Patrick COHEN : A la Une, ce matin : ça va comme un lundi... Bruno DUVIC : Vous cherchez un logement à Paris, un train à Marseille ou une équipe de foot à Lyon ? N'ouvrez pas la presse ce matin : vous risquez le nervous breakdown. "Logement : halte au racket !" : c'est la Une de Libération ce matin. Il est question du logement étudiant. Soit un jeune homme bien sous tout rapport. "jeune homme" pour un politique : une quarantaine d'années. Le secrétaire d'Etat au Logement, Benoist Apparu, a accepté de jouer le jeu pour Libération : il s'est mis dans la peau d'un pékin moyen à la recherche d'une chambre de bonne à Paris. 9 m², WC et douche sur le palier... Loyer : 500 €. Des annonces de ce type, Benoist Apparu et Libération en ont vues des dizaines. De vraies arnaques. Et pourtant, elles partent comme des petits pains. Pas le choix. "Le logement est l'un des principaux scandales français, écrit Laurent Joffrin dans l'édito de Libération. Et c'est une inexorable machine à exclure". Dans l'interview qu'il accorde à Libération, Benoist Apparu se dit favorable éventuellement à un plafonnement du m². Avant cela, il donne six mois aux professionnels et aux bailleurs pour faire des propositions concrètes et mettre fin aux loyers démesurés". Au passage, puisque l'angle du dossier de Libé, c'est le logement étudiant, le mensuel L'Etudiant donne une série de pistes ce mois-ci pour alléger le coût de votre vie quotidienne. Patrick COHEN : Direction le Sud-Est, à présent... Bruno DUVIC : Deux quotidiens consacrent un dossier aux ratés des transports en commun en Provence-Alpes-Côte-d'Azur... "Saturation de la desserte, retards, annulations : les usagers des TER en ont ras-le-bol", nous dit Nice-Matin. Et La Provence titre sur "le casse-tête des transports en commun". "Trains, cars, bus, tramway, métro : les critiques restent nombreuses". Pour La Provence, c'est le résultat de près d'un demi-siècle d'incurie politique. Une "usagère" (comme on dit), qui est pourtant femme de cheminot, le reconnaît dans les colonnes du quotidien. Elle travaille près de la gare Saint-Charles, et elle compte les jours où elle arrive à l'heure au travail. Et pour finir ce tour de France de la loose, en ce lundi matin, direction Lyon... "L'OL est en plein doute et à fond de cale", titre Le Progrès. Nouvelle défaite hier soir en Championnat de France de foot : "2-0" à Bordeaux. "Ce matin, écrit Vincent Duluc dans L'Equipe, l'Olympique Lyonnais, 17ème au classement, est malade comme il ne l'a plus été depuis une éternité. L'entraîneur Claude Puel apparaît extrêmement fragilisé". Patrick COHEN : Et vous avez un programme pour améliorer les choses ? Bruno DUVIC : Ah le petit jeu, en ce moment, à la lecture de la presse, c'est de chercher le futur Premier ministre : celui qui fera arriver les trains à l'heure, nous logera gratis et enfilera un short de foot si nécessaire. Ce matin, deux noms se détachent à nouveau : François Baroin. A la Une de France-Soir : "Baroin ira loin" ; et Jean-Louis Borloo, en première page des Echos : c'est quasiment une interview de Premier ministre que le numéro 2 du gouvernement accorde au quotidien économique. Il plaide pour une nouvelle étape dans le quinquennat, tournée vers les filières industrielles d'avenir : énergies renouvelables et transports. Mais la star politique du jour, elle est à gauche : Ségolène Royal, à la Une du Figaro. "Nouvelle donne au PS avec le retour de Royal", titre le quotidien. La Fête de la Fraternité était très oecuménique ce week-end : des PS de gauche, des proches d'Aubry, des strauss-kahniens, un Mélenchon, et une pléïade de vieux amis de l'ancienne candidate, avec qui elle semble rabibochée. Parmi d'autres : Pierre Bergé. "Royal se pose en force tranquille", écrit Le Figaro. Elle est "en révolution", ajoute Libération. Sur Médiapart, décryptage de ce "retour au premier plan, mais en embuscade"... Le soutien du parti lui a manqué en 2007. Elle ne veut pas renouveler l'erreur. Et puis, dans l'entourage de la présidente du Poitou, on ne cache pas qu'il serait suicidaire de "jouer au con" : rien ne doit nous diviser". Dans La République du Centre, Jacques Camus relève que sa prestation dans l'émission de France 2 "A vous de juger", la semaine dernière, a été un jalon dans son retour au premier plan. Martine Aubry lui avait laissé sa place. "Chez elle, conclut Camus, 'Désirs d'Avenir' est devenu 'Désirs de Revenir'". Patrick COHEN : A New York aussi, le moral pourrait être meilleur... Bruno DUVIC : Il y a dix ans, l'ONU avait fixé huit objectifs à la communauté internationale pour faire reculer la pauvreté dans le monde. Ce sont "les objectifs du Millénaire". Les chefs d'Etat et de gouvernement font le point aujourd'hui dans la ville américaine. Et le bilan, c'est "peut mieux faire", comme le titre La Croix. Oui, il y a eu des progrès : Chine, Inde, Brésil... Grâce à la croissance économique, des centaines de millions de personnes sont sorties de l'extrême pauvreté dans ces pays. En 1990, près de deux milliards de personnes vivaient avec près d'un dollar par jour. En 2015, il ne devrait plus y en avoir qu'un milliard. Progrès aussi dans l'accès à l'eau. Mais les indicateurs ne tiennent pas compte de la qualité de l'eau. La proportion de gens qui souffrent de la faim et la mortalité infantile ne reculent pas. Et l'Afrique, en tout cas pour l'instant, ne profite pas des quelques progrès signalés. Des représentants des églises catholiques d'Afrique s'expriment dans La Croix... "La réalisation des objectifs du Millénaire, disent-ils, dépend moins de l'aide internationale que de la mobilisation des richesses locales". "Il faut passer d'une perspective de charité à celle de justice sociale", dit le rapporteur de l'ONU pour le Droit à l'alimentation, dans les colonnes de L'Huma. "Autrement dit, une vraie volonté politique". Dans l'édito, Jean-Emmanuel Ducoin relève que, pour sauver une poignée de banquiers, on a trouvé 3000 milliards de dollars, alors que les chefs d'Etat oublient depuis des années de payer le vingtième de cette somme pour sauver les pays pauvres. Guillaume Goubert conclut, dans La Croix : "Les banques ont commencé à rembourser. Et si on en profitait pour annuler les dettes des pays pauvres, ce serait une bonne manière de recycler cet argent". Patrick COHEN : Ca va comme un lundi, enfin, dans le monde de la presse... Bruno DUVIC : La crise des journaux : elle touche les plus grands titres, mais aussi les plus confidentiels... Dans cette revue de presse, on a parlé à plusieurs reprises du Tigre, ce journal inclassable. Il mélange des illustrations anciennes et des dessins contemporains, des articles de fond et des textes plus légers. Le Tigre, qui paraît tous les quinze jours, est une espèce menacée. Le numéro en kiosque pourrait être le dernier. Dans ce numéro, l'un des fondateurs, Raphaël Meltz, publie un très long texte intitulé "Pourquoi faire un journal". Et il essaie de faire le portrait de son Tigre, "cet animal qui a envie de raconter le monde avec finesse, empathie et recul, qui se prend pour un journaliste mais s'imagine écrivain, qui veut la rigueur du sociologue et la beauté du poète". Dans cette édition, on apprend qu'il y a cent ans, à la Une du Petit Journal, on parlait d'une rafle monstre d'une famille de Romanichels par la Préfecture de Police de Paris. A la Une de L'Humanité, il y avait les profits énormes des entreprises de meunerie grâce à la hausse des prix du blé. Si vous ne connaissez pas ce journal, allez faire un tour sur Internet : le-tigre.net... Dans le dernier numéro, on trouve encore cette citation du XIXème siècle : "C'est l'élégance qui fait le trait distinctif du tigre, et il y a dans ses allures une sorte de perfidie qui inspire la terreur". Ce serait dommage de laisser disparaître une telle bête... A demain...

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