(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : mafieux, gourous et pauvres gens

(Bruno Duvic) C'est une interview hallucinante qui explique comment toutes les dérives sont possibles dans le football. Le 12 novembre, la semaine dernière, avant l'affaire des matches truqués et celle des transferts à l'OM, L'Equipe s'est entretenu avec le président de l'Olympique de Marseille. Entretien en partie enregistré en partie informelle. Le journal a choisi de le publier maintenant, y compris les off. Vincent Labrune y explique comment se déroulent les transferts. Si l'on devait résumer d'une phrase : lui, le patron de l'OM l'un des grands clubs de foot français, il ne maitrise pas grand-chose.

Qui dit transfert dit agent. Le problème c'est que la moitié des agents n'en sont pas ils n'ont pas la licence officielle. « Ceux qui ont la licence sont des couvertures pour d'autres. » Qui ? On ne sait pas vraiment. « Tu discutes avec des mecs en costard cravate nickels et six mois après, tu te rends compte qu'ils ont reversé de l'argent à Pierre Paul ou Jacques. »

En fait, l'affaire se traite souvent avec des intermédiaires pas bien identifiés. Transfert de Valbuena à Moscou, par exemple. « Les intermédiaires qui font les transferts pour Moscou m'ont envoyé une lettre selon laquelle c'était eux les représentants A la fin c'était Oui. Alors on doit payer l'agent, russe ou croate je ne sais plus. »

Et puis il faut compter avec les familles de joueurs. « Tu parles autant avec l'agent qu'avec le père, le frère ou je ne sais pas qui. »

Le président de l'OM ne sait pas. C'est ce que L'Equipe appelle « Les vérités de Labrune ». « Un éclairage instructif », commente le journal.

Scène de délire en Chine

Ils sont environ un millier dans les grands salons d'un hôtel 5 étoiles de Pékin. L'orateur fait son entrée dans un déferlement de musique et de lumière. A la fin de la conférence, on se précipite sur lui, banquiers et étudiants confondus pour un autographe ou un selfie. L'orateur est un Français, c'est l'économiste Thomas Piketty. « Piketty gourou mondial titre » L'Obs , qui le met en couverture cette semaine. Son livre, « Le capital au XXIème siècle » s'est vendu à plus d'un million d'exemplaires dans Le Monde . 500.000 en langue anglaise. 32 traductions, dont la chinoise. Au Pays de Mao, l'économiste qui explique que nos sociétés occidentales sont de plus en plus inégalitaires est surnommé « le Marx du XXIème siècle ».

Société de plus en plus inégalitaire... Illustration quelques pages plus loin dans L'Obs . Reportage dans l'une des plaques tournantes du monde aujourd'hui : la sillicon Valley. Mountain view, autrement dit, Google city. Tout gratuit pour les salariés, les repas bio à la cafétéria, les cours de Ukulélé, le terrain de basket et de jolis vélos aux couleurs de là firme.

Un quart de voiture sur la route 101. Là, les vélos que l'on croise sont complètement déglingués. Vous êtes dans « la jungle », l'un des plus grands camps de SDF des Etats Unis. Vous êtes chez les oubliés de la révolution tech. Reportage de Doan Bui. Vivent là notamment des gens chassés de chez eux par la flambée de l'immobilier dans la Silicon Valley. 2.600 dollars le loyer moyen à Palo Alto. Un raccourci de l'Amérique version Piketty. Et des tensions quand les deux mondes se croisent. Le bus des salariés de Google caillassé. Ou cet entrepreneur qui a fait fortune dans la tech. La fête d'anniversaire pour ses 40 ans avait pour thème « qu'ils mangent de la brioche », phrase célèbre prêtée à Marie Antoinette sous la révolution.

Gourou des nouvelles technologies... Joli coup de Challenges cette semaine qui publie une interview de Jeff Bezos le patron d'Amazon. Lorsqu'il est question du conflit avec les éditeurs qui s'estiment maltraités par le géant de la librairie en ligne, il se réfugie derrière le succès de son entreprise : « personne n'a jamais rendu autant de livres disponibles ».

Les inégalités en 2014, illustration dans la presse. 25ème anniversaire de la convention internationale des droits de l'enfant. Et ce chiffre dans de L'Humanité . 440.000 enfants tombés dans la pauvreté en France depuis le début de la crise en 2008. « Les enfants de la récession paient la crise au prix fort », titre L'Huma .

Pauvres gens encore, cette minorité maltraitée en France...

Ils mériteraient l'attention de toutes les ligues qui défendent le droit à la différence. Mais on ne les entend pas. Personne ne les défend. Ils vivent dans la crainte d'être malmenés. Ils sont les derniers, 12 à 15% de l'opinion, qui aiment bien encore François Hollande. Ils répondent « Oui » aux instituts de sondage quand on leur demande s'ils sont satisfaits de son action.

« Le cercle des hollandais disparus ». Papier très amusant de Renaud Dély et Sylvain courage, c'est dans L'Obs encore. Ils sont neuf, sélectionnés par Ipsos, à avoir accepté de parler. Au début, on ne leur avait pas dit qu'ils ne seraient qu'avec des gens comme eux. Alors prudence. Mina, architecte d'intérieur, reconnait qu'il y a beaucoup de déceptions par rapport à tout ce que le candidat avait promis. Elle s'arrête un instant, jette un œil alentour, surprise qu'aucun des présents ne renchérisse dans la critique. Alors elle se lance : « Oui, j'ai voté Hollande et je recommencerai en 2017 sans hésiter. »

Ce que les neuf mettent en avant, c'est l'humanité de leur président aimé, aimé d'autant plus par contraste avec Nicolas Sarkozy. « Finalement, dit une autre, il a fait pas mal de réformes ». Mais aucun des neuf ne pronostique la présence de la gauche au second tour de la prochaine présidentielle.

Et en voilà deux qui connaissant François Hollande et qui le voient régulièrement. Sont-ils des gourous ? Peut-être des modèles en tout cas pour certains étudiants en journalisme. Fabrice Lhomme et Gérard Davet, les deux du Monde derrière l'affaire Fillon-Jouyet et auteurs du livre « Sarko s'est tuer » qui compile toutes les affaires qui menacent l'ancien président. Davet et Lhomme, portrait signée Pascale Nivelle dans Libération et titré "Investigation à la Clash". Le jour de la rencontre, les deux portaient des Doc Martens. Et Lhomme un tee-shirt inspiré des clashes, le groupe de Punk britannique.

Davet Lhomme, deux gueules qui ne sourient pas beaucoup, marathoniens à l'occasion : je me demande ce qui nous pousse à faire des trucs qui font aussi mal dit Fabrice Lhomme.

Ni partageurs, ni conviviaux écrit Pascale Nivelle. Solide dans la bourrasque. Récemment au courrier, l'un a reçu un petit cercueil, l'autre une balle, les familles sont sous protection. Couple obsessionnel, on est devenus malades tous les deux. Enfance de cancre. L'un veut tout contrôler, l'autre a un problème avec l'autorité. Petit ma mère me promenait en laisse, raconte Fabrice Lhomme. Passage pour lui par l'extrême droite et la dope. Le jour de la mort de Joe Strummer, le leader des Clash, il a chialé comme un môme. »Un bout de moi est parti, mais je reste en rébellion absolue. ». Davet acquiesce « On dure parce qu’on a faim. Il le fut pour arracher l’info. »

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