Vous lirez beaucoup plus de questions que de réponses à cette actualité violente. Beaucoup plus de motifs d'inquiétudes que de sources de soulagement aussi. "Un siècle après le déclenchement de la première guerre mondiale qui avait vu un conflit austro-serbe faire basculer l'Europe dans l'horreur, la communauté internationale semble impuissante face à l'aggravation de la situation en Ukraine et à Gaza " écrit Jean-Dominique Merchet à la une de l'Opinion. "La faute à Barack Obama, prix Nobel de la Paix 2009, qui veut extraire son pays d'une longue saison de guerre, comme après le Viet Nam dans les années 70. La faute à l'Union Européenne aussi, prix Nobel de la Paix 2012 " poursuit Merchet, "elle n'a ni les instruments, ni la volonté d'agir sur la scène internationale. Bruxelles, c'est un peu la IV° République alors qu'il faudrait un De Gaulle. Les acteurs du conflit sont donc livrés à eux-mêmes " conclut l'éditorialiste, en écho aux reportages à Gaza. Dans Le Figaro, Cyrille Louis a croisé Mirbet, prostrée sur un coin de trottoir. La mort a fauché sa famille vers 1 heure du matin. Elle était en train de faire la prière, "la maison a été frappée par un déluge d'artillerie israélien, elle s'est effondrée comme un château de cartes. 10 hommes ont péri dans le bombardement. " Un peu plus loin, près de l'Hôpital al-Shifa, Aïda raconte à Cyrille Louis que certes, son quartier est un bastion de la résistance à Israël, "on y voit régulièrement nos combattants tirer des roquettes, mais personne ne nous a prévenus que nos maisons allaient être bombardées. " Long récit glaçant également dans l'Humanité, "l'horreur et la dévastation " écrit le reporteur Pierre Barbancey, récit dans lequel on devine également son impuissance quand il croise Hanan et ses 3 filles, dont deux sont à l'hôpital. Hanan lui demande de transmettre son appel : "Je demande aux pays du monde de protéger nos enfants. Quand je regarde mes filles, je me demande laquelle va mourir la première. "

"La guerre là-bas, la poudrière ici " titre Libération ce matin. Avec cette question : fallait-il interdire les manifestations de Paris et Sarcelles ?

La presse a passé une bonne partie de l'hiver à se demander s'il fallait interdire les spectacles de Dieudonné, la même question est posée maintenant après les interdictions de manifester qui n'ont pas empêché la création de ces rassemblements samedi à Paris et hier à Sarcelles. Et des réponses variées des éditorialistes ce matin. Certains sur la ligne Valls, ça claque comme un slogan : "les débordements justifient la détermination ". "On ne peut pas prendre le risque de transformer les rues de Paris en champs de bataille " soutient Christophe Bonnefoy dans le Journal de la Haute-Marne. "L'interdiction aura évité des rassemblements monstres qui auraient pu dégénérer au point de devenir incontrôlables " ajoute Philippe Waucampt dans le Républicain Lorrain. Mais cette analyse n'est pas du tout partagée par les journalistes qui étaient sur le terrain des manifs interdites.

Dans Libération, Dominique Albertini, Willy Le Devin et Patricia Tourancheau racontent la naissance de ce "déchainement de violence " samedi au carrefour Barbès. Au début, il y a les slogans pacifiques "Gaza mon amour", "Gaza résistance", certains chantent aussi la Marseillaise. Puis une dizaine d'excités escaladent un échafaudage jusqu'à la terrasse d'un immeuble et brulent des drapeaux d'Israël. Plus loin, une cinquantaine de costauds s'introduisent dans la manif, le ton se durcit, les fumigènes, les pétards, les lacrymo des CRS en réponse. Et comme "les forces de l'ordre avaient pour consigne de fixer la foule à Barbès et de l'empêcher d'aller vers les lieux de culte juifs " racontent les reporteurs dans Libé, "les manifestants ont donc été piégés dans la Goutte d'Or, quartier populaire et immigré symbolique. "

Alors ? Aurait-il fallu autoriser ces manifestations pour mieux les encadrer, comme le suggère l'UMP Pierre-Yves Bournazel sur Twitter ? Pas sûr, semble dire Laurent Joffrin dans Libération : "C'est bien la haine des juifs qui anime les auteurs de ces actes de violence qui veulent changer une protestation politique en guerre communautaire. " Et le constat dépité du journaliste du Parisien Sébastien Nieto à Sarcelles hier : "Le choc est réel de voir cette ville cosmopolite s'embraser alors qu'habituellement, 15 000 juifs côtoient le reste de la population en partie musulmane sans incident. " Sur Twitter, le sociologue Renaud Epstein ironise : "C'est la première fois qu'une émeute en banlieue n'est pas déclenchée par une bavure policière mais par une bavure politique. Chapeau Valls. "

Dans le Monde, ces fameuses lunettes qui ne nous aident pas forcément à y voir plus clair...

Les GoogleGlass, les lunettes connectées à Internet qui donnent l'air d'un crétin résume Damien Leloup après les avoir testées pendant une semaine. A part la caissière du Simply Market qui n'en a rien à faire, les GoogleGlass ont suscité beaucoup de curiosité, a constaté le journaliste embeded. "J'ai vu le déni (C'est vraiment des GoogleGlass ?), la colère (Ca enregistre là ? Tu me filmes ?), la négociation (Ah non, tu les enlèves pour manger), la déprime (Dans un an, tout le monde portera vraiment ces trucs ?) ou l'acceptation (Tu me les prêtes ?) " mais au final... Et bien au final, Damien Leloup n'en voit pas beaucoup l'intérêt. D'abord parce que les GoogleGlass ne sont pas encore techniquement au point en France. Par exemple, si vous les avez pour conduire, c'est parfait, votre itinéraire s'affiche sur les verres. Mais si vous voulez modifier votre route, ça se complique. Comme il n'y a pas de clavier, ça fonctionne à la reconnaissance vocale, uniquement disponible en anglais pour l'instant. Et Damien Leloup n'a jamais trouver comment les américains prononçaient Chartres. Il a donc branché le GPS de son Smartphone, comme au bon vieux temps. Non, le cyber cobaye ne passera pas ses vacances avec des GoogleGlass, ses amis lui ont signifié leur malaise à se croire filmé en permanence. D'ailleurs, même à proximité du siège de Google à San Francisco, l'usage des lunettes connectées est interdit dans les bars. Et, à force de s'être fait appelé "Robocop" ou "Terminator", Damien Leloup se demande si finalement, ces lunettes n'appartiennent pas déjà à un rêve démodé ?

On termine avec un appel à témoin...

Oui, je vous préviens déjà que ce n'est pas une blague, c'est à la une de l'Orne Combattante, c'est notre confrère Jérôme Godefroy qui l'a relevé hier sur Twitter. A la une de l'hebdomadaire donc, cette photo d'une vieille 4L break en stationnement, elle est immatriculée 601 TG 61. C'est important, c'est peut-être la vôtre : 601 TG 61. Et l'Orne Combattante titre : "Trois ans qu'elle est là ". Oui, "cette voiture est stationnée en centre-ville de Condé sur Noireau au grand désespoir des riverains. " écrit l'hebdo normand. Ya des matins comme ça où on se demande vraiment ce que fait la police dans notre pays.

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