’il s’agissait d’un amoureux transi qui voulait revoir son ex femme. Romantique et rassurant mais… faux nous raconte ce matin, Maria MALAGARDIS, envoyée spéciale de Libération à Chypre : le pseudo pirate amoureux, était un opposant notoire au régime du maréchal Al sissi ,il affirme aujourd’hui avoir été emprisonné au Caire dans une cellule voisine d’un jeune italien, jeune italien retrouvé mort au Caire début février dont l’autopsie a montré qu’il avait été torturé et battu à mort. Par qui ? Méthodes caractéristiques de la police politique affirme l’opposition égyptienne, ce que démentent les autorités. En attendant, ce mort empoisonne les relations entre l’Egypte et l’Italie. Alors le pirate de l’air souhaitait il effectivement attirer l’attention du monde entier sur les violations des droits de l’homme en Egypte, et notamment sur les tortures subies par ce jeune italien en détournant cet avion ? C’est ce que plaide son avocat. L’Egypte dépose ce matin officiellement une demande d’extradition de cet homme, aujourd’hui réfugié à Nicosie.

Menace terroriste, montée de l’islamisme en France, nouvelle illustration ce matin dans la presse…

Avec cette Une du Figaro magazine ce matin, « Molenbeck sur seine », « A saint denis, l’islamisme au quotidien ». Reportage de Nadjet Cherigui avec des photos d’Hervé Lequeux, photos de femmes voilées de la tête aux pieds dans les rues de saint denis, de mosquée comble, et de prières de rue. La journaliste raconte une ville qui semble, à la lire, presque totalement tombée aux mains des plus radicaux. « Nous sommes cernés par les intégristes témoigne même le responsable de la mosquée située juste à côté de la basilique de saint denis », le maire dit être démuni face à la radicalisation, le préfet confirme le phénomène et parle de surveillance des individus mais sans vouloir en dire plus, les musulmans « modérés » se sentent totalement débordés par ces jeunes, plus du tout barbus, élégants courtois mais qui affirment tranquillement qu’un homme ne doit pas serrer la main d’une femme, des femmes qui ont soit choisi le voile, quitte à devoir renoncer à leur rêve d’enseignement, soit se disent désarmées face à la stratégie des intégristes, qui arrivent à terroriser toutes celles qui sont non voilées ou non musulmanes, tout simplement en occupant l’espace, en bloquant les trottoirs, en les empêchant de passer » raconte l’une d’elle. Reportage à vrai dire assez terrifiant…

Saint denis, vous connaissez cette ville, vous y êtes né, est-ce la ville telle que vous la vivez aujorud’hui Didier Daenincks ? Une ville sous contrôle des islamistes ?

Comme nous sommes vendredi Hélène, vous l’avez dit, vous avez choisi de finir avec des articles consacrés à la culture vous aussi ce matin

Avec quelques articles très éclectiques mais passionnants

D’abord le témoignage de l’écrivain napolitain Erri de Luca dans le Point, qui a quelque chose à voir avec ce que nous vivons depuis quelques semaines en France. Celui qui a été engagé dans les combats d’extrême gauche en Italie dans les années 70 ne renie rien de son combat et se souvient de cette « fièvre politique qui s’était emparée de l’Italie, « non ce n’était pas des années de plomb dit il, mais des années de cuivre, ce métal conducteur qui nous mettait tous en contact les uns avec les autres » Aujourd’hui, il regrette que les jeunes dit il soient si peu nombreux à s’engager. Ils acceptent la version du monde des adultes, la jeunesse est faible ».Sans doute les jeunes français de Nuit debout tiendront ils à démentir cette version un brin nostalgique

Avec une enquête sur le théâtre privé revivifié par l’engagement des patrons. C’est à lire dans les Echos week end. Jacques Antoine Grandjon de Vente privée, Vincent Bolloré pour Vivendi ou encore Marc ladreit de lacharrière rachètent à tour de bras des petits théâtres privés. Pour en faire quoi ? faire rayonner leur marque, bien sûr, placer les talents Vivendi renchérit Bolloré, voilà on sait désormais où pourront se produire les talents Canal Plus à l’avenir… peut être les débuts en tout cas d’un Broadway à la française qui pourrait revivifier un secteur aujorud’hui touché par la crise

Et enfin avec une critique d’expo..Waouh..oui parce que je ne sais pas comment qualifier autrement ce texte de Claire Dolek dans le magazine Réponses Photos. Critique consacrée au photographe ARAKI qui expose actuellement au musée Guimet à Paris, des clichés de femmes nues, ligotées, au sexe visible. Torride voire dérangeant pour certains, mais Claire Dolek arrive à lier la géographie de l’organe génital féminin et la libération que cela représente de le donner à voir. Jusque là écrit elle, la différence entre la génitalité visible extérieure des garçons, et celle, cachée intérieure des filles modelait le monde » écrit elle, grâce à Araki qui met en scène ce sexe ouvert, ce tabou est tombé. On se sent moins bête après avoir lu cette critique. C’est fait pour ça non une critique ?

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