On commence ce matin en toute simplicité, par le Bien et le Mal

« Le Bien et le Mal, est ce que ça s’apprend ? » Question posée à la Une de Philosophie magazine , question qui hante les esprits depuis les attentats de 2015 : comment des jeunes gens, élevés dans nos sociétés démocratiques et pacifiques sont-ils parvenus à annihiler en eux toute conscience morale et assassiner leurs semblables ?

Réponses évidemment complexes apportées par Philosophie Magazine , mais qui ont le mérite de nous faire avancer. Première voie, la plus évidente pour beaucoup. Apprendre le bien et le mal, ça passe par l’éducation morale, familiale ou scolaire. On diffuse un message pour dire quel est le bien, quel est le mal. Problème, cet apprentissage est souvent inefficace. Le Ruban Blanc , le film de Mickael Hanecke a montré les ravages que pouvaient provoquer une éducation trop rigoriste à la veille de la première guerre mondiale. Le Prix Nobel de littérature, Svetlana Alexievitch, rappelle aussi dans La Fin de l’Homme Rouge , que « les responsables du triomphe du mal dans l’ex-URSS, ne sont pas des exécutants aveugles mais des esprits clairvoyants qui servent le bien », parce que le dogmatisme peut transformer le bien en mal. Exit le dressage donc, deuxième voie, on tente d’inculquer ces notions par des habitudes de discipline, on commence par la politesse pour faire comprendre l’importance du respect d’autrui. Là encore, le risque c’est d’anéantir la liberté, qui est pourtant la condition d’une conduite morale. Reste la troisième voie, elle passe par la force de l’exemple et l’empathie. Découvrir dans des réalisations littéraires ou cinématographiques, des destins incarnés, des choix moraux concrets, qui permet de réfléchir sans abdiquer sa liberté. C’est dans la culture de la discussion et du libre examen critique que chacun s’approprie alors ces valeurs. Tout cela vous paraît un peu abstrait ? Et bien il faut continuer de lire Philosophie Magazine , qui est allé à la rencontre de profs, qui depuis la rentrée, de la primaire aux lycées doivent dispenser des cours de morale. Confrontations passionnantes avec les élèves, comment leur faire comprendre par exemple que la loi n’est pas que punitive, mais qu’elle peut aussi avoir une fonction de protection, ils y viennent par la discussion, « il faut créer de la pensée complexe , explique une prof,pas de la morale, il faut qu’ils s’approprient les valeurs au lieu de les apprendre »… Des profs qui disent évidemment leurs difficultés à apporter ce savoir éclairé, dans des classes où coexistent plusieurs visions du monde. Des pages à lire, je vous le disais, pour avancer.

On revient à l’actualité plus immédiate Hélène, actualité sur le front de l’économie

Photo à la Une du Financial Times : des traders qui s’affolent à Wall Street. Et des chiffres qui claquent : tous les indices s’effondrent, -14% pour le nikkei, - 11 pour le Cac 40 à Paris, - 9 pour le Footsie depuis le début de l’année. Les Échos apportent les explications à ce « Krach Rampant ». En cause, le prix du baril de pétrole, passé sous les 28 dollars, un prix désormais perçu comme le baromètre de la croissance mondiale, par son effet potentiellement dévastateur sur la santé des pays producteurs. En cause aussi, la révision en baisse de cette même croissance mondiale par le FMI …Un analyste détaille dans Les Échos tous les facteurs de risque identifiés aujourd’hui par les marchés : crise européenne, chinoise, crise des pays émergents, risques géo politiques. N’en jetez plus ! conclut le papier. La Banque centrale européenne en tout cas est attendue au tournant : réunion aujourd’hui, Mario Draghi devra faire valoir tout son talent oratoire pour ramener le calme sur des marchés déboussolés

Dans ce maelström, une banque est particulièrement dans la tourmente, la plus vieille banque du monde, nous apprend le Figaro Économie, la Banca Monte del Paschi di Siena , italienne comme son nom l’indique et pas mon accent. La banque a perdu 55% de sa valeur boursière depuis début janvier. Le montant de ses créances douteuses, ces prêts au remboursement incertain, expliquerait le dévissage. Mais les commentateurs italiens pointent du doigt des manipulations spéculatives dirigées de l’étranger. Et Rome s’inquiète du manque de soutien de Bruxelles dans cette crise bancaire. Un soutien réaffirmé du coup hier par Jean-Claude Juncker pour tenter de rassurer les marchés. Pas forcément probant. Le titre a encore perdu 22% !

On passe à l’actualité politique…

Bruissements de remaniement dans vos journaux, lifting, remue-ménage, tout ça pour quoi ? Je passe vite sur le sujet car Guillaume Tabard dans leFigaro nous en donne par avance la conclusion. Taubira partira, partira pas ? Macron, idem, en fait, partiront pas, les écolos, pourquoi pas les faire entrer mais pour quoi faire ? Le retour de Martine Aubry ? Sûrement pas, bref une fois toutes ces questions posées et par avance résolues, «ce remaniement aura fait plus parler de lui avant qu’après » conclut Tabard. On en est là.

Attardons-nous plutôt sur celui par qui le remaniement arrive… Jean-Louis Debré ! Oui, c’est parce que le mandat du président du conseil constitutionnel arrive à expiration, et que certains ministres, Laurent Fabius en tête lorgne sur le « beau poste », que François Hollande s’apprête à remanier. Portrait de Jean-Louis Debré dans L’Express sous la plume d’Éric Mandonnet ; Arrivé sous les lazzis en 2007, Debré était encore l’homme qui avait fait enfoncer à coup de pied l’église Saint-Bernard pour en déloger les sans-papiers, il part sous les louanges : en cinq ans, le conseil constitutionnel a rendu plus de décisions qu’en 50 ans ! Hier, il se surnommait lui-même « le connard de service », aujourd’hui, il se rengorge « j’ai fait mon boulot, ils se sont trompés, je les salue bien ». Jean-Louis Debré qui quittera son poste raconte Mandonnet avec une « petite bombe », son journal de bord qu’il publiera en avril : l’occasion de disserter sur l’annulation des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy, les coups de fil comminatoires du même Sarkozy pour tenter d’influencer les décisions du conseil. Mais ne dites pas à Debré qu’il continue de faire de la politique, il jure qu’il a arrêté ! Il faut dire qu’il est devenu un auteur à succès, une quinzaine de livres en librairie, des best-sellers aujourd’hui traduits en Chine et en Géorgie, ce qui lui vaut d’ailleurs de payer l’ISF. À quelques jours de son départ, le président dispense néanmoins encore ses bons mots et ses vacheries. Il surnomme François Fillon, « monsieur pipi » pour l’habitude qu’avait le Sarthois de filer aux toilettes de l’assemblée à chaque texte difficile, et se moque de son collègue Michel Charasse et de sa grosse tête, « il avait un collaborateur important qui s’appelait Mitterrand » s’amuse-t-il, il loue en revanche la modestie d’un certain Lionel Jospin. Et demain ? Pourquoi pas l’Académie française, comme son père, prédit Éric Mandonnet. Debré, à l’honneur retrouvé, refuse, lui, pour l’instant, d’atterrir : « je vis un rêve » confie-t-il.

On est loin des questions fondamentales du bien et du mal, mais un homme heureux, réjouissons-nous !

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