Le maestro E.Morricone vire Libération... Maestro Sarkozy et Mélenchon en campagne. Peut-on changer la prison ?

8H30 la revue de presse, bonjour Hélène Jouan

On commence ce matin par une rencontre :

Rencontre glaciale dans une Rome caniculaire avec le compositeur aux 500 films, Ennio Morricone, en concert à Paris les 24 et 25 septembre

Récit de Guillaume Tion dans Libération pour vous donner le sourire de bon matin. « Quand on rencontre Ennio Morricone raconte-t-il, son label fait parvenir aux journalistes les phrases à éviter. Par exemple, il faut appeler Ennio Morricone, Maestro. Il faut éviter le terme Western Spaghetti, péjoratif en Italie, il faut éviter de lui parler de la guerre mais aussi de sa vie privée, il faut privilégier les questions intelligentes sur son travail au détriment des questions plates sur son quotidien…

Muni de ce viatique, et de toute son admiration pour celui qui est passé maitre dans la musique absolue aussi bien qu’explorateur majuscule d’une modernité sonore sur ses BO de westerns, le bon petit reporter fait tout comme il faut…il l’appelle Maestro à tout bout de champ, mais ne parvient qu’à s’attirer des phrases définitives. Exemple : quand on lui demande quelles ont été ses influences dans le classique, le maestro s’offusque « je maitrise tous les styles de composition, je vais piocher où j’ai envie ». « Ses sifflements, guimbardes et harmonicas étaient-ils nécessaires pour colorer immédiatement une musique censée coller à l’ambiance des westerns de Sergio Leone ? » Même insuccès. Maestro répond par un morne « non, juste, ça marche, ça s’entend ». Un peu en bout de course, Guillaume Tion finit par l’interroger sur Rome, Rome où Maestro vit, « Peut il nous parler de cet ancrage local qui a l’air si important pour lui » « mais c’est une question de touriste bouillonne alors MAestro. Vous êtes un journal sérieux, vous n’êtes pas ici pour m’entendre parler de Rome ». Quand on se lève, alors qu’on referme notre calepin, on l’entend nous dire. VAFFANCULO. Enfin une pensée surprenante » conclut Guillaume Tion. Parfois les Maestro, il vaut mieux les écouter que les rencontrer…

Dans la presse également Hélène, quelques échos de candidats en campagne

Meeting à Franconville hier, le candidat Nicolas Sarkozy lance «Si l'on veut devenir Français, on parle français, on vit comme un Français. Dès que vous devenez français, vos ancêtres sont gaulois.» affirme t il. Le journal 20 minutes sur son site s’interroge : « Outre que cette phrase correspond à une conception de l'histoire qui sent bon le XIXe siècle, elle semble assez complexe à vérifier. Va-t-il falloir lors d'un contrôle de police, présenter, en sus de sa carte d'identité, un arbre généalogique qui nous relie au peuple des Arvernes? »

« Nos ancêtres les gaulois »…la petite leçon d’histoire, déjà dispensée par Nicolas Sarkozy en mai dernier, s’est attirée une mise au point du chercheur en sciences de l’éducation Claude Lelièvre sur son blog. « Contre sens historique rétorque t il, Sarkozy s’est plus inspiré des albums d’Astérix le gaulois, que du vrai message d’Ernest Lavisse, qui dans son manuel de pédagogie en 1884 insiste sur le fait que l’héritage de la France est plus gallo romain, que gaulois tout court. Et qui écrit aussi que c’est après la révolution que la France devient vraiment une patrie, quand la révolution a mis dans les âmes françaises l’amour de la justice, de l’égalité et de la liberté ».

Et puis tiens, pour nourrir le débat, il faut absolument vous plonger dans l’interview donnée à Mediapart de Magyd Cherfi. Parolier du groupe toulousain Zebda, il vient de publier « Ma part de Gaulois », chez actes sud. Il raconte sa perpétuelle oscillation entre intégration et dissidence, acceptation et rejet de sa double identité, sa première famille algérienne et la deuxième, la France, les français et leur langue. Il dit avec ses mots son amertume de constater que lui et les siens ne font toujours pas partie du récit français, Il dit son conflit de loyauté quand il ose dénoncer l’oppression des siens sur les femmes…il dit son combat pour le métissage pour sortir de ce champ de ruines. « Quand l’idée d’une France éternelle deviendra t elle caduque ? » s’interroge-t-il…très bel entretien accordé à Antoine Perraud et Faïza Zérouala, de cet homme qui revendique sa part de gaulois sans renier ses autres identités

Autre candidat en campagne, Jean Luc Mélenchon. Dans l’Humanité ce matin. Il se présente à nouveau comme le seul candidat apte à fédérer le peuple de gauche, « hors cartel de parti et combine de terrain » pour justifier son refus des primaires de gauche. Mais plus compliqué, surtout dans l’Huma, comment la jouer avec ses camarades communistes ? Jean Luc Mélenchon affirme qu’ils se sont déjà engagés par milliers dans sa campagne, sauf que ce n’est pas la ligne de Pierre Laurent numéro 1 du PC, qui lui plaide pour une candidature commune à gauche. Du coup, la semaine dernière, Mélenchon l’a accusé de « faire du trotskisme des années 70 ». « Vous ne versez pas dans la polémique inutile » l’interroge l’Huma ? « Il s’agit d’un propos de couloir rapporté contre mon gré » se défend Mélenchon » Ce qui est drôle, c’est la précision apportée par le journal : « ces propos ont été prononcés à la fête de l’Humanité devant les micros de BFMTV, France 5, itélé, LCP, C8 » …Des propos à l’insu du plein gré du bleu Mélenchon devant toutes les chaines de télé…

Bon, en dehors de la civilisation gauloise et des règlements de compte entre camarades, si on parlait de sujets de fond?

Travail. Libération s’associe à un grand questionnaire mis en ligne par la CFDT sur le sujet pour tenter de remettre l’emploi, et les rapports que nous entretenons avec le travail au cœur de la présidentielle.

Éducation, en ce jour de rentrée universitaire, le Figaro sonne la charge. « Ubu continue de régner en maitre à l’université » dénonce Laurence de Charrette, « où l’on refuse de prononcer le vilain mot de sélection pour satisfaire au dogme égalitaire, quand les présidents de facs face à l’afflux, finissent par tirer au sort les étudiants ». Pas de chance, ce matin dans Le Parisien, le secrétaire d’Etat à l’enseignement supérieur Thierry Mandon, l’affirme « pour moi, la sélection n’est pas un gros mot »

Et puisque nous sommes en prison ce matin Patrick, je vous recommande la lecture de la revue Sang Froid. « Peut on changer la prison ? » Plusieurs reportages sur des expériences de prison dites alternatives, médiation et détenus facilitateurs à Arles, ou prison « portes ouvertes » à Mont de Marsan sur le modèle espagnol…Expérimentations et réflexions intéressantes, même si les auteurs en conviennent, dans le contexte sécuritaire actuel et de montée du djihadisme dans les prisons, il est plus difficile encore de promouvoir ces modèles alternatifs, sous peine de se voir taxés de « laxisme »…

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