Il faut se souvenir du contexte... Nous étions le 21 septembre 2001 : dix jours après les attentats de New York. Nous étions encore traumatisés par les images d'avions s'encastrant dans les tours. Et ce matin du 21 septembre 2001, une énorme explosion retentit à l'usine AZF, à Toulouse. A nouveau, des reportages épouvantables au journal télévisé. Huit ans plus tard, le jugement est à la Une de La Dépêche du Midi ce matin : "AZF : pas de coupables". Dominique Delpiroux décrit le climat dans le tribunal. "Au fond de la salle, les anciens salariés ont lancé quelques applaudissements, vite réprimandés par le président. Le silence revient, pesant, suspendu. Et une voix étranglée lance : 'C'est un scandale !'. Avant de dévoiler le jugement, le président s'est expliqué pendant plus d'une heure et demie". Résumé dans Libération... "Grande Paroisse, la filiale de Total, a commis de multiples fautes, et même cherché à tromper la justice. Mais on ne dispose que d'un faisceau d'indices, pas de preuves". Jean-Claude Souléry reprend, dans son édito de La Dépêche du Midi... "Le doute doit profiter aux accusés. Voilà que nous ne savons toujours rien, ou presque rien. Il y a de quoi rester aussi abasourdis qu'au premier jour". Dans Libération, le président de l'association des sinistrés dit accepter la décision de justice, mais il a ce commentaire : "Ce jugement a mis du Tabasco sur les plaies". Le procureur va-t-il faire appel ? Selon La Dépêche du Midi, il se prononcera aujourd'hui. (Nicolas Demorand : "L'Europe a désigné son nouveau Président")... "C'est un Président pour la déco, et même un anesthésiant local", pour Jean Quatremer dans Libération. Portrait du Belge Herman Van Rompuy, façon séance diapos. "Il a passé ses dernières vacances à parcourir l'Australie en camping-car. Les photos complaisamment diffusées le montraient en train de pique-niquer en short. Plus simple et plus cliché belge, tu meurs. C'est un grand-père attentionné, il veut que cela se sache... tellement réservé qu'il est parfaitement inconnu sur la scène internationale". Après cette saillie vacharde, parole aux Belges... "Mister Nobody à la tête de l'Europe ?", écrit Béatrice Delvaux dans Le Soir de Bruxelles. "Les Belges auraient pu reprendre ce refrain. Mais, depuis quelques mois, ils ont adopté ce Van Rompuy tactique, discret, malin et philosophe, qui leur a redonné de la stabilité. Les Européens feront-ils la même découverte ?". A côté du Belge, il y a l'Anglaise : Catherine Ashton, nouvelle ministre des Affaires étrangères. Pour un journaliste de l'hebdomadaire The Economist cité par Jean Quatremer, décidément ronchon dans Libération, "c'est le plus mauvais choix possible, celui que tout le monde redoutait : aucune expérience de la diplomatie". "Les Britanniques voulaient tuer le poste : ils ont réussi", renchérit un diplomate. Quel rôle Nicolas Sarkozy a-t-il joué dans ce Mécano ? Réponse dans Le Figaro... A propos de Van Rompuy, le Président français dément l'idée d'un choix par défaut. Il y a pourtant un peu de cela : Le Figaro rappelle que son premier choix, c'était Tony Blair, mais la bronca était trop importante. Il a donc privilégié une chose : marcher main dans la main avec l'Allemagne. Et le chef de l'Etat a pu dire hier qu'Herman Van Rompuy est le candidat des deux pays, qui étaient sur une ligne identique. (ND : "Et l'équipe de France de foot continue de faire parler dans tous les Cafés des Sports")... Double ration de ballon sur le zinc, en ce moment... "Ballon de foot et ballon de Beaujolais nouveau", rappelle Didier Pobel dans Le Dauphiné. "Et si on rejouait le match ?". "Idée d'alcoolo", semble dire la Fédération internationale de foot, la FIFA. Sur le site Internet de l'Irish Times, Emmet Malone, qui est "soccer correspondant" du journal, développe les arguments de la Fédération irlandaise de foot... "A chaque conférence de presse de la FIFA, on entend parler de fair-play et d'intégrité. Voilà une belle occasion de montrer que ce ne sont pas que des mots. Et l'Irlande rappelle qu'on a déjà rejoué un match de qualification en Coupe du Monde. C'était en 2005 : Ouzbekistan-Bahrein. Il y avait eu un mic-mac autour d'un penalty, et la partie avait été rejouée. La FIFA fait valoir que, dans ce cas précis, les règles du jeu n'avaient pas été appliquées, alors qu'au Stade de France il s'est agi d'une erreur de jugement. Réponse irlandaise à cet argument : si la Fédération française acceptait qu'on rejoue, la FIFA serait obligée de s'incliner". Aux Français de faire preuve de bonne foi donc. En ce moment, Raymond Domenech est tellement détesté qu'on a presque envie de le défendre par esprit de contradiction. Mais il n'y met pas du sien. L'interview qu'il accorde à L'Express.fr est un monument de langue de cuir : "Je ne comprends pas pourquoi nous sommes présentés comme coupables. La main de Thierry Henry non sifflée, c'est une erreur d'arbitrage. Mais pour moi, il s'agit d'un fait de jeu, et non d'une tricherie. A mes yeux, la qualification s'est jouée au match aller. Je n'arrive pas à saisir cette sorte de moralisme". Domenech est-il l'homme de la situation ? Cela fait belle lurette que L'Equipe en doute. Et ce matin, le journal, qui s'était fait tacler pour avoir vertement critiqué Aimé Jacquet avant qu'il ne gagne la Coupe du Monde, le journal lance la campagne de déstabilisation de Domenech, avec cette "question qui fâche" : "Est-il opportun de le maintenir à son poste ?". En tout cas, cette histoire permet à tout le monde de se défouler... Pour Libération, Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts ont imaginé un Quiz autour des mains célèbres. Je vous cite la question n°2 : photo d'une main avec une bague somptueuse... Cette bague appartient à Rachida Dati, mais qu'a-t-elle d'autre de particulier ? Réponse A : Elle coûte 15.600 € (la bague, pas Rachida). Réponse B : Elle est apparue nue en Une du Figaro (la bague, pas Rachida). Les deux réponses sont acceptées. A propos de censure, Le Parisien-Aujourd'hui, entre autres, raconte la dernière de la Régie publicitaire de la RATP : interdire dans le métro l'affiche du film "Gainsbourg", qui sortira en janvier. Pourtant il n'y a même pas de cigarette, mais juste de la fumée qui sort de la bouche d'Eric Elmosnino, qui incarne Gainsbarre. Détail incohérent : la publicité sera interdite dans le métro mais autorisée sur les bus. (ND : "D'autres informations glanées dans la presse")... Des croix gammées cachées dans les affiches du marché de Noël de l'Office du tourisme d'Orange... A la mairie, longtemps fief du FN, on plaide non coupable et on renvoie vers les concepteurs du logiciel qui a servi pour l'affiche. C'est à lire dans La Provence. Votre avion a trois heures de retard : vous toucherez des indemnités... C'est un arrêt de la Cour européenne de Justice, détaillé dans Le Parisien. Jusque-là, il fallait cinq heures de retard. La nouvelle taxe pour boucher le trou de la Sécu : taxe sur les jeux téléphoniques à la radio et à la télé... Une partie du prix de ces appels surtaxés ira dans les caisses de la Sécurité Sociale. C'est "L'histoire du jour" dans Le Figaro Economie. A la rubrique "Santé", Le Figaro s'inquiète de la multiplication des cas graves de grippe A en service de réanimation... Ils concernent en majorité des personnes de 35 à 40 ans. Et puis il n'y a pas que le foot français dans la vie : il y a le foot algérien aussi... L'Equipe raconte comment les joueurs qualifiés pour la Coupe du Monde ont été accueillis dans une hystérie collective à Alger. Du jamais vu depuis l'indépendance de 1962. La France qui triche et l'Algérie qui gagne... Qu'en aurait dit Albert Camus ? A l'heure où Nicolas Sarkozy veut l'envoyer au Panthéon, à quelques semaines des 50 ans de sa mort, numéro spécial Camus dans Le Nouvel Observateur. Sa fille Catherine raconte les souvenirs qu'elle a de son père, notamment au moment de la guerre d'Algérie. En janvier 1956, dans les colonnes de L'Express, il avait demandé une trève pour les civils, et il était allé à Alger plaider cette cause. "Quand je pense, écrit Catherine, qu'on ose encore prétendre que Camus n'a rien dit sur l'Algérie. Il a continué d'écrire, jusqu'au moment où il a considéré que chaque mot ajoutait à la violence". Catherine Camus raconte encore ce père qui ne lui donnait jamais de baffes comme sa mère ou sa grand-mère. "Mais quand vous faisiez une bêtise, il suffisait d'un regard de ses yeux marrons-verts, et de quelques mots, pour vous sentir au ras du parquet". Au football, Camus jouait au poste de gardien de but. Mercredi, au Stade de France, c'est le seul qui soit sorti du terrain la tête haute. Bon week-end...

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