françois hollande va ouvrir la 2e conférence sociale de son quinquennat, dans un climat morose
françois hollande va ouvrir la 2e conférence sociale de son quinquennat, dans un climat morose © reuters

Au menu ce matin : photographie d'un pays désenchanté, la ville de Kobané avant et après la bataille, et les 40 ans de Derrick.

Les Français ne croient plus en l'État-providence

Voilà "une véritable révolution culturelle", écrit 20 minutes. Le quotidien gratuit s'est procuré un rapport du Crédoc, le Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie. Résultat : de plus en plus de citoyens estiment que la protection sociale est moins essentielle. "Exit le collectif, pour s'en sortir, les Français préfèrent compter sur eux-mêmes." Les notions d'égalité et de fraternité sont en perte de vitesse, pas celle de liberté, qui gagne du terrain, poursuit 20 minutes.

Explications de Sandra Hoibian, l'auteure de cette étude : "le chômage et la pauvreté continuent de progresser... l'action de l'État ne semble pas efficace. Du coup, l'idée que les individus, y compris les plus démunis, doivent se prendre en main, se propage."

Exemple concret ce matin : une jeune femme est à la une du Courrier de l'Ouest à Angers. Elle s'appelle Marjolaine, elle est titulaire de deux masters dans l'écologie et l'aménagement du territoire, elle est brillante et pourtant... Elle est au chômage. Elle galère depuis 5 ans, raconte le journal, alors Marjolaine a jeté l'éponge. Et elle vient de se lancer dans un CAP.

La lutte contre le chômage, "le" point noir de François Hollande. Ce sont les Français qui le disent : sondage ce matin dans le Figaro. À mi-mandat, c'est la "rupture", titre le quotidien. Photographie - là encore - d'un pays désenchanté : êtes-vous satisfaits du président depuis son élection ? Les personnes interrogées répondent "non" à 86 %. Et sans surprise, c'est sur la lutte contre le chômage que le taux de mécontentement est le plus fort.

Dans ce contexte, 86 % des Français ne veulent pas que le président se représente. Alors qui à la place ? À gauche, Manuel Valls tiendrait la corde. Martine Aubry, notre invitée ce matin, arriverait juste derrière... "Revoilà Aubry la frondeuse", titre le Parisien-Aujourd'hui en France, la maire PS de Lille bien décidée à faire entendre "une autre voix", ajoute Libération, celle que réclamaient beaucoup de socialistes.

En se livrant dans le JDD à une critique en bloc de la politique économique menée par Hollande, Martine Aubry a franchi un palier : "Maintenant la fronde : c'est elle", écrit Denis Daumin dans la Nouvelle République. Si les désenchantés du parti socialiste manquaient d'un solide porte-voix, "ils l'ont enfin", juge de son côté Yves Harté dans Sud-Ouest.

Visions de Kobané, avant et après le siège

La prise de la ville de Kobané, dans le Nord de la Syrie, serait un trophée stratégique pour le groupe État islamique, rappelle le Parisien. Photographies aériennes édifiantes à voir sur les sites du New York Times et de Libé. "Kobané, les images satellite de l'exode".

Voici deux clichés pris à un poste-frontière : à gauche, le 6 septembre, calme plat, rien à signaler. À droite, le 15 octobre, mercredi dernier, là on distingue des centaines de voitures, massées près de la frontière. Des milliers de personnes cherchent à passer de l'autre côté, en Turquie. Images symboliques, implacables, du martyr de Kobané. Depuis le 16 septembre, la bataille dans cette ville a poussé à la fuite 300.000 personnes, dont plus de 200.000 en Turquie.

Au nord de Kobané, avant et après
Au nord de Kobané, avant et après © Unosat

Kobané et son héroïne : elle s'appelle Narine Afrine, surnommée "la Jeanne d'Arc" des Kurdes. Son portrait est à lire dans le Figaro. Pas de photographie officielle, cette jeune femme de 35-40 ans est l'icône sans visage du combat pour la défense de Kobané, raconte la journaliste Delphine Minoui. Narine Afrine codirige les combattants kurdes des Unités de protection populaire, qui se battent depuis un mois contre les djihadistes. Trajectoire fulgurante : elle arrive à Kobané il y a un an, après une formation au maniement des armes. Et très vite son charisme étonne : "Narine, c'est le symbole de la liberté", témoigne un combattant. Son aura dépasse aujourd'hui les frontières de la Syrie. "En Irak, elle est citée en exemple de bravoure". Elle incarne le rêve d'un Kurdistan autonome, où les femmes seraient plus libres.

Et aussi...

Drôle de photo en une du Financial Times et sur le site de France 24 : une nuée de coureurs équipés de masques antipollution. Bienvenue au marathon de Pékin ! Marathon maintenu malgré un pic de pollution aux particules fines dans la capitale chinoise.

400 microgrammes par mètres cubes dans certains quartiers, quand le niveau maximum recommandé par l'OMS est de 25 microgrammes !

Les autorités ont demandé aux enfants et aux personnes âgées de rester à la maison, mais pas question de reporter la course, trop compliqué, disent les organisateurs : la moitié des 25.000 participants viennent d'autres pays ou d'autres régions.

"Paris, capitale mondial de l'art", c'est la une du Parisien / Aujourd'hui en France... La Fondation Louis Vuitton est inaugurée ce soir dans le Bois de Boulogne par François Hollande. Uun imposant voilier de verre, dessiné par l'architecte californien Franck Gehry. "Ce nouveau lieu voué à la création contemporaine constitue un indéniable atout pour Pari"s, explique La Croix. Il signe "les noces de l'art et de l'entreprise" : le bâtiment a été commandé par Bernard Arnault, le patron du groupe LVMH. Un projet pharaonique : le coût final du vaisseau n'a pas été dévoilé, explique Libé, mais il est évalué à 100 millions d'euros. C'est ainsi, selon Le Parisien, "pour rester la Ville Lumière, sans doute faut-il se refaire une beauté".

Fondation Louis Vuitton 1
Fondation Louis Vuitton 1 © Radio France / Stéphane Capron

Et ça tombe bien, puisque la semaine sera également marquée par la réouverture du musée Picasso et de la Monnaie de Paris, après des années de travaux. Dans une France désenchantée, "le front culturel est le dernier qui résiste, (...) la culture, c'est la marque de notre pays", se félicite Laurent Le Bon, président du musée Picasso.

Et puis un anniversaire pour terminer : "Costumes grisâtres, épaisses lunettes fumées, allure sinistre", Derrick a 40 ans ! C'est à lire sur Slate.fr. Le 20 octobre 1974, le célèbre inspecteur, interprété par Horst Tappert, faisait son apparition à la télé allemande, 30 millions de téléspectateurs ce soir-là, et pourtant les critiques n'ont pas été tendres le lendemain : Der Spiegel lui reprochait "son scénario aussi raffiné qu'un tirage du loto". C'est sûr, ce Derrick n'allait pas durer. Eh bien finalement, si... 281 épisodes ! la série s'est arrêtée quand Horst Tappert a pris sa retraite. Selon le quotidien Der Tagesspiegel : Derrick, "avec ses exigences morales et sa profondeur psychologique", est entré dans le coeur des allemands... et il est, paraît-il, aujourd'hui plus connu que le pape !

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