On commence par une date « anniversaire », nous sommes le 21 avril

« Génération 21 avril » titre Libération ce matin pour dresser le portrait de ceux qui en 2002, sont nés à la politique en votant contre Jean-Marie le Pen…témoignages dans Libé et esquisse de solution sur le site The Conversation Témoignages d’abord de ces désormais trentenaires, qui ont incarné il y a 14 ans, le « sursaut républicain » et qui ont cru dans le slogan « plus jamais ça ». Ca, c’était le vote utile contre le Front national. Et bien depuis, ils ont grandi avec ce vote utile. Génération écoeurée dit Libération, qui voit se profiler 2017 comme un retour à la case départ. Julie-Charlotte toulonnaise, électrice de Jospin au premier tour de 2002 « aujorud’hui je voudrais dire ma colère, réclamer plus de gauche, plus d’écologie, mais je ne peux pas, j’ai trop peur des représailles. Je me bats contre quelque chose sans jamais donner mon avis ». Elle vote à droite, à chaque fois qu’il le faut dit elle, la dernière fois, pour Christian Estrosi contre Marion Maréchal le Pen aux régionales. Sarah qui assume « il ne faut pas voter pour ses idées, sinon on le paie cher »…Et puis il y a ceux qui disent leur ras le bol du vote utile, le vote barrage, Lina qui menace de voter blanc « j’assume le risque d’un FN vainqueur. Ce n’est pas moi qui vote le Pen ». Idris conclut « je crois que les politiques ont réussi à mater la citoyenneté de ma génération, j’espère que la suivante, celle de Nuit debout est différente »

Et la solution maintenant ?

Esquisse de solution en tout cas, avancée par deux chercheurs, de Dauphine et polytechnique et exposée sur the conversation.com : pour éviter un nouveau 21 avril, si on remplaçait l’élection au scrutin majoritaire, par le « jugement majoritaire » ? Ils partent du constat que le candidat élu n’est pas celui qui est le plus apprécié par l’électorat. Preuve à l’appui, en 2002 chirac l’emporte alors qu’il était donné perdant face à Jospin, en 2007 bayrou est éliminé quand il aurait gagné dans un face à face avec Royal ou Sarkozy etc. Une élection disent-ils, doit mesurer le soutien dont bénéficie chaque candidat.Comment fait on ? on évalue chacun des candidats, en lui attribuant une appréciation, d’excellent à insuffisant, en passant par bien ou passable. On détermine la jauge de chacun, quelle est sa mention majoritaire, et que le meilleur gagne donc…Pas de roulette russe, pas de barrage, mais une opinion nuancée qui permet à chaque électeur de s’exprimer…utopique peut-être, mais pas bête.

On poursuit Hélène en revenant sur les prémices de la contestation à la loi travail du gouvernement

Vous vous souvenez, c’est la pétition et le hashtag on vaut mieux que ça qui avaient lancé la mobilisation contre la loi El Khomri…Le site de l’Obs relaie aujourd’hui l’initiative en proposant un reportage baptisé « Mon job à la con ». Ces « bullshit Jobs » mis en lumière par l’anthropologue David Graeber, qui avaient fait polémique en 2013, les uns défendant ces postes nés de la complexification de l’économie, les autres dénonçant l’inanité de « perdre sa vie à la gagner » dans des boulots vides de sens. Claire, contractuelle dans la fonction publique, payée pour faire des statistiques qui n’intéressent personne, raconte son inactivité et son ennui, elle passe sa journée sur facebook, David consultant, sans illusion sur les powerpoints, « propals » qu’il soumet à longueur de journée pour justifier l’existence de sous chefs aux projets fumeux ; martha retoucheuse photo qui se sent tellement éloignée du produit fini qu’elle n’en comprend plus à quoi elle sert, Martin « brand publisher » c’est-à-dire journaliste tourisme sur des sites que personne ne lit, tombé en dépression et qui finit par vouloir la révolution, juste dit il, pour la violence et le chaos. Mais tous disent leurs chaines, celles de rester pour ne pas tomber dans le chômage.

Témoignages d’uberisation du travail, objectivement déprimants !

On ne parle plus uberisation, mais on reste peut être dans la catégorie « Job à la con », vous en avez trouvé un exemple ce matin Hélène

Dirigeant d’’europe écologie les verts, ah, en matière de job à la con, ça se pose là. Dans l’Obs, le magazine cette fois, « Voyage au bout de l’enfer » article de MAel Thierry où les ex dirigeants racontent leur expérience « dans ce puits sans fenêtre, sombre, fermé sur lui-même que sont les Verts ». Dominique Voynet, Yann Werhling, Jean Luc Benhamias disent la défiance permanente des militants face au chef, si l’un arrive suivi d’un photographe, il entend sur son passage « pour qui il se prend celui là », la majorité fixée à 60% pour la moindre décision qui oblige à proposer des choses inverses pour arriver à ses fins, cette petite tribu auto centrée qui n’arrive pas à clarifier son rapport au pouvoir…

C’est peut-être à cette tambouille verte que Nicolas Hulot fait référence dans son entretien au Parisien ce matin, l’ex envoyé spécial du président pour la protection de la planète accompagne François Hollande demain à l’Onu pour signer les accords de Paris négociés pendant la COP 21. Il va dit-il en profiter pour lui mettre la pression sur les propres engagements de la France notamment en matière de suppression d’aides au pétrole. Il en profite aussi pour tacler donc « l’esprit partisan et les petites tambouilles politiciennes » mais continue de rêver d’une alliance « entre le meilleur de la politique et le meilleur de la société civile ». Incarnée par qui ?LUI ? ah, ça il ne le dit pas encore

On termine Hélène avec une série de portraits de femmes ce matin

Femme Lumineuse, cash, libre…il faut lire dans la revue XXI, l’entretien d’Esmeralda ROMANEZ, présidente de la fédération européenne des femmes romani et voyageuses. Voix écoutée, elle va rentrer cette année au bureau des discriminations de l’ONU, cette grand-mère tsigane raconte sa vie sur les routes, la bataille qu’elle a menée pour savoir lire, écrire, « ça m’a permis de ne devenir raciste » explique t elle, le racisme qu’elle a subi mais qu’elle reproche aussi aux siens, « j’ai de la colère contre la communauté dit elle, c’est bien beau de vivre entre nous, mais ça nous apporte quoi ? rien » »il faut évoluer, l’évolution n’est pas forcément une trahison ».

Femme Engagée, « une vie traversée par Tchernobyl », portrait dans Politis à l’occasion des 30 ans de l’explosion de la centrale soviétique de Galia Ackerman, qui publie une réflexion culturelle, philosophique et anthropologique sur cette tragédie. Galia Ackerman tente d’en dégager une valeur universelle, car il impossible de s’en tenir aux morts, il faudra attendre 24 000 pour voir divisée par 2 l’intensité radioactive du plutonium dispersé par l’accident…c’est un processus au cœur du vivant qu’elle cherche à explorer

Femme Discrète, enfin…Anais Jeanneret, ancienne comédienne, écrivaine qui publie « nos vies insoupçonnées ». Anne Fulda qui nous en dresse le portrait dans le Figaro commence par ces mots « elle semble sur ses gardes, fait des réponses courtes. Pas vraiment à l’aise dans l’exercice de la promotion et du portrait, botte en touche pour évoquer sa vie personnelle ». Discrète donc, et pour cause, Anais Jeanneret apprend t-on au détour d’une courte phrase, est l’épouse de..Vincent Bolloré, mais ne veut surtout pas être vue comme une « femme de ». et précise donc qu’il n’y a rien d’autobiographique dans ses romans…à lire leurs titres, « la solitude des soirs d’été, les yeux cernés, la traversée du silence » on s’en félicite pour elle, et lui !

Enfin sachez que le magazine QG nous livre une information de première importance, il serait prouvé pour un homme que partager son existence avec une femme d’esprit est un excellent rempart contre le naufrage de la vieillesse. Etude médicale présentée la semaine dernière à Oxford.Reste maintenant à démontrer la réciproque

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