Pour la toute première fois, un lien est établi entre pollution et activité économique. Résultat d'une enquête de la Banque Mondiale, publiée ce matin par Le Figaro.

La mauvaise qualité de l'eau a-t-elle un impact sur la croissance ?
La mauvaise qualité de l'eau a-t-elle un impact sur la croissance ? © Getty / picture alliance

Parfois, la mauvaise qualité de l'eau douce crève les yeux. Vous vous rappelez, peut-être, de ce lac littéralement en feu, en Inde. Mais dans la plupart des cas elle reste invisible, et passe largement inaperçue. Or, la carte réalisée par les experts de la Banque Mondiale nous réserve bien des surprises. Trois critères de pollution ont été retenus : les nitrates, l'écoulement des eaux usées, et l'irrigation intensive. Et en rouge, à l'encontre des idées reçues, on trouve l'Europe, au même titre que la Chine, ou le Moyen-Orient. L'explication est simple : qui dit pays riche, dit agriculture intensive et donc excès de nitrates. Au point qu'en Europe, seuls 3 pays : la Norvège, l'Islande et Malte ne dépassent pas les normes. Alors, parmi les conséquences, on connaît les algues vertes sur le littoral breton. Moins connu : l'impact sur la croissance des enfants. Très étonnant, voire cynique, les experts ont fait le calcul suivant : "chaque kilo d'engrais azoté supplémentaire par hectare -les nitrates- peut entraîner jusqu'à 19% de niveau de retard de croissance chez les enfants, et réduire de 2% leurs revenus à l'âge adulte." Car oui, la grande nouveauté de ce rapport, c'est bel et bien d'avoir quantifié le lien entre pollution et croissance économique. Avec l'équation suivante : quand une eau est appauvrie en oxygène, la progression du PIB de la région en aval peut baisser jusqu'à un tiers. Etonnant calcul, qui, on l'espère, devrait continuer à faire bouger les lignes.

L'eau toujours, et les barrages en particulier, qui font justement polémique, en France 

Dans le pays, la sécheresse alimente les débats sur les retenues. C'est à lire dans la Croix ce matin, alors que les conflits autour de projets de barrages se multiplient dans le pays. Le plus symbolique, à Sivens, qui s'était soldé par la mort du jeune militant, Rémi Fraisse. Mais il y a aussi : Charlas en Haute Garonne, Fourogue dans le Tarn, Caussade dans le Lot et Garonne. Et plus récemment, dans le bassin de la Sèvre Niortaise et le Marais Poitevin, où une trentaine d'associations, réunies sous l'étiquette "Bassines, non merci!" s'opposent au projet de... pas moins 16 bassines de substitution. Prévues pour stocker l'eau hivernale et permettre aux agriculteurs d'irriguer leur culture d'été, elles poussent à la consommation et sont une menace pour l'environnement, selon le collectif. Pour France Nature Environnement, la multiplicité des projets pose problème. Il y a aujourd'hui tellement de retenues en France qu'il est impossible d'en connaître le chiffre précis.

L'inquiétant profil d'un chirurgien, accusé de pédophilie 

Le chirurgien et ses glaçants carnets, titre Libération. C'est une révélation, hier, du quotidien La Charente Libre : un chirurgien de Jonzac, en Charente-Maritime, est en détention provisoire depuis mai 2017 pour des viols et agressions sexuelles sur mineures. Au domicile du spécialiste, qui a longtemps exercé en Bretagne, les gendarmes ont découvert des carnets tenus depuis les années 90. Carnets contenant plus de 200 noms associés à des abus sexuels détaillés, parfois dessinés. Les enquêteurs ont remonté le fil et interrogé une jeune femme, aujourd'hui trentenaire, qui réside près de Lorient, et dont les propos sont rapportés ce matin par la Charente Libre. 

En décembre dernier, elle est contactée par la gendarmerie de Vannes. Avez-vous été opérée en 99, de l'appendicite... hôpital du Sacré-Cœur ? Réponse affirmative, elle avait... 12 ans, et ne se souvient de rien. Les militaires lui font la lecture d'un carnet. Et là, dit-elle, c'est la descente aux enfers. Ma mère l'a lu avec moi, je n'ai jamais pu lui en reparler, ni mettre des mots." Un procès aura bientôt lieu pour viols et agressions sexuelles sur 4 victimes présumées, mais il pourrait y en avoir... des dizaines. Pour son avocat, l'existence de ces carnets ne constitue pas des aveux circonstanciés. Mais si toutes ces pages noircies sont le récit de 30 ans de pédophilie et non de fantasmes, écrit Ouest France, ce serait l'un des plus gros scandales pédophiles en France.

Autres scandales sexuels, ceux dénoncés par le mouvement MeToo, aux Etats-Unis, mais qui ne poussent pas pour autant les autorités à tendre la main aux migrantes 

Saisissante histoire à la une du New York Times ce matin. Celle de Lubia Perez, Guatémaltèque de 20 ans, qui rêve d'un départ vers les Etats-Unis. Elle a 16 ans quand elle fait la rencontre de son petit ami.Très vite enceinte, il la bat, l'empêche de sortir. Elle se réfugie chez ses parents. Un jour, il arrive, et fracasse le crâne de la mère de la jeune femme. Pour cet assassinat, le jeune homme de 17 ans sera condamné à ... 4 ans de prison seulement. Il sortira au printemps, et aura le droit de voir son enfant... 

Alors aujourd'hui Loubia, et ses 2 sœurs, vivent dans la terreur. Une terreur qui a poussé leur père à vendre la maison pour se payer un passeur. Aujourd'hui à San Francisco, il réfléchit encore au moyen de les faire venir. Un cas, écrit le New York Times, emblématique des violences faites aux femmes au Guatemala. Et pendant ce temps, les autorités américaines développent des trésors d'ingéniosité pour limiter au maximum d'accorder l'asile aux sud-américaines victimes de ces violences.  

Les Français peuvent être espionnés sans contrôles, par les services de renseignements

A lire dans le Canard Enchaîné : des filouteries simples comme bonjour, et connues de tous. En théorie, explique l’hebdomadaire, pour procéder à des interceptions ou espionner des ordinateurs,  les services de renseignements (DGSE, DGSI,Tracfin ou la DRM) doivent faire valider leur demande par une commission. Et si cela n'aboutit pas,il suffit d'aller voir ses amis étrangers. C'est ce qu'on appelle dans le jargon le tiers-service. A charge ensuite de renvoyer l'ascenseur. Sauf que cette fois, s'en est trop : le gendarme des grandes oreilles s'alerte de ces infos privées de garanties légales... et demande une révision de la loi. La France, écrit le Canard, est un des rares pays européens à laisser encore ses barbouzes barbouzer de la sorte.

Sans aucun doute, une autre exception française... 

Contact
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.