(Patrick Cohen) Dans la presse, ce matin : "illusions perdues"

(Bruno Duvic) Et l'histoire d'une radio d'abord. Si cette radio avait un 7/9, Didier Varrod nous ferait écouter de la musique pop indienne, Michel Berga parlerait des embouteillages à Saroubi et vous Patrick, hé bien, vous liriez les plus beaux poèmes envoyés par les auditeurs.

Good Morning Afghanistan ! Radio Sourobi émet à l'Est de la Province de Kaboul, là où les soldats français sont installés et où beaucoup ont perdu la vie. Elle a été créée par un légionnaire du 2ème régiment d'infanterie.

Dans la revue Asies , Claire Billet en fait une station symbole de la bataille des cœurs engagée par les occidentaux en Afghanistan. Bataille largement perdue. 175 radios FM ont vu le jour dans le pays depuis le début de la guerre. Objectifs : donner la parole à la population mais aussi gagner son cœur et son esprit. Liberté ou de propagande ?

Sur les murs de Radio Sourobi, on mesure la fierté du directeur mais aussi la difficulté de sa tâche. Il y a des photos de lui partout : Aziz en reportage, Aziz avec des barbes blanches, Aziz et un ministre français. Il assure que ses journalistes sont indépendants. Chaque jour à 15 heures, le patron des troupes françaises est à l'antenne pour faire comprendre, dit-il que "nous ne sommes pas une armée d'occupation".

Message en partie reçu, Radio Sourobi est plutôt appréciée de la population locale, d'autres stations sont beaucoup moins libres. Mais un chauffeur de taxi brousse a le dernier mot : "Ici, il n'y a guère que les familles profitant de la présence de l'armée française qui la tolèrent."

Conclusion de Claire Billet, dans ce reportage de la revue Asies : "l'Adieu à Saroubi est proche et avec lui, l'illusion que l'Afghanistan est sous contrôle."

Illusions perdues, suite : Obama dans un piège.

"Barack Obama a déclaré, il y a tout juste un an, précisément devant l'assemblée générale de l'ONU que l'Etat palestinien en serait membre à part entière en septembre 2011. Et maintenant il fait volte face devant toutes les nations et devant l'opinion mondiale. C'est indigne, irresponsable et dangereux"

Voilà quelques lignes de l'éditorial ce matin de Maurice Ullrich de L'Humanité . L'Huma qui fait sa Une sur le sujet qui a mené hier le 7/9 d'Inter entre Jérusalem et Ramallah. La demande d'admission d'un Etat palestinien aux Nations Unies.

Si cette demande est présentée devant le Conseil de sécurité, les Etats-Unis d'Obama devraient y mettre leur veto. Pourquoi ? He bien selon Le Figaro pour préserver les intérêts électoraux du président.

"Sur le plan intérieur, qui prime désormais sur tout le reste à l'approche de la présidentielle, écrit Laure Mandeville, l'Administration pourrait tirer profit d'un véto. Il démontrerait son soutien inconditionnel à Israël à un électoral juif en plein doutes. Des électeurs qui jugent Obama trop favorable aux Palestiniens.

"Pour le chantre d'une nouvelle politique arabe, quel revers !" s'exclame Laurent Marchand dans Ouest France .

Et plus largement, selon l'éditorialiste, il traverse une passe difficile, l'homme du « Yes we can ». On a beau savoir qu'il y a la crise, que les Républicains lui mettent tous les bâtons possibles dans les roues, il y a de l'impuissance dans l'air.

"Les Etats-Unis viennent de découvrir le chômage de masse, rappelle Laurent Marchand et plus de 46 millions d'Américains vivent sous le seuil de la pauvreté, chiffre le plus élevé depuis les années 60".

Il a bien vu la carte qu'Obama vient de sortir de sa manche : un ton plus incisif contre les hauts revenus qu'il veut taxer plus lourdement. Mais question : parviendra-t-il à redonner un peu d'air à la croissance et soulager l'emploi ?

Illusions perdues aux Etats-Unis. Et en Europe aussi.

C'est Coluche et Jacques Delors à qui on tourne le dos en même temps.

« Au départ, écrit Jean-Claude Souléry dans La Dépêche duMidi , dans l'aventure européenne, chacun se flattait de montrer au monde sa doctrine sociale. Il était dit qu'ici, l'homme serait traité avec autant d'égards que les marchandises. Et ainsi fut fait, plus ou moins. (…) C'était hier. » Aujourd'hui est l'histoire d'un reniement.

Quel reniement ? On en vient à Coluche et Jacques Delors. En 1987, ils étaient à l'origine du Programme européen d'aide aux plus démunis. Le Monde rappelle le principe : les stocks en surplus de la Politique agricole commune étaient distribués aux plus pauvres sur tout le continent. Et les Etats complétaient.

Comme la PAC a dégagé de moins en moins de surplus au fil des années, sept pays européens dont l'Allemagne, estiment que c'est désormais aux Etats de prendre complètement en charge la distribution de l'aide alimentaire. La justice européenne leur donne raison.

Le programme doit donc passer de 480 millions d'Euros à 113 l'année prochaine. Autrement dit, l'Europe va retirer les 3/4 de ce qu'elle met aujourd'hui dans les assiettes de ceux qui ont faim.

Traduction concrète dans La Provence . En France, la Croix Rouge verrait disparaitre 11 millions de repas. L'aide aux pauvres en Pologne dépend jusqu'à 90% de ce programme européen.

C'est la Une de beaucoup de journaux régionaux ce matin, entre autres, Ouest France , Le Télégramme et L'Est Républicain . Est-ce « le début de la faim ? », se demande La Dépêche duMidi . L'Europe n'avait vraiment pas besoin de cela en ce moment. Réunion d'urgence aujourd'hui à Bruxelles sur le sujet.

Quoi d'autre dans la presse ?

"DSK met le feu aux poudres"... C'est la manchette du Figaro . En reconnaissant l'existence d'un pacte entre lui et Martine Aubry, il fait apparaitre cette dernière comme une candidate par défaut écrit le journal. Martine Aubry en campagne. Longues interviews ou tribunes à Libération , Mediapart et les Inrockuptibles demain avec ce titre : "Je pense que je vais gagner"

DSK et Stéphane Guillon, c'est une longue histoire. L'humoriste tient désormais chronique tous les mardis dans Libération . Extrait de celle d'aujourd'hui à propos de l'ancien patron du FMI : "Il finira comme Jacques Chirac, attablé chez Sénéquier à Saint-Tropez, surveillé par maman sans pouvoir bouger une oreille"

Illusions perdues ou pas ? la suite le dira. A la Une du Parisien-Aujourd’hui-en-France : « Maladie d'Alzheimer espoirs et débat autour d'un médicament ». Le professeur Dubois, de la pitié Salpêtrière présente une étude menée auprès de 174 malades à un stade précoce. Un médicament réduit de 45% l'atrophie de la zone du cerveau centre de la mémoire. Mais cette molécule qui n'est pas nouvelle pourrait ne plus être remboursée à 100%

Et pour finir, interview d'in titi parisien qui n'a pas perdu toutes ses illusions. Olivier Besancenot est interrogé par le magazine Megalopolis , qui s’intéresse à Paris et sa très grande banlieue.

Et c'est l'enfance d'un gamin de Levallois qu'il raconte. Les rivalités entre banlieue ne datent pas d'aujourd'hui. Quand Besancenot était gamin, c'était Levallois/Neuilly, la ville des titis à côté de la ville des très riches.

« Je me souviens qu'un jour, au jardin d'acclimatation, dans le Bois de Boulogne, il y avait une dame, visiblement de Neuilly, qui disait à son gamin "Ne va pas jouer avec le petit pouilleux". C'était de moi qu'elle parlait ».

La rédaction de Megalopolis , le chambre lui le révolutionnaire qui distribue le courrier aux grandes fortunes de Neuilly.

Réponse un peu embarrassée : « il y a des discussions mais c'est surtout l'indifférence ». Et lui qui vit aujourd'hui dans le 18ème arrondissement trouve la réplique. « Si Sarkozy venait distribuer le courrier boulevard Barbès, il faudrait qu'il achète de grandes paires de baskets. »

A demain !

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