18 mars 2006 : le CPE est mort. Est ce que "L'Humanité", en Une, le proclame à tort ? On verra... Réponse dans les jours qui viennent... Probablement... Et précisément... Que faire ? Alors voici les quatre scénarios que nous expose le journal "La Croix" : 1 : Dominique de Villepin impose le CPE, coûte que coûte... Risqué... très risqué... Mais l'obstination de l'exécutif n'est pas à exclure, estime "La Croix"... 2 : Dominique de Villepin propose des aménagements... Plausible... Pourquoi pas aujourd'hui même ? 3 : Jacques Chirac suspend l'application du CPE pour une durée de 6 mois, le temps de se retourner... 4 : Arrive une providentielle censure du Conseil constitutionnel. En tout cas, "nombreux sont ceux qui décèlent, dans l'obstination du Premier ministre, son incapacité à appréhender la société réelle", écrit Jacques Guyon dans "La Charente Libre"... Une réalité qui pourrait se résumer, par exemple, dans les propos de Céline, mise en exergue en Une de "L'Humanité"... Céline, 21 ans, étudiante à Lille, qui dit : "La dernière fois que j'ai manifesté, j'étais contre Le Pen... Je ne voulais pas d'une société raciste... Aujourd'hui, je ne veux pas d'une société qui fonctionnera sur la peur d'être licencié à tout moment". "Retirez le CPE !", titre "L'Huma", à qui le sujet donne des couleurs... "A la rue", écrit "Libération", qui montre un Premier ministre de dos... "Un Premier ministre qui se moque du monde", reprend le titre de "Libé" en pages intérieures... "Irresponsable, ce chef du gouvernement dont la surdité égotique nourrit une crise sociale profonde", écrit Jean-Michel Thénard... D'ailleurs, selon le sondage LH2 publié par "Libération", seuls 6% des Français défendent le CPE tel qu'il se présente aujourd'hui. "Villepin, rends-toi !", titre de son côté "France Soir", qui s'attarde sur l'ultimatum lancé par les syndicats... Echéance ce soir... "Cette crise est en train de prendre un tour irrationnel", se lamente Alexis Brézet dans "Le Figaro", qui estime que les syndicats prennent le risque d'engager le pays dans une épreuve de force dont nul ne saurait prédire l'issue... ...Sauf Jean Levallois, dans "La Presse de la Manche", qui n'y va pas par quatre chemins : selon lui, un printemps chaud ne donnerait pas un nouveau Mai 68, mais serait prétexte à un déchaînement de violences n'ayant plus rien à voir avec l'époque ancienne... Nous changerions de type d'événement... Ce serait sanglant... Avec des morts au fil des semaines, car ce serait le choc de deux France ne pouvant plus résoudre la fracture qu'elles ont, avec une belle inconscience, aggravée. Tiens, puisqu'on parle de Mai 68, l'analyse, sur ce point, de "Marianne"... En quelques mots, la messe est dite : "En Mai 68, la société vivait dans un état de progrès social continu... Le blocage était purement sociétal... Aujourd'hui, c'est exactement l'inverse : à l'extrême libération sociétale correspond une radicale régression en matière économique et sociale". Et puisque nous faisons un peu d'Histoire, arrêtons-nous quelques instants sur cette jeunesse française qui a fait plier ou vaciller le pouvoir depuis Mai 68, la matrice de toutes les contestations... C'est "Le Figaro" qui en fait la compilation... Une sorte de "revue de slogans", marqueurs de l'Histoire immédiate... Avril 73, contre la loi Debré sur le service militaire : le slogan, c'était "Non aux lycées-casernes !"... Mars-avril 76, contre la réforme du second cycle universitaire : "Non à la fac des patrons !"... Novembre 86, loi Devaquet : "Non à la sélection !"... Mars 94 : CIP, "Les patrons l'ont rêvé, Balladur l'a fait"... Il y a eu aussi octobre 98, contre les mauvaises conditions matérielles dans les lycées, avec pour slogan : "Nous ne sommes pas des vaches Allègre"... Et enfin, février 2005, contre la réforme du baccalauréat : "Fillon, get back !". Un dernier mot sur le CPE... Combien étaient-ils dans les rues samedi ?... On sait à quel point il est difficile de quantifier une manif, sauf à se reposer sur le ratio surréaliste qui consiste à prendre les chiffres donnés par les organisateurs et ceux de la police, et les diviser par deux... Alors on peut dire, comme "L'Humanité" par exemple : "Marée humaine"... Ou on peut, comme "La Tribune", à force de vouloir être honnête, tomber dans la farce des chiffres... Puisque le quotidien économique annonce de 500.000 à un million et demi de manifestants... Autrement dit, du simple au triple... Ce qui donne à la marge d'erreur le statut de référence. Autre photo de manif aujourd'hui, dans la presse... A Rome, à Londres ou à New York... Entre quelques milliers et quelques milliers de personnes... Elles sont venues protester contre la guerre en Irak, trois ans après le début des hostilités... "Trois ans de larmes et de sang", titre "L'Humanité"... Et pourtant, contrairement à Churchill, George Bush n'avait rien promis de tout cela... Au contraire : il parle de "démocratie"... Résultat : le pays s'enfonce dans la guerre civile... Alors, "l'Irak aura-t-il la peau de Bush ?", titre "Libération"... Alors que "Le Figaro" égrenne les chiffres... 2.318 morts et 17.124 blessés au sein des troupes américaines... Entre 34 et 38.000 civils irakiens tués... 311 civils étrangers, également, ont trouvé la mort... Quant au coût financier de l'opération, il sera de 250 milliards de dollars fin 2006... "Triste anniversaire", titre "Le Figaro"... "Le fiasco irakien", pour "France Soir"... qui constate, comme tout le monde, qu'au lieu de la démocratie, c'est la guerre civile qui se met en place... Ce à quoi, sybillin, le secrétaire d'Etat américain à la Défense, Donald Rumsfeld, répond que "définir les différents éléments d'une guerre civile, ce n'est pas un exercice facile"... "Cette guerre est une guerre sale", écrit Gérard Dupuy dans "Libération"... "Il faut critiquer la puissance impériale américaine pour avoir déclenché cette folie... Mais il faut aussi admettre que les Arabes musulmans y assassinent interminablement d'autres Arabes musulmans... Sous le prétexte de résister aux Américains, c'est le petit peuple qu'on égorge", conclut Dupuy. Jeudi dernier, Madame de Panafieu, candidate UMP aux municipales à Paris en 2008, se prenait un oeuf sur la tête... Enfin, sur l'oeil gauche, pour être précis. Il était 17h45, au milieu des tours grises de logements sociaux construits dans les années 60... Dans le 19ème. L'homme qui a jeté l'oeuf est un certain Jacques Deroo, 50 ans, éducateur au chômage, spécialiste de l'action individuelle... C'est lui qui avait stoppé deux métros à la station "Assemblée nationale", pour "tirer la sonnette d'alarme sociale". Jacques Deroo, aujourd'hui animateur à l'Armée du Salut, est une sorte de "salaud de pauvre", puisque c'est comme ça qu'il a intitulé son livre, paru l'an dernier, où il raconte son histoire... Histoire que raconte à son tour le journal "Le Monde". Alors, pourquoi avoir jeté un oeuf sur Françoise de Panafieu ?... Eh bien, parce que le 1er mars, il a voulu la rencontrer, mais s'est heurté à un refus... Ce qui lui a donc valu ce jet d'oeuf. Ceci étant fait, Jacques Deroo, qui a créé son site internet, salaudsdepauvres.com, entend présenter en 2008 des listes de candidats pauvres, avec un programme, s'il vous plaît, comme la construction de châlets sur les terrains en friche des grandes villes, pour y installer des sans-abri. En attendant, il devra répondre le 17 mai, devant la justice, de "violence avec arme"... A savoir un oeuf, selon le procès-verbal de la police. Avec tout ça, c'est un miracle que Françoise de Panafieu n'ait pas un oeil poché... Mais les miracles, ça existe, figurez-vous... Enfin, un peu moins qu'avant... C'est une valeur en baisse, le miracle, au grand dam de l'Eglise de Rome et de la capitale mondiale de la spécialité : Lourdes. Les données du problème sont assez simples, finalement... La religion catholique a ses dogmes, ses sacrements et, disons, ses arguments-massues, dont le plus fascinant est bien sûr le miracle. Or, la science vient tout gâcher quand, aujourd'hui, elle explique ce qu'elle ne pouvait pas expliquer avant... D'où une certaine crise d'identité au sein de l'Eglise catholique... On la comprend un peu... Un catholicisme sans miracle, c'est triste comme un printemps sans bourgeons... Ou la pluie sans l'été... A tel point que l'Evêché de Tarbes et de Lourdes a décidé d'assouplir les règles d'authentification d'un miracle. C'est "France Soir" qui s'intéresse à la chose, sous le titre, irrespectueux, de "Miracles en stock", et qui nous rappelle d'abord que les miracles officiels, qui se font de plus en plus rares à Lourdes, ne sont qu'au nombre de 2 pour les 10 dernières années. Comparés aux 6 reconnus pour la seule année 1862, c'est morne plaine. C'est donc la raison pour laquelle l'Eglise introduit maintenant la notion de "témoin fiable"... Disons que la parole du miraculé pèsera plus qu'avant, même si le même sérieux sera gardé dans l'examen scientifique du dossier, affirme l'évêque de Lourdes. Des esprits cartésiens préfèreront parler de "guérison exceptionnelle", comme en a bénéficié tout récemment une Française, qui a demandé à conserver l'anonymat... Atteinte d'un lymphome malin du poumon, compliqué un an plus tard par une leucémie aiguë... Le pronostic était très pessimiste... Eh bien, cette dame se porte comme un charme depuis 13 ans... Depuis qu'elle est allée à Notre-Dame de Lourdes... Ce que les médecins appellent "ni séquelles, ni rechute, en coïncidence d'une démarche de foi"... Tout est dans les mots... Les mots pour le dire. Bonne journée !... A demain !...

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