pour la première fois dans l'historie du bac littéraire, une femme au programme. 5 candidats en débat ce soir, peut-être le début de la campagne. Et la Queen d'Angleterre...

LA revue de presse, bonjour Hélène Jouan

Vous commencez par notre thématique du jour, l’éducation nationale

Avec une grande première révélée ce matin par Aujourd’hui en France/le Parisien, pas dans les filières pro que vous auscultez Patrick ce matin à Perpignan, mais pour les filières L. Au programme de littérature du Bac 2018, pour la première fois, il y aura..une femme ! Madame de Lafayette et sa « Princesse de Montpensier ».

Christel Brigaudeau raconte qu’aussi loin que remontent les archives, aucune plume féminine n’y avait jusque-là sa place…Diderot 2 fois, le poète Yves Bonnefoy y a fait son apparition, même le général de Gaulle. Mais Marguerite Duras, Simone de Beauvoir, Colette, George Sand ou Madame de Sévigné : inconnues au bataillon ! C’est la pétition lancée par une prof de lettres du Val de Marne qui l’an dernier a recueilli près de 20 000 signatures qui aurait fait bouger les lignes. Emue de ce taux anormalement élevé de testostérone dans les programmes, la ministre Najat Vallaud Belkacem a donné des consignes. Alors on n’y est pas franchement, à l’agrégation de lettres, seules 2 auteuRES au programme depuis 1981, les manuels de seconde sont encore des monuments de sexisme avec 95% des textes littéraires et théoriques signés par des hommes…Mais c’est un début, comme dirait l’autre, continuons le combat…

Le sexisme, l'intelligence artificielle aussi

D’autant qu’il va peut-être falloir songer à l’extension du domaine de la lutte. Dans Mashable Fr à retrouver sur le site de France 24, Aude Lorriaux signe un article passionnant sur "le sexisme de l’intelligence artificielle" , compte-rendu d’une conférence qui s’est tenue sur le sujet. La faute à qui ? Moins à la machine, qu’à nous-mêmes vous vous en doutez. Mais entre une histoire de l’ingénieurie informatique marquée par la misogynie de ses pères fondateurs, et des algorithmes qui ne corrigent pas les demandes des internautes, vous vous retrouvez avec sur la toile, du sexisme gratiné. Exemple, pendant longtemps si vous tapiez « les femmes devraient » dans le moteur de recherche Google, vous vous retrouviez avec « les femmes ne devraient pas voter ».J’ai fait l’expérience ce matin : première occurrence : » ce que les femmes devraient arrêter de faire, avec conseils de beauté à la clef ». On progresse grandement… Dans la case, les clichés ont la vie dure, Aude Lorriaux relève aussi que dans la majorité des cas, les assistants en ligne disponibles via internet sont des assistantes, sauf si on parle argent, là vous aurez droit à un homme, c’est du sérieux. Enfin, dernière expérience, tapez Hommes dans la barre d’images de Google, vous vous retrouverez avec une collection de hipsters, bien de leur personne, mais habillés, tapez femmes, les mêmes clones toujours bien de leur personne, mais cette fois en maillot de bain ou carrément dénudées

Madame de Lafayette au programme…on va dire que c’est un début.

Dans la presse ce matin Hélène, autre début, celui de la campagne présidentielle…

« C’est parti » clame Libération, avec 5 candidats photoshopés sur les startings bloks, les 5 qui débattront ce soir sur TF1, une première dans l’histoire de la vie de politique française relève tout le monde. « Ce soir, tout peut basculer » prédit Le Parisien. Et beaucoup de vos quotidiens dressent candidat par candidat, ce que chacun a à gagner, et à perdre. Le nouveau favori, Emmanuel Macron étant celui qui de l’avis de tous a le plus à perdre.

Alors pourquoi ce débat pourrait tout changer ? Dans Ouest France, le professeur d’histoire et directeur du Temps des média, Christian Delporte analyse les raisons d’une telle attente, tout en en pointant les limites : « à 5 semaines du premier tour, habituellement les électorats sont cristallisés et bougent peu. Ce n’est pas le cas cette fois, l’électorat reste indécis et volatile précise t il. le problème c’est que le débat, en raison du nombre de candidats sur le plateau, sera corseté. Jusque-là, on était habitués au duel de l’entre-deux tours, où le spectateur venait soutenir son champion, comme s’il assistait à un match de boxe…l’affrontement droite/gauche était classique. Cette fois, les choses sont plus compliquées… » Dans son édito à la Une de l’Opinion, Nicolas Beytout souligne lui aussi qu’il y a des ingrédients nouveaux dans cette présidentielle: « la désagrégation des grands partis traditionnels et la montée de l’extrême droite ont totalement brouillé les frontières idéologiques qui jadis permettaient d’opposer les programmes ». Fillon/Macron partagent plusieurs positions de principe sur l’europe ou la compétitivité, mais hamon parle à leurs électeurs quand il évoque la santé ou l’environnement, quand Mélenchon et le Pen se retrouveront pour dénoncer « le système ». Reste dit il, la personnalité des candidats, leur stature, leur savoir-faire.Est-ce cela donc que nous allons juger ce soir ? On se retrouve demain matin pour en parler

Un mot sur le week-end politique, L’Humanité fait sa une sur le rassemblement de Jean-Luc Mélenchon samedi à Paris, « la République voit grand » s’extasie le journal, 130 000 personnes ont revendiqué les organisateurs, avec cette saillie très drôle relevée dans le cortège : « sur l’échelle Fillon/Retailleau, on est 8 millions à peu près » lâche un jeune manifestant pour se moquer du nombre avancé par les proches du candidat lors du rassemblement au Trocadéro.

François Fillon justement, dont le site le Huffington post nous rappelle qu’il a troqué hier son slogan « le courage de la vérité », un peu encombrant semble-t-il, contre « Une volonté pour la France ». Un slogan dont avait déjà usé le syndicat étudiant très droitier l’Uni, pour soutenir Jacques Chirac en 2002

Enfin le meeting de Bercy hier du candidat socialiste : amusant de constater que le Figaro juge que benoit Hamon, « survolté, efficace, faisant appel aux émotions du peuple de gauche » a « « réveillé sa campagne ». c’est le titre. Quand Mediapart, plus circonspect sur la suite des événements estime que Benoit Hamon s’est juste offert « un sursis »

On termine Hélène par un nom de code, et un plan quasiment martial pour un événement préparé avec la plus grande minutie.

« London Bridge is down », le london bridge n’est plus…ce sont ces quelques mots qui seront susurrés à l’oreille du premier ministre britannique en exercice pour l’informer du trépas d’Elizabeth 2. Incroyable article publié en fin de semaine par le Guardian, que vous avez peut-être vu tourner sur la toile ce week-end, qui raconte quasiment minute par minute, l’Opération London bridge, qui sera donc déclenchée à la mort de la reine. A la BBC par exemple, l’alerte RATS, un système datant de la guerre froide et visant à protéger l’Angleterre d’une attaque, sera activé. Le problème, raconte le Guardian, c’est que ce déclenchement est tellement exceptionnel que la plupart des journalistes ne savent même pas à quoi ressemble l’alerte. «Dès qu’il y a un bruit étrange dans la rédaction, il y a toujours quelqu’un pour demander “est-ce que c’est RATS?” parce que nous ne savons pas quel bruit il fait, raconte un reporter régional.». Pour les radios privées, des voyants lumineux clignoteront afin qu’ils basculent sur des playlists tristes (mood 1) ou très tristes (Mood 2). Le Times a déjà de quoi tenir 11 jours en édition spéciale… Ce plan est revu 2 à 3 fois par an depuis les années 60. L’idée c’est que tout doit être parfait, parce qu’il n’est pas question de réitérer l’enterrement raté de la princesse Charlotte en 1917, un vrai bazar parait il où les croques morts étaient ivres morts. Evénement historique, mondial, il s’agira également pour la Grande-Bretagne de faire le deuil de sa puissance, le règne d’Elisabeth II ayant malgré elle correspondu avec la fin de l’empire britannique. Bref tout est prêt. Même si je vous rappelle que le London bridge, comme Elizabeth 2, 91 sont toujours debout !

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