(Eric Delvaux : "Et une revue de presse sans journaux, aujourd'hui")... Grève du Syndicat du Livre et de la CGT : revendications salariales... Pas de quotidiens nationaux en kiosque. Selon Prestalis, qui assure la distribution d'une bonne partie de la presse en France, certains magazines pourraient également manquer à l'appel. Vous trouverez, en revanche, la presse régionale, et puis Le Monde (daté d'aujourd'hui). C'est celui daté de demain (qui sort à la mi-journée et dans l'après-midi dans les grandes villes) qui fera défaut. Tous ces journaux, on les trouve évidemment sur Internet. Mais, comme à chaque grève (et elles sont fréquentes), la presse en ligne sur le Net, ce n'est pas encore vraiment au point. Il y a vraiment de grandes différences selon les journaux : certains proposaient l'édition de ce jour dès hier soir ; pour d'autres, elles n'étaient pas encore en ligne il y a moins d'une heure. Sans parler de la difficulté à trouver où cliquer sur certains sites pour obtenir le journal, et du parcours du combattant à entreprendre si on a le malheur de vouloir imprimer. (ED : "Cela étant dit... Sécurité à la Une")... Le volcan nous laisse un peu de répit... Voici le Président volcanique... "Sarkozy ressort la panoplie du super-flic en Seine-Saint-Denis", titre Libération. On va revenir sur les annonces et les commentaires, ce matin, dans la presse. D'abord, pour planter le contexte, un petit tour sur Rue89... Le site s'est procuré les images d'une interpellation, le 14 avril, à Tremblay-en-France. Trois personnes arrêtées. Selon les témoignages, deux roulaient à moto sans casque. Images impressionnantes : coups de matraque et flashball brandi d'un côté, insultes et menaces de tirer de l'autre côté. C'est quelques heures plus tard que des bus ont été caillassés sur deux lignes de la ville. Au-delà de ces images, quelques scènes de vie quotidienne à Tremblay révèlent la communication impossible entre la police et certains habitants... Un groupe de jeunes adolescents regardent une voiture de flics : "C'est la troisième fois qu'elle passe". Abou est assis sur un banc : "Ils vont repasser, c'est sûr". Quelques minutes plus tard, la voiture est de retour : "La prochaine fois, vous allez voir, les petits vont traiter les flics, c'est sûr". Passage suivant : les petits se lâchent. Abou hausse les épaules : "C'est toujours comme ça". Et puis cette phrase de Djamel, une trentaine d'années : non, il n'a jamais pensé que la police puisse être là pour le protéger. Tremblay, c'est l'un des lieux choisis par Nicolas Sarkozy hier pour reparler de sécurité et faire des annonces-choc : suppression systématique des allocations familiales en cas d'absence à l'école ; des bureaux de policiers dans 53 établissements de Seine-Saint-Denis ; * et des internats spécialisés pour les jeunes qui terrorisent les autres élèves. Les commentaires des éditorialistes sont très frais, ce matin... "C'est le même discours toujours matraqué", écrit Jacques Guyon dans La Charente Libre. "Hier encore, le Président annonce que la République ne reculera pas d'un millimètre. Ahurissant ! Car, enfin, c'est bien le moins que les Français puissent attendre. L'ennui, c'est qu'ils ont déjà entendu le discours. Le problème, c'est qu'on a taillé dans les effectifs". C'est "la ficelle sécuritaire", pour Libération. "Nicolas Sarkozy a-t-il vraiment intérêt à enfourcher à nouveau son cheval de bataille ?", se demande Jean-Pierre Bedeï dans La Dépêche du Midi. "Pas sûr... sauf à souligner l'échec de la politique qu'il a mise en place il y a huit ans". "Il y a urgence à passer des perpétuels effets d'annonce à des mesures enfin applicables", pour Didier Pobel, dans Le Dauphiné. Sous le titre "Le 93 porte plainte contre Nicolas Sarkozy", L'Humanité donne la parole à des élus et acteurs de terrain... Tous sont encartés dans un syndicat ou un parti de gauche. Propos notamment du maire communiste de Tremblay, François Asensi : "Nicolas Sarkozy est dans son rôle de Président lorsqu'il rencontre les chauffeurs de bus : la sécurité est un problème réel. Mais l'ordre républicain est indissociable de l'égalité républicaine. Les populations les plus pauvres sont toujours rassemblées aux mêmes endroits. Et d'ailleurs, toutes les formations politiques de gauche sont en retard sur cette question d'égalité républicaine". Alors retour à Tremblay et sur Rue89, pour conclure ce dossier... Un lieu symbolise ces inégalités : c'est la Cour de la République, l'avenue commerçante au coeur de la ville. D'un côté, les immeubles que TF1 a filmés pour son reportage sur les dealers. De l'autre, des pavillons coquets. Djamel résume cela d'une formule : "C'est 'Desperate Housewives' à 300 mètres de la cité". Je vous le disais : le Président conteste ce matin au volcan islandais la Une des journaux. Il est notamment à la Une de Télérama, pour un autre sujet : "Nicolas Sarkozy président de France Télévisions"... Sur cinq pages, l'hebdo raconte comment, depuis 2008, l'Elysée met la pression sur la télé publique. Pas vraiment sur les journalistes, à vrai dire, mais quasiment pour faire les programmes. C'est la particularité de ce Président, enfant de la télé et passionné de petit écran. Les journalistes ont quand même passé quelques sales moments : Arlette Chabot, directrice de l'info, savonnée en 2009 parce qu'il n'y aurait pas assez d'émissions politiques sur la télé publique. Selon Télérama, le chef de l'Etat avait alors suggéré le nom du journaliste sportif Pierre Sled pour la remplacer. (ED : "Bon, il est tout de même question du volcan, ce matin")... "Trains, avions : enfin l'éclaircie", s'exclame Sud-Ouest ce matin. C'est "l'appel d'air", pour Libération. Les vols ont repris partiellement hier : "trois-quarts des vols assurés", dixit Libé, qui estime que l'essentiel des rapatriements sera réglé sous deux jours. On verra si cet optimisme se confirme. Il y a encore pas mal de bugs tout de même. A la Une de La Voix du Nord, par exemple : "L'aéroport de Lille-Lesquin s'impatiente". Il n'y aura que des vols-test aujourd'hui. Des centaines de Nordistes attendent toujours de rentrer chez eux. Et puis la polémique sur le principe de précaution, appliqué trop largement, est loin d'être éteinte... "On s'est basé sur un modèle mathématique de propagation du nuage, sans procéder à une contre-expertise", dit un pilote dans Les Echos. Libération souligne la pagaille européenne... "Imaginons que chaque département français soit maître de son espace aérien et puisse décider de le fermer sans prévenir personne, au risque de susciter un chaos dans tout le pays. Eh bien l'Union européenne fonctionne exactement comme cela". Et puis on aura le temps de reparler de la facture de tout cela dans les jours à venir. D'ores et déjà, selon Slate.fr, le redressement des compagnies aériennes après le 11 Septembre et la crise est compromis. C'est donc une sortie de crise dans la douleur. Et encore, le terme "sortie de crise" est bien optimiste. Même chose à la SNCF... Les bastions de grévistes se réduisent, mais il en reste, en Rhône-Alpes et en Midi-Pyrénées notamment. Une table ronde devait marquer la reprise du dialogue : elle est annulée, nous disent Les Echos. A la place, il y aura aujourd'hui des rencontres bilatérales entre la direction et chacun des syndicats. (ED : "Les autres titres de la presse, Bruno")... "Goldman Sachs assailli", à la Une de La Tribune... La banque américaine est accusée d'avoir trompé certains clients en leur refilant des subprimes pourries. Les politiques, en Europe et aux Etats-Unis, en profitent pour remettre sur la table l'idée d'une régulation plus stricte du secteur financier. Très loin de Wall Street : les moines birmans, à la Une de La Croix... Que sont-ils devenus, eux qui avaient manifesté pour l'amélioration des conditions de vie il y a trois ans ? A l'approche des premières élections depuis vingt ans dans le pays, la junte accentue son contrôle des monastères. La déclaration de revenus, en première page de La Dépêche du Midi et de Ouest-France... C'est l'époque. Guide pratique et détails sur ce que vous allez payer. Et puis le foot, à la Une du Progrès de Lyon, évidemment... Bayern de Munich et Olympique Lyonnais, ce soir, en Ligue des Champions. "En route vers la gloire", titre Le Progrès, qui publie un supplément de seize pages à l'occasion de ce match. Allez, pour finir... un "Mammuth"... Joli succès critique, ce matin, pour le film dans lequel Gérard Depardieu incarne un prolo qui part à moto à la recherche de ses points-retraite. "Mammuth", c'est le titre du film. Pour la première fois, Depardieu accorde une interview avec sa fille Julie à un journal, en l'occurrence Les Inrockuptibles. C'est assez émouvant, d'abord parce que Guillaume est présent, comme en fil rouge de cette interview. Et puis les à-côtés sont assez croquignolesques. Les deux journalistes des Inrocks racontent : quand vous arrivez dans la cour intérieure chez Depardieu, la première chose qui retentit, c'est un borborygme. Le père commence, la fille répond sur le même mode. "Quand on entre chez nous, pour vérifier que les autres y sont, on pousse ce genre de cri. Ensuite, évidemment, on se met à table, même s'il est 14h30 et qu'on a déjà mangé". Celui qui a incarné Vatel a cuisiné un lapin. Alors les journalistes des Inrocks n'ont pas le choix. "Et mange avec tes doigts : c'est comme ça que c'est meilleur". Lapin et quatre bouteilles de pinard. Et au moment où ils s'apprêtent à partir, les deux loustics sont rattrapés par le coltard : "Vous allez pas me laisser tout ce bordel. Allez hop ! Vaisselle et serpillière !". Ils sont sortis complètement bourrés, et avec des odeurs de serpillière au bout des doigts, mais sous le charme. Il est comme ça, Depardieu-Cyrano : Mammuth, mais à la fin de l'envoi, il touche... Bonne journée...

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