La France médaille d'Or, Arnaud Montebourg, Isabelle Adjani.

La France Médaille d’Or aux Jeux Olympiques de Rio ?

Isabelle Adjani (rôle-titre) dans Mademoiselle Julie d’August Strinberg, mise en scène d’Andreas Voutsinas. Théâtre Edouard VII,
Isabelle Adjani (rôle-titre) dans Mademoiselle Julie d’August Strinberg, mise en scène d’Andreas Voutsinas. Théâtre Edouard VII, © Radio France / BNF

Et comme chaque fois que la presse américaine nous gratifie de ce qui ressemble à un compliment, il faut le prendre avec toute la prudence de rigueur.

Prudence  justifiée aujourd’hui encore.

Car si le Wall Street Journal nous sacre champions… c’est champions des râleurs, des ronchonneurs, et des plaintifs.

Le quotidien d’outre Atlantique passe en revue les cas où nos athlètes auront contesté un résultat ou l’esprit d’une compétition au cours de ces JO.

Figure de proue : Renaud Lavilennie, comparant les huées dont l’a couvert le public du stade de Rio à celles soulevées en 1936 dans le stade de Berlin à l’encontre de l’athlète noir américain Jesse Owens.

Même chose pour les cyclistes sur piste, écoeurés par la réussite des Britanniques jusqu’à mettre en cause les raisons de succès.

Sans parler du nageur français Camille Lacourt accusant ses adversaires chinois de dopage…

Même quand ils gagnent les français râlent, s’exaspère le Wall Street Journal en s’appuyant sur l’exemple de nos handballeurs :

Après leur victoire sur le Qatar, ils n’avaient pu s’empêcher de critiquer le mode de recrutement international des sportifs du Golfe.

Le Wall Street journal regrette d’ailleurs, pour nos couleurs, que se plaindre ne soit pas encore une discipline olympique. Mais ça ne devrait pas tarder, puisque Paris est candidate à l’organisation des JO en 2024…conclut ce fielleux confrère.

Les français râleurs et jamais contents… un cliché !

les Unes de la presse en sont une preuve ce matin…

A tel point que je vous préviens : cette revue de presse du dimanche 21 août peut être consacrée collector !

Car rarement, pour ne pas dire jamais, nous n’aurons découvert à la Une des journaux une telle expression de bonheur sur le visage de français.

Et c’est bien sûr aux Jeux Olympiques que nous le devons.

Le Parisien a presque l’air de s’en étonner à la Une ce matin en affichant ces Français qui gagnent.

2016 : grand cru pour la France observe le Parisien qui consacre à ces jeux ses 5 premières pages, pas moins.

Avec ce constat, n’en déplaise au Wall Street Journal: cette équipe de France séduit.

Record de médailles battu, confirme Ouest France avec une galerie de portraits des derniers primés : handball féminin, kayak et boxe.

Cela nous donne quelques couvertures lumineuses dans la presse régionale, chaque journal mettant en vedette l’athlète de la région.

Si je devais retenir une première page pour illustrer ce bonheur, ce serait celle de l’Indépendant de Perpignan.

Le quotidien catalan nous offre – le mot n’est pas trop fort – une photo d’Elodie Clouvel médaille d’argent de pentathlon moderne.

Ce pourrait être l’objet d’un examen pour photographe de presse : comment illustrer le bonheur ?

La réponse est dans cette photo. Lumineuse.

Mais ça n’est pas la seule dans le genre :

Le Télégramme distingue la brestoise Marie Prouvencier médaille d’argent avec l’équipe de Handball hier.

Elle paraît elle aussi tellement aux anges qu’on a l’impression qu’elle vient de gagner la médaille d’or.

La médaille d’or, tout le monde espère bien que les handballeurs vont la remporter ce soir face aux Danois.

On espère aussi – cela dit en passant - que les garçons n’auront pas lu la presse française avant d’entrer sur le parquet ce soir.

La pression est déjà suffisante…

Le Hand Ball français, de l’argent à l’or ? s’impatiente la République du Centre.

Même style, même espoir à la Une de L’Union de Reims qui salue l’argent des filles, en attendant l’or des garçons.

Des garçons qui veulent entrer dans l’histoire confirme Sud-Ouest dimanche avec une photo du meneur de jeu tricolore Nicolas Karabatic.

Une France heureuse…ca n’est pas le constat de tout le monde.

Beaucoup d’étrangers nous trouvent moroses, pas très rigolos.

C’est le cas de ce jeune couple de Colombiens qu’a rencontré Aline Gérard pour les pages été du Parisien.

En avril, ils avaient visité Cuba, où ils avaient trouvé les gens épanouis, malgré la dureté des conditions de vie.

Vous les français vous paraissez beaucoup plus tristes, vous êtes beaucoup plus fermés regette Ana-Maria.

Mais avec son compagnon Hallen elle s’apprête à partir vers Arles, puis Marseille.

L’occasion sans doute de réviser très vite cette vision décevante des français.

L'ambiguïté

Un autre estime que la France est triste, et qu’elle mérite autre chose :

C’est Arnaud Montebourg.

Demandez son programme : c’est dans le JDD ce matin !

Le journal du dimanche grille tout le monde sur cet événement partout annoncé et déjà commenté : le rendez-vous de l’ancien ministre sur ses terre de Frangy en Bresse cet après-midi pour une déclaration.

Mais quelle déclaration précisément ?

« Je suis candidat à la présidence de la république ».

Ce sont ces mots qu’il prononcera tout à l’heure affirme Cécile Amar qui consacre un long article à l’événement.

Des mots qui laissent donc planer le doute sur le fait de savoir si Montebourg passera, ou non, sous les fourches caudines des primaires du parti socialiste.

Il ne nous en dit rien, dans le JDD.

En revanche le journal énonce ses 25 propositions qui permettront – leur auteur l’espère – de sortir la France de l’ornière et la gauche avec.

Preuve s’il en fallait encore qu’Arnaud Montebourg ne prend pas cette journée à la légère : Cécile Amard nous apprend que 7000 personnes ont contribué à l’élaboration de son programme.

Et que 6 versions de son intervention ont été relues et amendées par des proches avant d’aboutir, hier au discours définitif.

Un discours qu’Arnaud Montebourg ne cesse, depuis, de répéter, comme un acteur avant d’entrer en scène.

Pull marine

Une actrice, une vraie celle-là, nous met en garde dans ce même journal du dimanche :

Méfions-nous des marchands de bonheur !

Dans un long entretien Isabelle Adjani dit ce qu’elle pense de tout.

De François Hollande, de l’affaire du Burkini ou tout simplement du monde dans lequel nous vivons.

Un monde dans lequel Adjani semble vivre malgré elle mal à l’aise dans ce qu’elle appelle le magasin planétaire, dans cette modernité connectée à laquelle elle n’adhère pas.

Et je refermerai cette revue de presse par ce qui fait l’ouverture de ce bel entretien :

le JDD y cite François Truffault qui disait d’Adjani :

« Elle est la seule actrice qui m’a fait pleurer. Il faudrait la filmer tous les jours, même le dimanche ».

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