(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : le point du vue du Papou

(Bruno Duvic) Un jour, il a vu débarquer dans son village un type « grand et maigre comme un cocotier ». C'était un homme blanc, photographe en mal d'exotisme.

Le chef papou l'a adopté, à tel point qu'il a fini par lui rendre visite en France quelque temps plus tard. « Tribulations d'un Papou en France ». Cela a donné deux films, un livre et un article parfait pour oublier la pseudo fin du Monde cette semaine dans Le Nouvel Observateur . Regard du chef sur la France, sous la plume de Marie-France Etchegoin.

Les parisiens stressés, qui marchent « comme des autruches constipées (…) Fontaines à paroles collés à leur téléphone portable ». En même temps, il ne peut plus se passer du Nokia acquis lors d'une sa visite. Pas commode quand il faut recharger la batterie au milieu de la forêt...

« Une maison des anciens », comprenez maison de retraite en Ile-et-Vilaine. "Bien nourris les vieux, mais tellement seuls".

A Grenoble, il s'éclate en Vélib’ et passe des heures dans un salon de coiffure. Il relève l'obsession de rajeunir de la tribu des Français.

Il gravit l'Aiguille du midi, fait du ski dans les Alpes, embarque sur un chalutier.

Omaha Beach : « Chez vous tout est démesuré même la guerre ». Cérémonie du 11 novembre dans la Marne : « Nous sommes fiers d'être à vos côtés, vos ancêtres ne sont pas morts pour rien.3

Sur la question du sexe, Mundiya Kepanga est plutôt sur la ligne du cardinal Barbarin : « Un mâle s'accouple avec une femelle ». Et puis un jour, il a débarqué au Moulin Rouge... La suite à la fin de cette revue de presse...

Mais déjà des femmes nues à la Une des Inrockuptibles cette semaine...

Comme la plupart des magazines, c'est un numéro double pour les 15 jours avec best of de l'année 2012. Alors voici les plus belles plumes de l'année, ou les plus noires.

A la Une des Inrocks , ce sont donc les féministes des Femen, ces jeunes femmes qui militent poitrine en avant telles la liberté guidant le peuple qui trône au Louvre Lens.

Evénement de l'année, selon les lecteurs : l'élection de François Hollade.Mais homme politique de l'année : Jean Luc Mélenchon.

Meilleur album de l'année selon la rédaction : celui des britanniques d'Alt J, « An Awesome Wave », Meilleur film : « Holy Motors » de Leos Carax.

Meilleur livre de l'année selon le magazine Lire - pas le livre le plus médiatisé, loin de là : « Le diable, tout le temps » de l'Américain Donald Ray Pollock.

D'autres stars de l'année : le Boson de Higgs pour la revue Science et le magazine M en kiosque cet après-midi. On approche un peu plus de la compréhension du mystère suprême : la création de l'Univers.

2012, « Encore une année de merde » dit un poisson dessiné par Johan Sfar, l’auteur de la BD « Le chat du rabbin », à la Une de Télérama .

Le Point résume le millésime à coup de listes. Signe des temps, il y une liste des mesures de rigueur les plus salées. Douloureuses, insolites ou inquiétantes comme ces 125 prisonniers, certains coupables de meurtres, libérés prématurément dans l'Oregon aux Etats Unis. Déficit budgétaire : la prison a dû fermer des cellules.

2012 en dessin dans Courrier International . Celui ci du caricaturiste l’israélien Kichka. Un panneau "attention école" dans une rue. Et au pied du panneau, dessiné à la craie sur le trottoir, le même adulte qui tient un enfant par la main. C'était après la tuerie dans l'école juive de Toulouse.

Dans Mon mensuel , journal pour les 10-14 ans, un ado raconte sa vie en Syrie, pays en guerre.

Dans L'Humanité Dimanche , les mois écoulés en photos. Le climat politico économico social tendu. Et image de Nelson Mandela. S'il disparaissait, ce serait une petite fin du monde...

2012 en émotions dans Psychologie magazine . Photo d’Aung San Suu Kyi. Emotion associée : l'élévation.

Les 100 qui ont fait 2012, dixit Technikart , qui s'intéresse aux moins de 40 ans. En tête du classement, Erwann Binet, député de l'Isère, hétéro, catho, père de 5 enfants et rapporteur de la loi sur le mariage pour tous...

C'est là que ça se complique...

C'est la Une du Monde , « Mariage gay : la gauche se divise sur la procréation assistée ». 27 députés socialistes n'en veulent pas. Et à la Une de Courrier International , il y a ce titre : « Mariage non merci ». En France, débats passionnés autour du mariage pour tous. Ailleurs, des Etats Unis à l'Inde en passant par les Pays Bas, l'Italie et le Liban, on s'interroge sur la pérennité de cette institution, selon Courrier .

En Occident au moins, grâce aux acquis du féminisme, le mariage n'est plus un passage obligé. Les jeunes gens sont infiniment plus libres qu'avant. Mais que faire de cette liberté vertigineuse ?

Le dossier s'ouvre sur un long article du journal américain The Atlantic .

L'auteur de l'article est une femme de 39 ans, qui raconte ceci.

"En 2001, j'avais 28 ans, j'ai rompu avec mon petit ami. Il était et reste exceptionnel, beau, intelligent, loyal, gentil. J'étais déconcertée par mon comportement, mais il me manquait quelque chose et je n'étais pas prête à fonder un foyer. Etait-ce la plus grosse erreur de toute ma vie ? 10 ans plus tard, je me pose parfois la même question.

(…) Ce que ma mère envisageait pour moi, c'était un avenir dans lequel je faisais mes propres choix. Je ne crois pas que l'une de nous aurait pu prévoir ce qui allait se passer en démultipliant ce sentiment de pouvoir à l'échelle d'une génération »

On parle ici d'une jeune femme américaine. En Algérie c'est une autre affaire. La revue « France Culture papier » dans son dernier numéro retranscrit l'interview radio de l'avocate algérienne Wassyla Tamzali. Elle est née en 49, elle raconte une anecdote d'enfance en Algérie. Un gouter d'enfant, dans la ferme familiale. La bonne de la maison demande à la petite fille de laisser la plus grosse part de gâteau à son frère, parce que c'est un garçon.

Même si son père lui assure alors que les filles ont les mêmes droits que les garçons, le mal est fait. « J'ai toujours pensé que l'Algérie était un patriarcat dirigé par les frères plutôt que par les pères. Et que la faiblesse de la figure du père était une des causes de la situation des femmes (…) En méditerranée, le vrai couple, c'est la mère et le fils. »

L'Algérie, principal titre des quotidiens.

Et le discours de François Hollande sur les souffrances que la colonisation a infligées est jugé un peu mi chèvre mi chou.

« France Algérie les petits pas » titre La Croix

« Le minimum du minimum » pour L'Humanité

« Le rendez vous manqué » pour Libération .

A la Une du Figaro : « Bernard Tapie, le retour qui dérange ».

Et puis l'inévitable fin du monde. C'est « Apocalypse show » pour La Nouvelle République .

A retenir encore, dans Libération , le petite tribune de Catherine Deneuve, en soutien à Gérard Depardieu et surtout contre le texte très virulent de Philippe Torreton en début de semaine dans le journal.

Retour au chef papou dans Le Nouvel Observateur , pour finir...

Nous l'avons laissé au seuil du Moulin Rouge.. Quand il est entré, ses yeux « sont tombés de leurs orbites et ont roulé sous la table ». Il a demandé si le gouvernement était au courant que des femmes dansaient de cette façon. Mais il s’est découvert un point commun avec elles : les plumes.

Alors à la fin du spectacle, il est allé voir les danseuses backstage. Et avec sa barbe, son bâton dans le nez et son chapeau à plume, il a embrassé Julie Bruyère : 1 mètre 80 de seins et de fesses.

Le contact est immédiatement passé. Quelques mois plus tard, la belle Julie était devenue danseuse au Lido. Elle a débarqué avec sa troupe dans le village de Mundiya, sous le regard interloqué des femmes papoues. Ils préparent ensemble le grand concours de danse organisé chaque année en Papouasie.

L'ont ils gagné ? Le documentaire est diffusé le premier janvier sur France 5. L’année commencera bien...

Bon week-end !

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