"11h15 : Strauss-Kahn débarque en limousine"... Le titre du Parisien-Aujourd'hui en France témoigne de l'effet de surprise... "Strauss-Kahn en vedette américaine", confirme Libération... qui explique que la présence, hier, du directeur du FMI au forum du PS sur la rénovation a de quoi relancer les spéculations sur ses ambitions hexagonales... "Le retour-surprise de DSK complique le jeu au PS", résume en Une Le Figaro... Et Yves Thréard analyse, dans son éditorial : "DSK a tout intérêt à la cacophonie, à la lutte des clans... En haut de sa colline, de son promontoire, il n'apparaîtra que plus grand, plus fort et, paradoxalement, plus rassembleur"... Une sorte de Jacques Delors, en quelque sorte... "Tous ensemble, tous ensemble !", scande Jacques Guyon, dans La Charente Libre... qui préfère constater qu'"au PS, on n'avait pas eu l'occasion, depuis bien longtemps, d'entonner, au moins en esprit, l'air de l'union sacrée"... Dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace, Olivier Picard explique que c'est "l'instinct de survie qui dicte à tous les prétendants une indispensable solidarité... La Présidentielle a cruellement montré qu'on ne peut caresser aucun espoir de victoire sans un parti rassemblé derrière soi... Alors hier, à la Mutualité, ce fut un premier exercice de convalescent prudent"... Reste que, quand même, analyse Libération... "L'irruption de Strauss-Kahn renforce le combat des personnalités du PS, au détriment de celui des idées"... Et Paul Quinio écrit qu'"en pointant le bout de son nez, DSK aura transformé le week-end en un épisode de plus du bal des egos"... Et quand bien même... Laurent Joffrin, toujours dans Libé... se demande "s'il faut s'inquiéter de l'excès de talent dans les hautes sphères solférinesques"... Et le commentateur liste : "Royal garde du charisme... Delanoë est largement reconnu comme un excellent maire... Strauss-Kahn déploie une intelligence hors du commun... Le combat n'aurait rien d'indigne... Sauf qu'il faut maintenant faire un choix, ajoute Joffrin... Il faut choisir les idées... les hommes et les femmes qui les porteront... C'est une question démocratique, non partisane... La France a besoin d'une opposition"... Parce que, c'est vrai que ce n'est pas encore ça, note Bruno Dive dans Sud-Ouest... "En dépit des critiques virulentes que le Parti Socialiste adresse désormais au pouvoir sarkozyste, le tandem exécutif a encore quelques mois de tranquillité devant lui... tout au moins sur le plan politique"... Sur le plan politique, oui... Parce que la tranquillité, sur le plan économique, ça fait longtemps déjà que ce n'est plus ça... Et ça ne va pas forcément s'arranger à court terme... En Une ce matin : plusieurs dossiers qui ont de quoi inquiéter... "Les Américains bataillent pour éviter la récession"... C'est la Une de La Croix... qui a recueilli le témoignage de foyers américains touchés par la crise... Il y a Scott, le plombier, qui subit de plein fouet le ralentissement de l'immobilier... Il n'y a plus aucun chantier de construction... Il y a Carmen, qui se bat avec ses cartes de crédit, et qui confie : "Je ne vois pas bien où je pourrais dépenser moins"... Il y a également Michelle, mère célibataire de 3 adolescents... Elle cumule deux emplois : secrétaire dans une compagnie d'assurances le jour, vendeuse dans un grand magasin le soir et le week-end... Et à côté de ces témoignages, ce constat : "L'économie française a déjà commencé à ralentir"... "Comment éviter la crise ?"... L'inquiétude sous-tend la Une du Parisien-Aujourd'hui en France... Un directeur d'étude explique dans le journal que "nous serons touchés dès la fin du printemps"... Et Le Parisien analyse que "oui, le chômage risque de repartir à la hausse... que oui, il faut s'attendre à une poussée d'inflation... que non, l'euro fort n'est pas une protection"... Quant à savoir si le gouvernement peut prendre des mesures pour atténuer l'impact de la crise, le journal répond : "Pas vraiment"... Pas vraiment... C'est pas vraiment ce que disent les quotidiens économiques... Parce que, pour eux ce matin, il y a... le rapport Attali... Un rapport qui sera remis mercredi à Nicolas Sarkozy... 300 propositions pour la libération de la croissance française... Et pour Les Echos ou La Tribune... le rapport Attali, il n'y a pas de doute : c'est une sorte de Messie... "300 décisions qui peuvent changer la France", annonce Les Echos... De "la réduction drastique de la dépense publique à l'ouverture des professions réglementées, en passant par la suppression des départements", le journal explique que Jacques Attali promet un point de croissance supplémentaire et un chômage ramené à 5%... Et Dominique Seux, dans son éditorial, se demande simplement si "le chef de l'Etat est prêt à affronter les oppositions qui ne manqueront pas d'apparaître... Les bénéfices des réformes proposées sont attendus à moyen terme, alors que les inquiétudes qu'elles soulèvent sont immédiates"... C'est donc là toute la limite de la boîte à outils Attali, reconnaît l'éditorialiste... Oui, "quelles propositions le chef de l'Etat va-t-il retenir ?", s'interroge également La Tribune... qui confirme : "les choix seront difficiles pour Sarkozy"... "La liste de ceux qui ont intérêt à voir le rapport Attali finir au fond d'un tiroir est longue", écrit Pascal Aubert... "Mais peut-être pas autant que celle des catégories de Français qui sont aujourd'hui les laissés-pour-compte d'un système hérité de la période des 30 Glorieuses et inadapté aux défis du XXIème siècle"... Aubert qui note également que, déjà, ce rapport est dénoncé comme libéral... un mot qui, selon l'éditorialiste, prend trop souvent en France des airs de fatwa... Et cette dénonciation, eh bien ce matin vous la trouverez dans L'Humanité... "Programme libéral pour 'libérer' la croissance", titre le quotidien... qui juge les propositions de la commission Attali "inquiétantes"... Et même si ses experts se revendiquent non partisans, note L'Huma, ils sont inspirés par une logique très libérale qui devrait provoquer de vives réactions... Et sinon dans la presse, ce matin... D'autres inquiétudes... On parle de menaces terroristes... "Les services européens redoutent des attentats", explique Le Figaro... puisque un groupe pakistanais vient d'être démantelé en Espagne, au moment où de nombreux chefs d'Etat se retrouvent au Sommet de Davos... Et en Une du Parisien-Aujourd'hui en France, les menaces de "la veuve noire d'Al-Qaïda"... Interviewée à Casablanca, au Maroc, cette figure emblématique du mouvement terroriste, dont le mari était le cerveau des attentats de Madrid, affirme que la France sera bientôt punie... Pas mal de commentaires également autour de la visite du Président colombien en France... "Otages des FARC : Uribe défend sa stratégie à Paris", explique Le Figaro... Pour Le Parisien-Aujourd'hui en France, c'est "l'ennemi des FARC" qui est dans la capitale française... L'Humanité affirme que "la stratégie de guerre de Bogota entrave la poursuite des discussions"... Plus émouvant, dans La Croix, "les preuves de vie" rapportées par Consuelo Gonzalez révèlent le calvaire des otages colombiens... Plus enthousiasmant... Vous retrouverez bien sûr Francis Joyon dans tous vos journaux... Un nouveau record pour le tour du monde à la voile en solitaire... et cette phrase du navigateur, modeste dans la victoire : "La mer m'a laissé passer"... "La mer m'a laissé passer" : c'est la Une du Télégramme... Alors à noter que si Joyon est salué par la presse française... L'Equipe lui consacre trois pages et un éditorial... la presse européenne n'est pas en reste... The Times explique qu'il rend une quinzaine de jours au record de MacArthur... Et en Suisse, Le Temps constate que Francis Joyon, c'est "un océan de talent"... Et puis, pour finir... Hommage aux Poilus... "Louis de Cazenave, 110 ans : la der des der pour le Poilu"... C'est La Montagne qui titre ainsi sur la mort hier de l'un des deux Poilus qui témoignaient encore de la guerre de 14-18... "Il ne reste plus qu'un seul Poilu", note, de son côté, L'Est Républicain... Eh oui... Notre dernier Poilu s'appelle Lazare Ponticelli... Et Le Progrès note ce matin que "c'est un vieillard scandaleux"... Bien oui : on lui promet des funérailles nationales, il les refuse... "Ce serait un affront pour les gens qui sont morts sans considération", dit-il... Et puis, cerise sur le gâteau, rapporte encore l'éditorialiste du Progrès... "Notre dernier Poilu, notre fierté nationale, est arrivé en France à 9 ans, seul et à pied, fuyant la misère de l'Italie... En résumé, notre dernier Poilu était un clandestin"...

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