Sylvie a des chaussons rouges, un tablier de femme de ménage et un petit sourire. Sur la photo du Parisien-Aujourd'hui, elle se met au travail dans la cuisine. Elle est juchée sur un marchepied : ça lui permet d'atteindre le micro-ondes, qui est posé au-dessus du frigo. Sylvie n'est pas en train de briquer ou de récurer le four. Elle pointe ! Nouvelles technologies et Big Brother, dernier épisode : "Avec un portable, on peut maintenant surveiller sa femme de ménage". Alors, comment ça marche ? Eh bien, c'est une société de nettoyage à domicile qui utilise ce système, à la demande de ses clients. Vous collez un code-barre au frigo ou au micro-ondes : la femme de ménage le scanne avec le téléphone portable, le tout est envoyé à un ordinateur central, et vous savez exactement à quel moment Sylvie enfile et retire ses chaussons rouges. Ca ne la choque pas plus que ça. Bon, au début, elle avait du mal à scanner : "J'ai dû m'y reprendre à 30 ou 40 fois. Mais après tout, dit-elle, c'est normal de rendre des comptes sur son travail". L'entreprise réfute l'accusation de flicage : elle parle de "management à distance". "Management" : c'est le mot-clé, aujourd'hui encore. La souffrance au travail, et comment l'éviter. Presque tous vos journaux en parlent. Malaise encore et toujours à France Télécom, selon l'Indépendant Catalan, qui parle de "mutations douloureuses dans le département de l'Aude". Et ce "syndrome France Télécom", il plane désormais sur l'ensemble des entreprises publiques. En ce jour de grève des trains contre la réforme du fret, Rue89 fait état d'une lettre de Christine Lagarde au patron de la SNCF, Guillaume Pépy. "La période que nous traversons, aurait écrit la ministre de l'Economie, doit conduire à une attention particulièrement soutenue en matière de gestion des ressources humaines". Le stress au bout du fil, au bout de la ligne de train ou au bout du guichet chez Pôle Emploi... Le stress aussi dans les petites et très petites entreprises... Témoignage d'une médecin du travail dans La Provence. "Parfois, les salariés de ces petites entreprises se mettent à pleurer dans mon bureau. Et dans une structure qui emploie trois ou quatre personnes, le patron est tout aussi stressé". L'un de ses collègues ajoute un nuage noir supplémentaire : le fait de devoir travailler plus longtemps dans sa vie. "Nous voyons des salariés vieillissants qui ne s'étaient pas préparés à un marathon professionnel. Ils sont angoissés parce qu'ils voient s'éloigner d'année en année la ligne d'arrivée". Pour Morgane, la ligne d'arrivée est encore loin. Elle n'a que 22 ans mais, pour d'autres raisons, c'est déjà l'angoisse. Comme Sylvie dont nous parlions tout à l'heure, elle pose dans Le Parisien, mais de dos et en tenue de ville. On voit un imperméable et deux couettes dans sa chevelure châtain, et surtout les deux sacs plastique qu'elle tient à main. Ces deux sacs, elle vient de les remplir au Secours Populaire. Le Secours Pop vient d'ouvrir une antenne sur le campus de Lille : c'est une première. Morgane est l'une de ces étudiantes pauvres, de plus en plus nombreuses, selon Le Parisien. 4 sur 10 ont plus de mal à remplir le sac de courses qu'avant la crise. 5 sur 10 doivent travailler parallèlement à leurs études : ça va du petit boulot au vrai job. 25.000 sont dans une situation de très grande précarité. Catégorie la plus en difficulté, selon l'Observatoire de la vie étudiante : les jeunes issus des franges les plus pauvres de la classe moyenne. Pas assez pauvres pour toucher une bourse (qui d'ailleurs a été légèrement augmentée cette année), pas assez riches pour être à l'aise. Ca se traduit par de vraies difficultés dans les études. Morgane, elle, est boursière, mais ça ne suffit pas. "Nous sommes à la mi-octobre et il ne me reste que 100 € sur le compte. Je vais encore être dans le rouge et payer des agios". Reportage en Corée du Nord, dans Le Figaro... Oui, ce n'est pas si fréquent, et c'est un "voyage hors du temps au dernier royaume rouge". Le journaliste Arnaud de La Grange précise les règles du jeu : il s'est fait passer pour un touriste. En Corée, on ne voit que ce qu'on vous montre et ce qu'on peut glaner dans les interstices. Alors choses vues... Parcourir la campagne, écrit Arnaud de La Grange, c'est se promener dans un tableau de Poussin, où la paysannerie du XVIIème siècle s'affaire paisiblement à la récolte. Le vert tendre des rizières, le brun grillé des champs de maïs, les silhouettes de femmes portant sur le dos des sortes de hottes... En 2009, dans ce bout d'Asie de l'Est communiste, on repique le riz à la main : la bête de travail est un luxe, et le tracteur un rêve. La situation alimentaire n'est plus aussi dramatique que dans les années 90, mais on estime tout de même que près de 9 millions d'habitants, sur 23, ont un besoin urgent d'aide alimentaire. Obsession du régime : colmater les brèches du naufrage économique. A Pyongyang, qui est une vitrine pour les touristes, on est étonné par l'impression de calme. Vastes avenues arborées, des rues où les seules agressions publicitaires sont les fresques à la gloire du régime, bâtiments, tramways, boutiques en sous-sol. Ce n'est pas la caricature d'une ville avec des hordes de citadins efflanqués, c'est Sofia ou Minsk dans les années 50. A Pyongyang, grâce à l'aide de la Chine, un soupçon de classe moyenne a même émergé. Les guides touristiques ont des téléphones portables. Et la grande affaire de l'année, ce pourrait être l'ouverture d'un McDo. La Corée du Nord, mais également la Turquie dans la presse... Oui, "les choix de la Turquie constituent l'un des phénomènes les plus passionnants à suivre sur la scène internationale : ils touchent aux grands enjeux du fameux arc de crise qui va du Proche-Orient à l'Afghanistan". C'est ce qu'écrit Nathalie Nougayrède dans Le Monde. Alors, en cette Année de la Turquie en France, quels sont les choix diplomatiques d'Ankara ? Le Monde et Le Figaro en relèvent un, particulièrement marquant en ce moment : la prise de distance avec l'allié israélien. Le Premier ministre Erdogan a multiplié les petits gestes et petites phrases depuis le début de l'année. Dernière illustration en date : des manoeuvres communes, prévues entre les deux pays à la mi-octobre, ont été annulées. Décryptage de Pierre Rousselin dans Le Figaro... "L'objectif est évident : flatter l'opinion publique et lui montrer que la Turquie entend rester dans le camp des pays musulmans. La Turquie veut peser dans la région". Nathalie Nougayrède prolonge l'analyse dans Le Monde... "Ayant le sentiment d'être rejetée par l'Union Européenne, Ankara semble chercher des amis sous d'autres cieux, et notamment en Russie, d'où proviennent les deux-tiers de son gaz. La Turquie se prépare à devenir un pays majeur pour le transit de gaz naturel vers l'Europe, en provenance de la Russie, de la Caspienne, et peut-être un jour d'Iran". Alors sommes-nous en train de perdre la Turquie ? Dans Les Inrockuptibles, interview de l'écrivain Orhan Pamuk... Il plaide pour l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne : "L'Europe ne doit pas se fonder sur la religion ou le nationalisme, mais sur l'égalité, la liberté et la fraternité. La présence de la Turquie dans l'Europe la rendrait plus tolérante. Le premier problème à régler, c'est la question de la liberté d'expression. Oui, il y a bien un Orient et un Occident. Mais à partir du moment où vous vous concentrez sur les particularités, il n'y a plus ni l'un ni l'autre : il n'y a que la texture de la vie". D'autres informations glanées dans la presse, Bruno... Haro sur les riches... Alors que le budget 2010, très déficitaire, est examiné aujourd'hui à l'Assemblée, Libération fait sa Une sur "cette droite qui veut taxer les riches". Des élus UMP voudraient limiter le bouclier fiscal pour faire rentrer un peu d'argent dans les caisses. Dans une interview aux Echos, le ministre du Budget Eric Woerth leur répond "non". En tout cas, la politique fiscale de l'Elysée, c'est l'angle d'attaque choisi par Martine Aubry dans une interview au Figaro : "Le gouvernement continue à donner des avantages à quelques-uns". Nicolas Sarkozy est-il particulièrement dépensier ? Dans La Tribune, le sénateur Jean Arthuis, qui présente aujourd'hui un rapport sur la présidence française de l'Europe en 2008, nous apprend qu'elle a coûté deux fois plus cher que la moyenne des présidences européennes : plus de 150 millions d'euros. Mais c'est le même ordre de prix que l'Allemagne en 2007, par exemple. Aux hommes politiques en difficulté, je conseille la lecture de Mon Quotidien, Le Journal des 10-14 ans. Fiche pratique sur le thème : "Comment équilibrer ton budget ?" Haro sur les riches : faut voir... Le Figaro nous apprend encore que Bernard Thibault, le patron de la CGT, entre cette année dans le Who's Who. Et puis il y a un quartier où les plus riches et les plus pauvres communient : c'est le quartier d'Anfield, à Liverpool. Ici, le stade de foot est planté au milieu des maisons délabrées à briques rouges. Mais ce soir, comme toujours, les prolos victimes de la désindustrialisation vont soutenir les joueurs multimillionnaires, qui affronteront Lyon en Coupe d'Europe. Anfield Road et son ambiance inimitable : on vous en parlait dans le journal de 8 heures. Encore une image glanée dans Le Monde : dans une rue désolée appelée Varthern Street, des chaussures de football pendent aux câbles électriques. Message aux Lyonnais : à Liverpool, les cols bleus et les maillots rouges forment un seul peuple. Gare au court-jus... Bonne journée...

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