A l'expo Chtchoukine, on en prend plein la vue. Mais dans la presse on peut aussi, toucher, sentir, écouter, goûter...

La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

Une revue des 5 sens ce matin…

« Les fauves, les impressionnistes et les cubistes sont lâchés, ils plantent leurs couleurs mordantes dans le gris d’octobre. Ce Gauguin, « eh quoi tu es jalouse ? » de 1892 : deux vahinés aux voluptés de fruits mûrs, nues, lèvres closes et rivage rose. 2 déflagrations rouges, un diadème blanc de fleurs de Tiaré, un morceau de ciel bleu. La palette chatoie, éclat de tropiques à la peau d’ambre »…Premières lignes de Sandra Benedetti dans l’Express pour présenter la collection Tchoukine, là où nous avons décidé de poser nos micros ce matin. 130 tableaux exposés ici, pour nous en mettre plein la vue…explosions de couleurs, ici même dans la salle des Matisse…alors je me suis dit que c’était l’occasion d’explorer ce matin, nos autres sens mis en éveil par la presse ce matin.

La vue, c’est donc ici à la fondation Louis Vuitton, le toucher hélène ?

Bon là j’avoue, c’est un peu tordu …le toucher, c’est tout ce que vous pouvez toucher de la réalité et de l’actualité en vous plongeant dans la lecture de vos quotidiens

« Duflot, le flop » à la Une de Libération. L’élimination hier de l’ex ministre écolo est partout qualifiée « d’humiliation », c’est même une « gifle » pour Aujourd’hui en France/le Parisien, là vous me l’accorderez, nous sommes bien dans le « toucher ». Comment l’expliquer ? le Huffington-post rappelle que Cécile Duflot n’est pas la première à subir la guillotine écologiste, c’est même une spécialité du parti, rappelez-vous la défaite de Nicolas Hulot face à Eva Joly lors de la dernière primaire, c’est ce que certains qualifient de « syndrome Astérix » d’Europe Ecologie les Verts, on choisit toujours le plus petit…Mediapart souligne qu’il s’agit pourtant bien en l’espèce d’un vote sanction, d’une défaite politique pour Cécile Duflot, cette politique de zig-zag qu’elle a incarnée, entre sa participation au gouvernement, son revirement et ses échappée personnelles. Karima Delli, éliminée elle aussi hier, ne boude pas son plaisir : « C’est l’écologie sincère qui l’emporte sur l’écologie d’appareil. Et puis, les Français, dit elle, ont besoin de renouvellement : ils ne veulent plus de Nicolas Sarkozy, plus de François Hollande, et plus de Cécile Duflot ! » « À ce compte-là, les socialistes feraient bien de se méfier »conclut Lénaïg Bredoux sur Mediapart.

Toucher du doigt la lourde ambiance qui prévaut à droite entre candidats à la primaire. Ce matin, Nathalie Kociusko Morizet tacle le refus de Nicolas Sarkozy de voir des électeurs de gauche s’inviter dans leur scrutin « Je l’ai connu moins soucieux d’une droite chimiquement pure, dit elle. Il fut un temps où il citait Jaurès à la tribune, faisait entrer Jouyet, Fadela Amara ou Bernard Kouchner au gouvernement. Est-ce qu’ils auraient le droit aujourd’hui de voter à la primaire ? » lance t elle ingénument.

Toucher du doigt la complexité de toute entreprise de dé-radicalisation. Libération ce matin s’interroge sur le pari risqué de Dounia Bouzar, figure controversée de cette lutte anti-radicalisation. Dounia Bouzar a décidé de travailler avec l’ex mentor des frères Kouachi, un ancien leader de la filière dite des Buttes Chaumont condamné en 2008. Elle défend la confiance qu’elle met en lui, estimant qu’il « faut laisser une place aux repentis » dit elle, » sinon ils en crèvent, et pourquoi tenter de dé radicaliser si on pense qu’un terroriste ne change pas ». Lui, Farid Benyettou dit vouloir « tourner la page, changer le monde, aider à casser les discours radicaux en s’appuyant sur son parcours ». Cette collaboration se fait sans l’approbation du ministère de l’Intérieur, qui a par ailleurs retiré à Dounia Bouzar, toutes subventions publiques. Et elle est diversement appréciée par les spécialistes. « C’est culotté mais j’espère que Bouzar sait ce qu’elle fait » prévient un universitaire.

Malaise des policiers, malaise de la presse face aux accusations portées hier par le numéro 1 du Ps jean christophe cambadélis qui dénonçait la « patte du FN » dans les manifestations « spontanées ». Libération donne du crédit à cette thèse en titrant pleine page, « le Fn en embuscade et les policiers le Front haut », quand son éditorialiste à l’inverse mesure la charge et s’interroge « peut-on reprocher aux policiers de montrer qu’ils se sentent abandonnés et prêts à basculer, si ce n’est déjà fait à l’extrême droite ? ». Dans la Voix du Nord, ou les Dernières Nouvelles d’Alsace, on rappelle que si le « Fn attise la fronde, et si le gouvernement porte une part de responsabilité, la droite aurait tort de fanfaronner, la baisse des moyens ayant été décidée avant Hollande »

Toucher du doigt enfin la menace économique qui pourrait s’abattre sur itélé. Dans le Figaro économie, une porte-parole d’Axa le dit franco « quand nous avons découvert que nous étions présents durant le créneau horaire de Morandini, on a tout de suite appelé Canal Plus pour ne plus être associé à cette émission, l’image de notre marque pourrait en être ternie ». Hier soir, tous les annonceurs avaient déserté l’antenne d’itélé. Résultat, la régie songe à supprimer les coupures publicitaires pendant l’émission. Ce que la sentence « morale » a échoué à faire pour l’instant, à savoir, retirer Morandini de l’antenne, peut-être la sentence économique y parviendra t elle.

On passe au goût Hélène ?

« Plongez votre nez, ou mieux encore, tout votre visage dans les girolles, et sniffez à pleins poumons. Quel parfum! Ôtez les brindilles qui encombrent les champignons, puis retirez la petite partie terreuse de leur pied. Tiens d'ailleurs, depuis combien de temps n'avez-vous pas lavé les vôtres? Placez les girolles dans une cocotte avec un petit verre d'eau et un soupçon de sel. Portez à ébullition, laissez cuire à feu doux... ». Bon, je vous laisse découvrir la suite de la recette dans le numéro automne/hiver de la très belle revue 180 degrés, et je vous laisse évidement le plaisir de déguster ce petit ragoût de girolles aux échalotes, dégustation de toute la revue d’ailleurs, toujours aussi alléchante notamment grâce à des photos magnifiques, même le navet fait envie dans 180°, c’est vous dire !

L’ouïe dans la presse, ça donne quoi ?

Vous avez le choix ce matin : écouter le merveilleux dernier album de Léonard Cohen, il est à découvrir toute la journée sur France Inter, avec 5 titres en avant- première sur FranceInter.fr. Les Inrockuptibles ont tellement aimé, qu’ils offrent ce matin un numéro collector avec une double couverture, Dylan le Nobel sur l’une, Leonard Cohen et une interview exclusive sur l’autre

A moins que question son, vous ne préfériez le coup de feu qui a claqué entre Verlaine et Rimbaud. Le revolver avec lequel Paul Verlaine blessa son amant sera mis aux enchères fin novembre à Paris. Prix estimé nous dit Libération, entre 50 et 60 000 euros pour se rejouer la scène :« Tiens, je t’apprendrai à vouloir partir »

Et on finit par le 5ème sens, l’odorat…

Et me voilà sauvée par la revue Nez, deuxième opus. Revue olfactive qui revisite l'histoire, la mode, les lieux par le biais des odeurs. Dossier spécial dans ce numéro consacré à l'homme et son odeur, « je pue donc je suis ». Articles passionnants pour nous raconter ce que dit de nous et de nos sociétés, la perception des odeurs. « L’enfer, c’est les autres », c'est bien connu, mais surtout « l'odeur de l'autre » car c'est toujours l'autre qui pue. L’insulte olfactive fonde les clivages sociaux à travers les âges, le prolétaire sent, quand le nanti qui dispose d'eau et de gaz se lave, plus tard, il cocotera mais ce sera toujours pour afficher sa supériorité, jusqu'à aujourd'hui où la mode du Unwashed fait rage chez les abstinents du shampooing et du déodorant... c’est à lire dans Nez, avec en prime un petit odorama pour retrouver l'odeur du crâne de bébé, ou celle du renvoi de lait du bébé. Bluffant ! Incroyable comme la mémoire est aussi olfactive…Incroyable également de constater que la presse est capable de stimuler nos 5 sens !

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