Tête de turque. L'expression est à la mode ce matin. Et c'est la France qui se fait tête de turque.En cause ?Les députés qui doivent examiner demain, une proposition de loi condamnant la négation du génocide arménien. Voilà qui froisse Ankara, peut-on lire dans les Dernières Nouvelles d'Alsace.Et c'est rien de le dire. La presse turque est unanime. Le Hurriet Daily News s'en fait l'écho ce matin. Abdullah Gül n'apprécie pas le manque de respect de Nicolas Sarkozy. Le chef d'Etat turc a tenté de joindre par téléphone son homologue français, pour qu'il renonce à cette loi, en vain.Hurriet Daily News traduit ce refus par un manque de courage.Car enfin, de quoi est-il question?//Bien sûr, c'est mal de nier l'existence des génocides explique Bruno Dive dans Sud Ouest. Mais il existe déjà une loi pour les extrêmistes qui nient l'existence des chambres à gaz. Il en existe une autre qui reconnaît le massacre des Arméniens en 1915.Mais faut-il continuer à légiférer ? La question est aussi posée par Michel Lepinay dans Paris-Normandie.Non, répond Ahmet Davutoglu, le ministre des affaires étrangères turques dans les pages Rebonds de Libération. "La loi ne peut statuer sur la véracité d'un évènement. La loi ne peut qu'encadrer les actes et les actions futures. Si le parlement français adopte ce texte. Alors, quand je viendrais à Paris et que je m'exprimerai sur l'histoire de mon pays, je ne respecterai pas la loi en France, pays qui représente l'un des berceaux de la liberté d'opinion. Qu'en sera t'il aussi des Turcs qui défileront dans les rues en brandissant le slogan : il n'y a pas de génocide. Va t'on tous les arrêter ? Non. Je ne peux l'accepter. C'est aux historiens d'analyser. Au lieu de taire l'histoire, laissez les vérités historiques être débattues " conclut le ministre des affaires étrangères turcs dans Libé.Pas d'accord, lui répond toujours dans Libé, l'historien Raymond Kévorkian. Surtout quand ça vient d'un pays qui emprisonne avocats, journalistes, éditeurs et universitaires au nom de la lutte contre le terrorisme. C'est probablement l'autisme dont elle est atteinte qui pousse la Turquie à s'activer contre ce texte. En adoptant cette loi, nos législateurs rendront un service éminent à la société turque. Il faut assumer le passé pour plusse d'avenir.

Au risque peut-être... d'une crise grave ? Oui. C'est l'avis des Dernières Nouvelles d'Alsace. Un millier d'entreprises françaises opèrent en Turquie. Elles risquent de se voir privées de marchés publics. L'an dernier, les échanges franco-turcs ont représentés 12 milliards d'euros.La Turquie pourrait aussi jouer un rôle important pour sortir de la crise syrienne, reprend Bruno Dive dans Sud-Ouest. Ce qu'il faut comprendre dit-il, c'est que les élections approchent. La communauté arménienne est une des plus importantes de France. Et à droite comme à gauche, on se dispute cet électorat.

Quoi d'autre dans la presse ? Et bien ça va mal.Ca va mal, pour les porteuses de prothèses mammaires PIP. On vous en parlait dès hier. Le ministère de la santé devrait annoncer vendredi, s'il recommande leur explantation à 30.000 françaises. D'après les Echos, cela coûtera 70 millions d'euros à la Sécu. Bien en deçà du scandale du Médiator.Cela dit, dans ce scandale, il y a une bonne nouvelle selon Eric Favereau dans Libé. Contrairement aux autres, celui-ci aura été bien géré. Mais ce scandale ne touche pas que la France. Outre Manche, The Indépendent relève ce matin, que 50.000 britanniques sont concernées. Les autorités sanitaires recommandent à ces femmes de consulter leur médecin.Elles pensent aussi qu'il serait raisonnable à terme de retirer ces prothèses.

Ca va mal. On continue avec les mauvaises nouvelles.Le journal l'Humanité dénonce ce matin, le jackpot de la spéculation dans l'immobilier. En trente ans, les bailleurs et les professionnels du secteur ont réalisé 450 milliards d'euros de sur-profit. Et pour étayer ce chiffre, l'Huma s'appuie sur une étude menée par la Plate-forme logement des mouvements sociaux qui regroupe 37 organisations.

Ca va mal aussi dans l'agriculture.Chaque seconde, 26 mètres carré de terres agricoles disparaissent en France, titre la Tribune à sa Une. La faute à l'urbanisation grandissante. Mais aussi à la rentabilité économique. Elle est d'autant plus pressante écrit Sara Sampaio, que les agriculteurs dégagent en moyenne des revenus de faibles.Cette information est d'ailleurs relayée par les Echos. Le monde agricole est miné par les inégalités de revenus. Le revenu moyen sera cette année, de 30.200 euros, selon l'INSEE. Certes, les 26.000 planteurs de Betteraves ont cassé la baraque. Leur revenu a augmenté de 15%.Les viticulteurs ont gagné cette année, en moyenne, 55.000 euros. Mais il faut savoir distinguer ceux de Champagne et ceux du Languedoc. Et à l'autre bout du spectre, les producteurs de fruits devront eux, se contenter de 4.700 euros en tout et pour tout cette année. Soit un rapport de 1 à 12.Ca va mal.Angélique Négroni relève page 40 du Figaro, que certains en sont même réduit à voler dans les boulangeries. Ainsi, dans les Hauts de Seine, sévit depuis début décembre, un braqueur de pains au chocolat. A chaque fois qu'il arrive, il se présente comme un client ordinaire, avant de pointer un révolver sur la marchande. Montant du préjudice : 8 à 20 euros à chaque fois. On pourrait en rire, s'il n'avait pas d'arme. Car là, il s'agit d'un crime passible de condamnation. Sauf à faire reconnaître l'état de nécessité. Autrement dit, l'obligation de voler pour survivre.

Ca va mal donc, sauf pour Beckham. On en a parlé ce matin dans le journal de 8 heures. C'est quasi fait. David Beckham va venir finir la saison au PSG. C'est la Une de l'Equipe et du Parisien-Aujourd'hui en France. 800.000 euros brut mensuel. On a fait pire. Quant à savoir s'il y a un intérêt sportif. Beckham a quand même 37 ans. Le Parisien Aujourd'hui en France fait le point. Il ne court plus ? De toutes façons, il n'a jamais vraiment couru. C'est un débat franco-français assez inutile. Ce qu'on retiendra c'est Beckham. La marque, la renommée.Et pour le mensuel Têtu, l'icône gay. Tout le monde l'imite, même dans sa tenue sportive. Allez jeter un coup d'oeil sur la page 184, vous y verrez un joli jeune homme. Bas de jogging et ballon en main. Goaaalll dit le mensuel. Ouais. Comme Beckham quoi.

Heureusement qu'il nous reste la famille. La famille se décline un peu partout ce matin. Dans le Monde, c'est la famille des Verts au Sénat qui pour la première fois a réussi à constituer un groupe. "Nos punks à nous" s'amuse Cécile Duflot. Un ancien ouvrier agricole avec la boucle d'oreille et le blouson de cuir. Une lesbienne militante. Une Israélienne turque et Française aux mèches rouges. Il y a de tout. Mais pas question pour eux, de renoncer à leur style et à leurs rêves. Même si les vieux de la vieille du Sénat tentent parfois de calmer leur ardeurs.La famille, c'est aussi un modèle qui évolue avec le temps. Télérama montre ce matin, la famille dans tous ces états. Pour la sociologue Irène Théry, il faut sortir du modèle père-mère. Aujourd'hui, la famille est multiple et qu'elle soit recomposée, monoparentale ou homoparentale, ce qui la définit, c'est la présence d'un enfant, tout simplement.Ce qui l'a définit aussi...C'est ça : SONORE (A TAAAABLE!)Voilà bien l'injonction la moins discutaillée dans les foyers, écrit Bernard Mérigaud. La famille vient en mangeant. On y parle, mais pas la bouche pleine. La table est un lieu d'échange privilégié qui nourrit les liens familiaux. Mais attention, il y a toujours un rite immuable, défendu bec et ongle. Le fameux : c'est ma place ! Que personne ne saurait justifier vraiment.

Aller pour terminer, parlons de Noël. Noël à tous les étages.Made in France à la Une de Charlie Hebdo. Made in Nord Pas de Calais pour la Voix du Nord qui offre aux lecteurs une petite visite chez le fabricant français Meccano.Certains lui écrivent même une lettre. C'est le cas de Roger Pol Droit dans les Echos. Cher Père Noël, je ne voudrais pas abuser. J'écris au nom de la planète. Pourriez vous offrir à chacun une loupe pour scruter les comptes publics, une paire de jumelles pour voir un peu plus loin que le premier trimestre. Et puis autant aller jusqu'au bout. Nous sommes nombreux à espérer votre disparition. Le problème, c'est que si vous ne venez pas l'an prochain, alors preuve sera faite que vous existez !Cela dit les enfants quand ils grandissent, ne sont plus dupes. C'est Florence Deguen qui le dit dans le Parisien-Aujourd'hui en France. Forcément, quand on habite au 6ème étage d'un immeuble parisien, difficile de faire gober que le Père Noël passe pas la chaudière. Et puis, il y a ces Pères Noël de grands magasins dont la barbe se décolle et à l'haleine de bière. Le voisin de pallier dont l'enfant reconnaît les chaussures. Oui. Il faut le dire, ce sont des hommes déguisés pour l'occasion. Car, à toi l'enfant qui m'écoute. Le Père Noël, le vrai et ben... Il existe vraiment. Et celui qui dira la contraire, faudra pas le croire.

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