L'Eglise traque sa honte et ses silences, le Monde, la Croix, la Vie. Vingt ans après Sollers, le Point dénonce la France moisie. François Ruffin sort un livre et s'installe en contraire absolu d'Emmanuel Macron, Reporterre. Les pièces antiques de Monsieur Bulgari, le Figaro.

On parle d'un jeune homme assassiné

Et c'est une si vieille histoire que met à sa une la Marseillaise, 24 ans pensez donc, 24 ans, qu'un garçon de 17 ans qui était mince et qui dansait le Hip Hop, en revenant d'une répétition de son groupe, B Vice, croisa avenue des Aygalades des militants du parti qui s'appelait alors le front national, cela fait aujourd'hui 24 ans que Ibrahim Ali, marseillais d'origine comorienne fut tué d'une balle dans le dos par des colleurs d'affiches du front national, et ce 21 février 1995, se souvient la marseillaise, de dizaines jeunes gens vinrent à scooter à la Savine, ils étaient de la Viste, de la Solidarité, du Plan d'Aou ils étaient très chauds et ils auraient "cramé" la ville si la maman d'Ibrahim Ali et son ami Soly ne les avaient pas calmé....

Et nous voilà maintenant, 24 ans après, et la marseillaise est seule à faire sa une d'un souvenir; c'est l'identité d'un journal de gauche à marseille de mettre à la une ce mort-là aujourd'hui. La Provence en fait une brève pour annoncer qu'un hommage aura lieu ce midi.  A sa une la Provence revient sur cet homme abattu avant hier par la police alors qu'il poignardait des passants sur la Canebière et qui à vingt ans avait tué son propre père...   

Il est passé tant de drames depuis. En janvier dernier, Jean-Claude Gaudin, était interpellé lors de ses voeux à la presse sur les morts de la rue d'Aubagne, et le vieux maire avait comparé ces morts à Nicolas Bourgat, un lycéen poignardé par un voyou, à Mauranne et Laura, tuées par un islamiste garde Saint Charles, et à Ibrahim Ali.... Nicolas Bourgat a une rue à son nom à Marseille, Ibrahim ali attend la sienne, je lis dans 20 minutes,  qu'un député de Marseille, Said Amahada lance une pétition pour cela. 

Marseille a son fantôme, il en est tant qui se bousculent dans nos journaux,  parfois de honte. La vie et l'humanité titrent sur l'Eglise catholique qui aujourd'hui doit affronter les abus sexuels qu'elle a couvert, et c'est un océan de secrets, le Monde et la Croix nous raconte l'étouffement de victimes en Afrique du Sud et aux Philippines, et dans ce pays tout concourt au silence dit la Croix, "le prêtre est au sommet de la hiérarchie sociale, et tout lui est dû", et dans les cultures asiatiques, la culture de la honte domine, et le silence préserve l'honneur...

Les chrétiens ont besoin de courage dit l'éditorial de la Vie qui donne l'exemple en saluant Sodoma, ce livre du journaliste Frederic Martel qui explique les maux de l'Eglise par la dissimulation de l'homosexualité de ses élites vaticanes.  Un livre, arrogant, dit la Vie, mais salutaire.  Cette phrase en dit autant sur un journalisme libre que sur le livre lui-même...

L'antisémitisme occupe toujours les journaux...

Comme s'il fallait expier trop de silences et se remettre d'une sidération de la honte, quand on découvre, sur le site de la chaine, que France 3 Grand Est dut interrompre le "facebook live" de la visite du Président au cimetière profané de Quatzenheim quand  des internautes commentèrent la scène par des appels au meurtre explicites,  des "Heil Hitler" ou des "sale juif ". Arrêt sur image a exhumé l'obsession maladive antijuive sur les réseaux sociaux d'un militant antisémite, Hervé Ryssen, qui a enfilé le gilet jaune pour profiter du chaos. On regarde alors ce qu'on ne voyait plus. L'express et le Point font leurs une sur l'antisémitisme et au-delà pour le Point qui dénonce aussi bien les violences que subissent des élus et ramène dans le débat français Manuel Valls, qui affirme qu'il fut seul quand il s'en prenait à Dieudonné... Le Point titre sur "la nouvelle France moisie", voilà encore un fantôme, sémantique... 

Ce fut une expression inventée par l'écrivain Philippe sollers en 1999 dans une tribune donnée au Monde... Le texte est en ligne.  "La France moisie a toujours détesté, pêle-mêle, les Allemands, les Anglais, les Juifs, les Arabes, les étrangers en général, l’art moderne, les intellectuels coupeurs de cheveux en quatre, les femmes trop indépendantes ou qui pensent, les ouvriers non encadrés, et, finalement, la liberté sous toutes ses formes." Est-on plus actuel? 

On respire dans les journaux un parfum d'effondrement autour de l'affaire Benalla qui se porte au débit du Président, et je retiens ce dessin de Kak à la une de l'opinion, où Gérard Larcher ravi souligne l'utilité du sénat, mais il dit ceci, dans le dessin. Le Président " a transformé un cimetière d'éléphants inutiles en dernier rempart contre le totalitarisme... Totalitaire, la macronie? Le destin du Président se complique, dont l'Obs nous dit, d'après un livre de notre ami Cyril Graziani, qu'il cherche le rebond.

Un homme sort un livre ce matin, où il tutoie le président qu'il déteste, François Ruffin, député insoumis de la Somme, et qui fut élève du même lycée, la providence à Amiens, qu'Emmanuel Macron dont il veut être le contraire, "Ce pays que tu ne connais pas" est le titre du livre. 

«  Avez-vous connu le doute ? Avez-vous connu la médiocrité ? la nullité ? le sentiment – comme vous le direz plus tard – de n’être bon à rien ? de vous regarder, et d’être regardé, comme une merde ? Avez-vous connu ça ? Non. Tant mieux pour vous. Juste que, en même temps, ça vous manque. » 

C'est Reporterre, site de contestation sociale et écologiste, qui publie des extraits du livre et titre "Ruffin face à son destin" et le journal pointe un malaise, "si Ruffin est la face lumineuse du sombre Macron", il devrait, plus que Jean-Luc Mélenchon, porter l'alternative en 2022... Et ainsi la politique de toujours revient dans une tentation. 

Et des tentations pour finir... 

Et des innocences, également, auxquelles nous invite l'historien Johann Chapoutot, qui dans sa chronique de Libération, voit dans l'école maternelle de ses enfants o ùl'on invite les parents à partager le yoga, la preuve d'un vivre ensemble possible... 

L'innocence d'un millionnaire nommé Nicola Bulgari, vice président de la marque de joaillerie, qui dans le Figaro nous raconte et nous montre sa collection de monnaies anciennes, et elles témoignent de la civilisation occidentale, oh combien: Brutus après avoir tué César fit frapper une pièce à son effigie avec la date du meurtre...  Hadrien, beau barbu, fit frapper une monnaie à l'effigie d'un de ses beaux favoris... 

Tentations enfin dans le Parisien, dont vous vous fîtes l'écho, Leah dans une émission stupéfiante à la télévision, qui furent sur des fauteuils en skaï dans la 2e arrondissement de Paris l'exutoire de ces messieurs et dames d'âge mur qui débarquaient parfois au Berverly avec une bouteille ou du fromage d'Auvergne. Mais samedi, après sa dernière séance,  Maurice Laroche 75 ans, patron donc du Berverly, dernier cinéma X de Paris, tire sa révérence après demain samedi . Ce fut nous...  

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