4 ans déjà ! Un certain 21 avril 2002, la France s'offrait une belle gueule de bois, en laissant face à face, à l'issue du premier tour de la Présidentielle, le sortant Jacques Chirac et l'inattendu Jean-Marie Le Pen... Un résultat en forme de séisme, qui allait être disséqué en long, en large et en travers pour en comprendre les tenants et les aboutissants. Ainsi Gérard Noël, dans "La Liberté de l'Est", résume-t-il la situation politique de la France... Depuis 4 ans et pendant 4 ans. Référendum du 29 mai, crise des banlieues à l'automne dernier... On pourrait y ajouter "crise du CPE"... C'est toute la classe politique qui s'est enfermée dans un autisme tragique... Et pendant ce temps, Le Pen s'est tu : les événements parlaient pour lui... Le voilà de nouveau en embuscade... Quel gâchis !, se lamente Gérard Noël. Alors puisque notre confrère parle de "séisme", faut-il envisager une réplique ?... Toute la question est là... Elle est posée, dans les termes les plus clairs, par "Libération", qui écrit : "Et si Le Pen revenait au deuxième tour ?". "Le Pen usé, vieilli, fatigué, mais toujours embusqué", titre ce même journal, qui s'appuie sur le sondage de l'IFOP, que publient aujourd'hui le quotidien gratuit "Métro" et "La Chaîne Parlementaire"... Sondage selon lequel 34% des Français considèrent que l'extrême-droite est proche de leurs préoccupations. Alors reste à Le Pen ce qu'il pense être essentiel et suffisant, comment Renaud Dély... A savoir : un nom, une marque qui a déjà fait ses preuves, et qui risque encore d'être à la mode au printemps prochain. Oui, "l'ombre du 21 avril plane sur 2007", reprend "La Croix" en titre et en Une... "Un nouveau succès d'un candidat extrémiste ne peut être exclu", écrit ce journal, dans un pays qu'il qualifie de "France tranquille", qui ne croit plus en la politique. "Le Monde", lui, emploie le mot de "hantise"... "Hantise d'un autre 21 avril"... Mot généré par le constat selon lequel, à gauche comme à droite, on n'en finit pas de ressasser les conséquences du traumatisme, sans trouver de solutions... 4 ans après, écrit ainsi "Le Monde", la gauche se cherche toujours... Les rivalités internes du Parti Socialiste continuent... L'irruption de Ségolène Royal complique encore la donne... Alors qu'à droite, l'heure est au constat désabusé... Une droite desservie après l'amère victoire de Jacques Chirac en 2002... Desservie par l'absence de choix politique net. Moralité, toujours selon "Le Monde" : "la France n'a pas surmonté le choc de 2002". Pour "L'Humanité", maintenant, le coupable, la mère de tous les vices en quelque sorte, c'est le libéralisme... "Un poison", titre ce quotidien en Une, qui emploie un mot tout à fait éloquent pour dessiner les contours de la France politique : le spectre... Ou plutôt LES spectres... Chacun le sien : à gauche, celui du désastre électoral d'il y a 4 ans... A droite, celui de la défaite retentissante face au CPE... Je cite "L'Huma", qui élargit son propos à tout le paysage politique français... Spectre du "non" à la Constitution européenne... Spectre de la crise des banlieues... Bref, spectre de la défaite pour ceux qu'on appelle "les grands partis du gouvernement" qui, selon Claude Cabanes, l'ont bien cherché... C'est ce que semble nous dire notre confrère, puisqu'il les voit, ces grands partis, se succéder paisiblement dans les palais du pouvoir, en gérant loyalement les affaires du capitalisme... Alors, n'allez pas chercher plus loin, nous dit-il, quant aux raisons des événements électoraux et populaires qui ont marqué ces 4 années... C'est la résistance au libéralisme qui en est la source. Séisme, répliques... La métaphore sismologique, Hervé Cannet, de "La Nouvelle République du Centre-Ouest", l'emploie lui aussi... Alors, les Français sont à la recherche des personnalités les plus à même d'éviter un nouveau tremblement de terre... C'est probablement pourquoi l'idée d'une confrontation Sarkozy-Royal s'enracine dans l'opinion publique... Sarkozy-Royal : un bon vieux remake des duels classiques droite-gauche... Juste un peu relooké... Voilà qui ne règle pas les problèmes, mais au moins qui rassure, estime Hervé Cannet. Maintenant arrêtons-nous une minute sur la gauche... Et en particulier quelle gauche ?... Oui, écrit Thomas Ferenssi, qui constate d'abord qu'elle est désormais au pouvoir dans 12 Etats de l'Union européenne... A la tête d'un gouvernement ou en partageant le pouvoir avec la droite... Or, cette gauche n'est pas la gauche radicale, altermondialiste et anticapitaliste... Non, c'est plutôt une tendance modérée, qui demande aux pays d'Europe de s'adapter à la mondialisation sans la subir... Bref, une gauche qui refuse de s'enfermer dans un modèle, aussi glorieux soit-il, et qui plaide pour l'efficacité économique, analyse notre confrère... Suivez son regard. D'ailleurs, conclut-il... En France, les candidats à la candidature, au sein du PS, devront dire aussi clairement que possible s'ils s'inscrivent dans ce mouvement, ou s'ils s'en détachent au nom du particularisme de la culture nationale... Suivez son regard. Gauche disons franco-traditionnelle, gauche modernisatrice... Petite devinette assez facile : où placez-vous la gauche caviar ?... D'abord, qu'est-ce que la gauche caviar ?... Des gens qui vivent confortablement, plutôt dans les sommets de la société, et qui prennent des positions de gauche... Ou des personnes qui se disent égalitaires mais qui ne pratiquent pas l'égalité ?... Bref, faut-il être forcément pauvre pour être de gauche ?... C'est "Le Nouvel Economiste" qui pose la question, cette semaine... Question est toujours d'actualité, parce qu'elle n'a toujours pas été tranchée, finalement... C'est ce que nous dit Laurent Joffrin qui, dans son livre, "Histoire de la gauche caviar", s'est plongé dans ses origines, et se fait l'avocat de cette tendance, car pour lui, elle a toujours nourri le socialisme... Prenez Zola, Hugo, Lafayette ou Keynes... C'est fou les points communs qu'ils ont avec des personnalités de la gauche d'aujourd'hui, tendance oeufs d'esturgeon... Ou à des Français pas forcément connus, mais dont les idées ne correspondent pas à leurs intérêts de classe... On y trouve des intellectuels, des journalistes, des artistes, nous dit Joffrin qui, rappelons-le, dirige un journal, "Le Nouvel Obs", qui aurait mauvaise grâce à nier son côté gauche caviar... D'ailleurs, notre confrère ne s'en cache pas... "L'Obs' vit avec cette étiquette, confirme-t-il... Et puis quoi : on n'allait pas s'installer à La Courneuve pour faire plaisir au Parti Communiste !... C'est comme ça : notre journal incarne une gauche réaliste et mendésiste". Au fait, savez-vous d'où vient l'expression "gauche caviar" ?... C'est Jacques Soustelle, baron du gaullisme, qui l'a inventée, à l'occasion du "Manifeste des 121", signé lors de la guerre d'Algérie... Et depuis, le terme perdure... Il y a des formules comme ça, qui font de belles carrières. On va passer à quelque chose de beaucoup plus terre à terre, mais qui doit vous parler, j'imagine... Ce qu'on pourrait qualifier, avec un peu d'excès et une mauvaise foi consommée, "d'horreur informatique"... Mais je suis certain que si vous êtes connecté à Internet chez vous, il vous est déjà arrivé de vous arracher les cheveux quand non seulement ça ne marche plus, mais surtout quand personne ne vient vous aider... La tracasserie a quelque chose de tellement insupportable que la majorité des plaintes que reçoit l'Association française des utilisateurs de télécommunications concerne les lignes Internet à haut débit... Problèmes d'installation, de livraison, défaut de qualité de service, erreurs de facturation, difficultés rencontrées pour résilier son contrat... La loi de l'emmerdement maximal, en quelque sorte... Alors "Paris Match" nous livre les conseils de l'expert Bernard Dupré... D'abord, pour l'installation, faites venir un professionnel... D'autant plus que son intervention est déductible fiscalement... Ensuite, lorsque vous avez des problèmes et que vous appelez un conseiller, gardez la trace de tous vos appels, sur la facture détaillée par exemple... Ca peut servir au cas où l'affaire irait jusqu'au tribunal... D'ailleurs, si après de nombreux appels, votre fournisseur d'accès ne vous donne pas satisfaction... Au bout de trois semaines, envoyez-lui une mise en demeure par courrier recommandé, puis une seconde lettre avant de lancer les poursuites. Bon c'est vrai que pendant ce temps-là, vous continuez à payer l'abonnement, ce qui est rageant... Mais il est préférable de payer et de se faire rembourser ensuite, que de voir débouler un huissier... Alors, au bout du compte, a-t-on une chance d'obtenir gain de cause devant un tribunal ?... La réponse est partiellement "oui", parce qu'il ne faut pas oublier, nous rappelle Bernard Dupré, qu'un fournisseur d'accès à Internet est tenu à une obligation de résultat, et pas seulement à une obligation de moyens. On va terminer par deux échos d'un monde en folie... Ils nous viennent de deux de nos voisins européens... Le premier est dans "La Stampa"... Le journal italien nous apprend que le catalogue Ikea est aujourd'hui la publication la plus lue au monde, après la Bible. La deuxième information, qui ne change pas non plus la face du monde, mais qui montre que chacun porte sa croix... Elle arrive de Suède, dans les colonnes du journal "Aftonbladet"... C'est l'histoire de Jésus, infirmier à Stockholm, qui va devoir changer de prénom, pour le bien des patients de l'hôpital dans lequel il travaille... La direction de l'établissement craint en effet que, lorsqu'un malade va entendre dire "Jésus arrive", l'état du malade en question n'empire. Jésus va donc utiliser son deuxième prénom, beaucoup moins chargé d'émotion et de symbole... Un vrai prénom pour le travail... Manuel. Bon week-end !... A lundi !...

toto

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